Archives de la catégorie : 2021 – de l’autobiographie comme fiction
autobiographies #06 | reliques
Que restera-t’il de toi quand il fera complètement nuit, qu’ils auront mangé ta force et l’électricité ? Vos bouches iront aux sources de l’orage, dans les cratères fumants qui grondent sous les îles, vous ferez des provisions de lumière, fabriquant de petits paquets qui frottent dans les poches de la fibre de fer, nouveau feu interdit des grottes, niches creusées dans Continuer la lectureautobiographies #06 | reliques
#autobiographies #07 | Une porte est claquée
Rien en elle n’en est ébranlé — Une honte une porte pareille — À emporter — Un papillon la ferme — Par laquelle commencer — La même dans le noir — Elles tournent autour de la maison — Continuer la lecture#autobiographies #07 | Une porte est claquée
autobiographies #02 | galeries d’effacés
Léonce lave les corps, les sols, respire les âmes. Elle lange change manipule. On dit qu’elle est travailleuse efficace. Ses mains habiles savent taire l’inquiétude des corps en décrépitude. Employeur, client, patient. Elle possède la voix qui calme.Active. Elle marche, épaules voûtées. Silhouette grise s’estompe dans le petit matin. Accourt aux besoins. Léonce qu’ils usent usent usent.Sa bonté s’efface. Trop. Continuer la lectureautobiographies #02 | galeries d’effacés
autobiographies #02 | deux temps
Etienne franchit chaque jour le portail de l’usine trente minutes avant l’heure d’embauche. Tôt le matin, sa femme Henriette le presse de débarrasser le plancher. Le temps d’aérer la chambre, de replier le canapé, d’installer les lits pliants et les parents des enfants sonneront à la porte, lui tendront un bébé en pyjama, mains agrippées à un biberon tiède. Dans Continuer la lectureautobiographies #02 | deux temps
autobiographies #01 | trajets
Du troisième étage, les marches usées de l’escalier de pierre dévalent la rampe froide au goût de fer rouillé. Odeur des poubelles pourtant ramassées très tôt chaque matin, haut mur de boites aux lettres en bois ciré, plaques de cuivre rivetées ou bouts de carton punaisés. Claquement de bois de la porte. La rue. Etroit couloir entre les immeubles sombres. Continuer la lectureautobiographies #01 | trajets
autobiographie #08 | la cave ; réminiscences
c’était une cave ; trois pièces en enfilade ; rectangulaires et hautes de plafond ; le plafond était en matière de paille collée de ciment gris ; les murs étaient en parpaings badigeonnés en blanc ; au début ils ne l’étaient pas ; le sol était en béton gris plus clair que le plafond ; les trois pièces ainsi alignées étaient ouvertes au centre par de larges Continuer la lectureautobiographie #08 | la cave ; réminiscences
autobiographies #04 | ce numéro n’est plus attribué…
Le carnet à la couverture noire avec un élastique distendu qui ne maintient plus vraiment les informations qu’il enserre. L’écriture penchée et ample ne laisse aucun doute sur son propriétaire. Ce n’est pas un carnet d’adresse par ordre alphabétique comme on trouvait autrefois, mais un carnet à tout faire, pour prendre des notes, à petits carreaux et assez épais, d’une Continuer la lectureautobiographies #04 | ce numéro n’est plus attribué…
autobiographies #07 | de porte en porte
1) 1er étage d’un immeuble Haussmannien, sur un palier feutré (moquette épaisse), sombre (sans fenêtre), spacieux (9m2), deux portes fermées se font face, au seuil de chacune d’elles, deux paillassons style tapis brosse (propre et classe) . 2) « La petite porte en bois » permet d’entrer dans le jardin, sortir dans la rue, sortir du jardin, entrer dans la rue. Elle Continuer la lectureautobiographies #07 | de porte en porte
autobiographies #07 En portes
Dans le nouvel appartement, la porte de la chambre où désormais tu dors — ta chambre. La porte qu’ils laissent entrouverte pour que tu t’habitues. L ‘espace entre la porte et le mur que tu réclames pour que la lumière du couloir entre. L’angle très précis que doit prendre cette porte ouverte; sans quoi tu ne dormiras pas. La porte du Continuer la lectureautobiographies #07 En portes