#enfances #01 | Questions

Il y a l’Allemande, l’Anglaise, Monsieur Louis. Quand nous passons devant la loge de Mme C., nous sommes rejoints par « l’Allemande ». Nous sortons de la guerre, à la maison, dans la famille, autour de nous, on parle encore beaucoup de cela ; chez les commerçants, une fois tamponnés, je récupère les tickets, c’est ma collection… jusqu’au jour où madame Tartex, la Continuer la lecture#enfances #01 | Questions

#enfances #00 | Peur ou furie

Mon père s’éloigne. Il marche d’un pas pressé. Je le suis de loin en loin. Il fait de grands pas décidés. C’est une journée ensoleillée, une légère brise agite les feuilles des platanes. Il marche plus vite que moi. Je ne vois plus mon père. Il a disparu. La foule le masque.Je suis figée devant le passage piéton. Je ne Continuer la lecture#enfances #00 | Peur ou furie

#enfances #01 | Fragments#1

Monsieur pour les enfants, René pour mon père. Le physique émacié intense, droit sanglé dans un imperméable noir. Sa tête en émerge le visage long prolongé par des cheveux hirsutes charbonneux, par un bouc en pointe. La diable tracé par Modigliani. Monsieur R, les lunettes de soleil par tout temps. Lorsqu’il tombe ce masque, il révèle un regard à moitié Continuer la lecture#enfances #01 | Fragments#1

#enfances #01 | Croquis brefs

La main à quatre doigts, roses et décharnés, de Gaston. Son mégot de tabac brun qui tremble un peu entre le pouce et l’index. Son œil serré, bleu pâle, qui me scrute avec malice. Au bord du cendrier. Le docteur Garrin c’était la sacoche en cuir, le bruit de la boucle rabattue, une voix douce, économe, un peu joueuse. Ce Continuer la lecture#enfances #01 | Croquis brefs

#enfances #00 | Le talus

La famille remonte le sentier qui mène au chalet. La famille, deux adultes et deux enfants que peu de mois séparent. C’est l’hiver. La neige est partout. Ils avancent lentement. A hauteur d’un des derniers virages, elle, c’est la fille, décide qu’elle va couper. Elle se souvient. On peut couper la dernière boucle pour accéder plus rapidement à la prairie. Continuer la lecture#enfances #00 | Le talus

#enfances #01 | les nommer

Il s’adressait à elle en disant Nini, elle lui répondait avec mon petit. C’était mon père, grand et fort comme un père, qu’on appelait mon petit. Elle, c’était une vieille femme acariâtre, on a le droit de le penser, qui avait mis toute la tendresse dont elle était capable, dans ces deux mots, et qui n’avait rien d’autre à offrir Continuer la lecture#enfances #01 | les nommer

#enfances #01 | (deux fois) trois mouvements

ce seront plutôt des types obligatoirement – à moins que je ne recherche chez elles – mais celui qui se promenait en t-shirt sur sa moto (à l’avant, un tambour) c’était un deux-temps (trois mouvements) d’un demi-litre de cylindrée – refroidi par air – made in Japan – c’est ça, j’ai retrouvé des mots écrits sur cette historie, sans doute Continuer la lecture#enfances #01 | (deux fois) trois mouvements

#enfances #01 | Viandes

Elle pousse le battant de verre, lourd. Quand il fait chaud, la porte reste ouverte sur la rue. Mais c’est mars, l’incertain. Derrière la vitrine réfrigérée qui contient les plateaux de viande, le boucher travaille en bavardant. L’homme est maigre dans son tablier taché de sang, pâle, de minuscules veines rosées s’étalent sous l’œil. Le cou est pris dans le Continuer la lecture#enfances #01 | Viandes

#enfances #01 | Et deux font trois même quatre …

Une princesse La princesse attend dans le grand salon, annonce l’homme dès l’entrée. Une princesse : une promesse. Un livre à ouvrir. Un palais. Un joyau. J’imagine le diadème posé sur la blondeur, la pâleur, l’azur de la robe… Une vraie princesse attend d’être découverte… « Enfin ma chérie!  tire sur ta robe ton jupon dépasse ». Une camisole de volants enserre mes hanches. Continuer la lecture#enfances #01 | Et deux font trois même quatre …

#enfances #00 | prologue, le soir où le Grand Meaulnes s’est perdu bis

Il a fallu que j’ouvre un énième fichier…le ménage d’hiver n’a pas zencore commencé, c’est moins grave. Je ne voulais pas ne pas. Il est 6h23. Il y a à peu près deux minutes, j’ai découvert quelque chose. A mes Zyeux d’àmoua. Au début, bien sûr, bien sûr, j’ai eu honte. Mais comme j’ai une certaine pratique maintenant que j’y Continuer la lecture#enfances #00 | prologue, le soir où le Grand Meaulnes s’est perdu bis