#anthologie #06 | seule

Seule dans la petite foule bavarde qui suit son chemin entre échoppes et table. Seule dans le désert du trottoir sur lequel rebondit la lumière ardente. Seule avec mes pensées parmi vos corps, vos rires, vos exclamations et vos muettes ruminations. Seule avec mon couffin parmi les sacs de carton siglés dansant au bout des bras. Seule comme le chêne Continuer la lecture#anthologie #06 | seule

#anthologie #07 | à ce moment là

quand à ce moment là, juste à ce moment, pas avant, il s’est rendu compte qu’il ne savait plus où il se trouvait et qu’il n’avait pas son téléphone dans la poche, il a frappé de la main sur le haut de sa cuisse droite, il a senti non pas un vide mais une absence, celle de la dureté du Continuer la lecture#anthologie #07 | à ce moment là

#anthologie #06 | À bon entendeur

Seuls dans la rue à deux heures du matin, le monde au-dessus de nos têtes, enfoncé dans le sommeil. Seuls au monde dans la ville endormie. On parle comme en plein jour, et même, le silence insistant, plus fort. On force les rires, on glousse, on claque les pas, chahuter nous rassure, on leur fait une bonne blague, personne n’y Continuer la lecture#anthologie #06 | À bon entendeur

#anthologie #06 | La femme-Auguste juste avant

(juste avant ça : https://www.tierslivre.net/ateliers/anthologie-05-la-femme-auguste/) Les objets dessinent des silhouettes isolées, tentent en vain de se rassembler dans le bleu de l’aube : tasse, sucre, drap de lin, pot de confiture. Soudain elle connait chaque chose, le lustre, le guéridon, l’armoire, et chaque chose est seule. La poussière n’est qu’un amas de particules seules, agitées pour rien. L’homme qui dort Continuer la lecture#anthologie #06 | La femme-Auguste juste avant

#anthologie #06 l Foule solitaire

Je suis seule parmi la foule qui m’habille – planteurs, cueilleurs, fileurs, couturiers, chauffeurs, DRH, traders, boutiquiers, et caetera ; je suis seule avec la foule cachée dans mon ordinateur – s’en détachent les yeux noirs d’un enfant noir dans le noir d’une mine de cobalt ; je suis seule dans ma cabane avec les bûcherons, artisans, le p’tit gars des 3/8, Continuer la lecture#anthologie #06 l Foule solitaire

#anthologie #06 | seule dans la promesse

Allongée seule sur mon canapé, j’entends les derniers clients sortir du café dans la rue en bas de chez moi. La nuit m’enveloppe avec douceur, un souffle d’air fait danser des ocelles de lune sur les murs, le moment se prolonge sans effort. La mélancolie reste à distance. Je me souviens du ruissellement de la lumière dans les grands bouleaux Continuer la lecture#anthologie #06 | seule dans la promesse

#anthologies #06 | vive la Creuse

 Je suis retournée voir les vaches. Elles avaient quitté le bosquet de hêtres sous lequel elles ont passé les heures les plus chaudes. Elles mangeaient bruyamment ; j’entendais leurs dents arracher l’herbe, sans doute parce que j’étais tout près. Des robes rousses et de grandes cornes en bataille. Les veaux étaient couchés ensemble, sauf un, pas le plus jeune, ni le Continuer la lecture#anthologies #06 | vive la Creuse

#anthologie #06 | Impressions.

On était beaucoup au parc Yellowstone on est dans la famille, et parmi les nombreux touristes, Jane et son mari, Fred, une cousine et nous deux Alice et Jacques. beaucoup à regarder, étonnant, on discute se disperse se retrouve, on poursuit jusqu’à Faithfull, tout autour du geyser inactif les gens commencent à arriver, Jacques est déjà là, assis, curieux de Continuer la lecture#anthologie #06 | Impressions.

#anthologie #06 | tant pis

Seul n’est qu’un  oh et puis tant pis   la nappe de papier imbibée   c’était ça ou bien     où ?    est-ce que     la musique du supermarché     dans quel sens aller   qui ?    la fête foraine, l’enfant sérieux sur le manège  c’est que le début, d’accord, d’accord   la beauté ne répond   ah quoi bon    parlotte    seul n’est pas non  qu’on me touche, qu’on me caresse    Continuer la lecture#anthologie #06 | tant pis

#anthologie #06 | ne pas se perdre

Enfin ils sont partis. Ils étaient tous à crier et parler à tort et à travers. À faire des blagues qui ne font rire qu’eux, à se pavaner et à se moquer. Je ne suis pas comme eux. Cette vie en meute ne me convient pas. Ils écrasent tout sur leur passage, les fleurs les herbes et moi. J’aime regarder Continuer la lecture#anthologie #06 | ne pas se perdre