A propos de Vincent Francey

Enseignant, chanteur et clarinettiste amateur, je vis dans la région de Fribourg, en Suisse, et suis passionné de lecture et d'écriture depuis toujours, notamment via mon site a href="https://www.lie-tes-ratures.com/">lie tes ratures mais aussi sur un blog né à la suite de l'atelier d'été sur la ville : fribourgs.com. Auteur d'un livre autoédité, Je de mots, dictionnaire intime, je suis également présent sur YouTube pour, entre autres expérimentations, y parler de mes lectures.

Une sainte

Un bar dans les profondeurs, tu ne sais plus lequel, à Fribourg, pénombre, recoins, flashs de lumière criarde sur son visage tantôt bleu tantôt rouge, ni elle ni toi n’écoutez la musique, bruit de fond pour obliger les corps à se rapprocher. Tu avais écrit un poème qui comptait ses pieds. – J’ai beaucoup rigolé. Elle est assise sur des Continuer la lectureUne sainte

La violoniste azérie

Adagio de la première sonate pour violon BWV 1001. Menton fier, cou solide, elle semble pleurer avec ses cordes. Dans le public, un homme laisse des larmes le submerger. Elle cherche en son corps tout ce qu’il enferme de mélancolie. Ce n’est pas difficile à trouver. Il y a le mal du pays, d’autres montagnes que celles d’ici, ce beau Continuer la lectureLa violoniste azérie

Après le cortège

Soudain, il fait soif. Ça se rue vers la tonnelle. Passe-poil sur les pantalons d’uniforme, chaussures empoussiérées, jambes qui à grands pas battent l’herbe sèche le bitume les copeaux. Une main s’ouvre, en tombe une anche de clarinette rendue à la terre. Une poussette cahote, un tintébin titube, des demoiselles d’honneur en robe blanche de bientôt mariées laissent deviner des Continuer la lectureAprès le cortège

Celles d’enfance

Celle qui devant le tas de fumier lavait le matin la brouette et passait et repassait sa langue sur ses dents et priait le chapelet sur le fauteuil du salon le dimanche et les autres soirs s’endormait devant la télé à cause du jardin, des beignets aux pommes, des verres de sirop trop sucrés, du dos qu’on plie et du Continuer la lectureCelles d’enfance

Un beau visage (esquisses)

Née de ce mot : elle. Et de cette rime : belle. Se débrouiller ensuite pour lui coller un visage. ****** Un beau visage, est-ce que ce serait un visage lisse, régulier, sans aspérité ? Est-ce que ce serait ennuyeux à mourir, un beau visage ? Serait-ce un visage ouvert à quelques taches de rousseur, à un grain de beauté ? Un peu de fond Continuer la lectureUn beau visage (esquisses)

L’œil DEDANS

Il pleut l’enfant reste DEDANS la chambre DEDANS l’enfant a fermé la porte DEDANS l’enfant rêve DEDANS sa tête il y a quoi DEDANS l’œil la nuit tombe sur l’arrêt de bus – le banc gris est vide – et de l’autre côté de l’œil il n’y a personne pour attendre le bus : pas de bus seulement l’arrêt. L’adulte à Continuer la lectureL’œil DEDANS

44 notes de l’auteur éparpillé

Situé à la sortie de Fribourg en direction de Bourguillon, l’arrêt Pont-Zaehringen est généralement pris d’assaut – sauf ce soir-là – par de nombreux alémaniques qui rentrent chez eux, ce dont nous leur en sommes gré. La gêne que leur dialecte provoque chez l’auteur ainsi que son peu d’enthousiasme pour les voyages en bus l’ont empêché d’enquêter de manière plus Continuer la lecture44 notes de l’auteur éparpillé

Il Brel corps

Né un dimanche, né en avance, né l’aîné. Puis je a attendu, s’est laissé faire. La fabrique de carton. Il pleut, pas sa faute, jeunesse catholique. Agenouillé pour rien, s’ennuie en silence. Puis de grisaille en silence, le corps s’éveille. J’ai eu la belle vie, j’ai parlé, dit-il. Dans le cocon, l’enfant-roi. Mais DEHORS je a cessé de parler DEHORS Continuer la lectureIl Brel corps

Au chalet (suites)

On ne fermait pas les volets quand on dormait au chalet. Il n’y avait peut-être pas de volets. Je ne sais plus. Sur la photo, on voit trois enfants sur le banc du petit déjeuner – Hugo, Frédéric et peut-être que le troisième c’était moi ou Carine ou Sabine ou Lucas, je ne sais plus – je l’ai vue avant-hier Continuer la lectureAu chalet (suites)

Journal corrigé du 27 septembre 2019

Cela aurait pu se passer ainsi. 05:45. Vaguement des violons puis la voix molle de Luc Terrapon citant le nom d’un compositeur inconnu. Les nouvelles : mauvaises. 06:10. Je me lève. 07:00. Rosa me sert un expresso et un croissant Cailler. Jacky, Urs et Daniel lisent La Liberté. Claire s’assied à la table réservée pour Claire. Personne ne s’assoit en face Continuer la lectureJournal corrigé du 27 septembre 2019