A propos de Nathalie Holt

A commencé en peinture, a vécu de théâtre et d’opéra, des années de scénographie plus tard ne photographie pas que son lit, tient son journal en images, écrit et marche chaque jour a publié un peu pour aller au bout d’un geste ( Ils tombaient ) ( Averses) https://www.amazon.fr/stores/author/B09LD7R2KY . Écrit pour lire.

Lieux int dits

En me rendant au 60 de la rue Pigalle je ne pensais pas revoir la 4L blanche de ma mère ; j’imaginais plutôt y projeter Baudelaire. Une fois par mois, ma mère s’arrêtait rue Pigalle. Nous l’attendions, mon frère et moi dans l’automobile garée en double file devant le 60, ou le 62, de la rue. Elle se tournait vers nous Continuer la lectureLieux int dits

Fantômes

Quand je le croise dans la rue, il dit, qu’il marche avec eux. Il froisse sous son bras les journaux qu’il emporte toujours avec lui. — Ils sont là, ce sont des fantômes à présent, je marche avec eux, dit l’homme qui porte des journaux dans la lumière abrupte de la ville blanche. Dans quelques semaines nous nous reverrons dans Continuer la lectureFantômes

Traces

Une pierre — Un palimpseste de murs dans la lumière oblique Hier Pierre à l’aube — Le chant d’un coq Une forme arrondie, hérissée de pointes, que tu crois morte. Qui se meut. Tombe d’une marche. Foule l’herbe à petites pattes. La mort d’une bête — La trace de son silence Un trou minuscule où se glissent des mots  pliés Continuer la lectureTraces

porte rouge

C’était rue T., la porte rouge,  un peu après la rue Legendre sur le trottoir de gauche, en montant, quand vous veniez du square des Batignolles. Nous la montâmes et nous la descendîmes plus de vingt ans cette rue qui menait porte rouge : une porte à doubles battants d’un rouge franc, vermillon plutôt que laque de chine, avec ses Continuer la lectureporte rouge

Marguerite et Marie-Louise#10/5

Margo avec son nez de hérisson, ses yeux lavandes très enfoncés et sa pâleur de liseron au col serré des chemisiers rose /bleu. Elle a de petites dents régulières comme un collier de perles à jouet et sourit lèvres fermées. Ses mèches courtes sont ordonnées et d’un gris presque bleu qui va aux yeux. Les jupes coupées maison de Marguerite, Continuer la lectureMarguerite et Marie-Louise#10/5

M.ichel/H.amlet #10/4

Le jour que M. avait attendu de toute son âme, qu’il n’avait cessé de se représenter en rêves, advenait. Quinze ans qu’il l’attendait. Depuis ses seize ans il l’attendait. L’intime conviction qu’il pourrait un jour s’approcher de H. au point d’être lui, se réalisait. Un simple coup de téléphone et M. était passé de l’attente fébrile à l‘engagement passionné – Continuer la lectureM.ichel/H.amlet #10/4

CONDIMENTAIRES #10-3

On les trouve ensemble à l’office, jamais très éloignés l’un de l’autre. Ils ont, l’un comme l’autre des millénaires d’histoires derrière eux. Ont connu des péripéties. Ont été extraits, prélevés, cueillis, arrachés, parfois au prix du sang. On a tué pour eux. On est mort pour eux. On s’est ruiné pour eux. On les a vendu à prix d’or. Ils Continuer la lectureCONDIMENTAIRES #10-3

Comédie des astres #10-2

On les croyait comme les doigts d’une main. Inséparables. Indivis. Éternels. Une performance de gestes, de figures, de mouvements. Virtuoses du pas de deux. Virtuoses – à vous dresser la peau par les cheveux.  Portés ;  jetés, voltiges, tournés, retournés. Et, leur chef d’œuvre : le frappé, tapé, tapoté, des pieds. Chaussés : cuir laqué noir lacé, pour lui ; crème à paillettes avec barrettes, Continuer la lectureComédie des astres #10-2

Pierre et Paul #10-1

Pierre est arrivé à Paul le jour de l’anniversaire de Paul.Le 13 Juin 2012 à 7H37, Paul avait eu 6 ans quand Pierre arrivait : à 15h12, Pierre poussait son premier cri. Paul et Pierre auraient, depuis lors, et à jamais, le même jour anniversaire. Comme des jumeaux. — Pas des jumeaux d’année. Des Jumeaux de mois et de jour, Continuer la lecturePierre et Paul #10-1