#anthologie #07 | Ombre et transparence

Je suis à l’abri. Dans mon abri de verre. Des vitres à gauche, des vitres à droite, des vitres devant moi, des vitres au-dessus de moi. Et des vitres derrière moi pour rentrer dans mon séjour. Des portes vitrées. Transparence. Espace. Dedans dehors, dehors dedans. Assise dans un canapé rouge, je me repose. Je ne fais rien. J’observe. Il pleut. Continuer la lecture#anthologie #07 | Ombre et transparence

#anthologie #26 | craquements

Ça craque. Tu dors ? C’est le bois qui travaille, a dit papa. Bois du vieil l’escalier qui mène aux chambres, bois des vieilles charpentes, bois des portes jamais vraiment fermées, celles des granges. Ça craque de partout, je te dis. Chut. Il n’y a pas que le bois. Un bruit de pas, quelqu’un qui monte les marches sur la pointe Continuer la lecture#anthologie #26 | craquements

#anthologie #26 | rue d’orsel

ça lui reprend l’envie de crier dans la rue comme une ambiance d’instant historique comme ils disent il a envie d’en être de drapeau brandi ça fait longtemps qu’il n’avait pas eu ces idées il avait même cru ne jamais y revenir et quand elle lui a parlé de la manif il n’a pas compris de suite elle parle vite Continuer la lecture#anthologie #26 | rue d’orsel

#anthologie #01 | Jean Moulin

Sonner, saluer la loge — plutôt réflexe que politesse. Lino pisse, carrelage, escalier, poussière, parfois crachats. Saluer Frédérique, prendre soin d’éviter la condescendance d’une fausse proximité. Parler du temps plutôt. Photocopies. Pour éviter de bavarder, paraître occupé. Encore des escaliers ; allumer les néons — ting ting ; allumer l’écran ; enlever une ou deux couches ; vider la gourde Continuer la lecture#anthologie #01 | Jean Moulin

#anthologie #26 | sept fois

Ça devrait être des sons, uniquement et non des mots. Retranscrits. Non dits. Évoqués. Des voix derrière les murs. Et des odeurs aussi, mais des voix. Des oignons frits, des lentilles, de l’ail. J’étais libre alors. Des bruits, rôdeurs, un percuteur qu’on fait fonctionner et une arme qu’on remonte. Un bruit, une culasse, les balles qu’il faut compter mais ne Continuer la lecture#anthologie #26 | sept fois

#anthologie #26 | La pluie et la fureur

Il y a du bruit partout dans la maison, dehors c’est la tempête, dehors les cris de la pluie continuent d’hurler contre les tuiles. D’en bas, elle perçoit le clapotis des gouttes qui envahissent le grenier. Elle n’a pas la force de monter. Elle n’a plus la force depuis longtemps déjà. Le craquement du plancher. Juste avant le bruit des Continuer la lecture#anthologie #26 | La pluie et la fureur

#anthologie #26 | Les bruits et les voix de la culpabilité

Étienne se dirige vers la maison d’un pas assuré. Il faut des candélabres pour éclairer la table du diner, à laquelle seules sont restées Rose, la matriarche de la famille, et sa petite fille Rosalie, sa cousine germaine. La nuit est désormais noire. Étienne n’a pas besoin de lumière, tant il connaît les quelques dizaines de mètres qui séparent le Continuer la lecture#anthologie #26 | Les bruits et les voix de la culpabilité

#anthologie #14 | pas si compliqué

Ça pourra te paraître « un peu compliqué », c’est toujours comme ça la première fois qu’on joue, le temps d’apprivoiser les règles, a dit le fils en tendant la boîte vers lui ( est ce qu’il y attachait de l’importance à ce jeu, il voulait simplement, se réconcilier ) ; il faisait beau pour un dimanche, plein soleil. Et tu verras Continuer la lecture#anthologie #14 | pas si compliqué

#anthologie #26 | la maison embruitée

Ce serait comme des gouttes de silence. Le silence après la tempête. On pourrait l’entendre résonner. Entre les pierres de granit, dans cette ancienne grange, transformée en grande pièce à vivre, où les paroles ont trouvé refuge, les mots se sont encastrés sous les grains de mica, les cris des enfants se sont encalminés sous les fauteuils, et où le Continuer la lecture#anthologie #26 | la maison embruitée

#anthologie #26  | S’endormir autrefois

Voix claire, presque enfantine et désolée de la mère dans la nuit. Oubli du verre d’eau pour son somnifère quotidien ! Le père y va, il ne sait pas ne pas faire de bruit. Ça s’apprend-t ’y ça ? Alors, grincement interminable de la porte de leur chambre, frottement inouï au regard de simples pantoufles sur le carrelage de l’entrée, giclement brutal Continuer la lecture#anthologie #26  | S’endormir autrefois