#enfances #08 | la bataille

Les jeux, c’est dehors. Joue-t-on aux cartes ? Pas de souvenirs. Des parties de Monopoly quand il pleut trop. Un de mes frères est très mauvais joueur, tricheur et colérique quand il perd. La partie ne dure jamais très longtemps et c’est la bataille, une de nos grandes activités. Deux garçons, une fille, presque du même âge et de la même Continuer la lecture#enfances #08 | la bataille

#enfances #08 | béa, david, eva, léo & moi

Le père les mettait pour cueillir les salades, remuer la terre mais ça ne pouvait pas être que ça, il y avait certainement autre chose pour oser mettre aux pieds un objet aussi laid et d’aussi peu d’intérêt. Tu voulais vérifier, les enfiler, bottes de sept lieux, courir, sauter, marcher dans la neige, grandir. Alors je suis entré silencieusement dans Continuer la lecture#enfances #08 | béa, david, eva, léo & moi

#enfances #08 | ondes, iode, murs

Les ondes Martenot Seul le mardi différait des autres soir par un son terrifiant. Dans le noir de l’unique pièce, les parents écoutaient la radio. Ce n’était pas un jeu. Jamais nous ne jouions. A 20 heures 30 pile, Tempo di Suspense envahissait tout l’espace et rien ne pouvait me protéger des angoissantes ondes Martenot de ce générique obsédant. L’huître Je Continuer la lecture#enfances #08 | ondes, iode, murs

#enfances #06 | Ryoko Sekiguchi, la voix

Nous sommes dimanche. Combien de dimanches avant d’entendre sa voix ? J’en ai cherché les sonorités, le timbre, les mots. Puis j’ai fait le calcul. Approximatif. Deux à trois cents dimanches avant sa voix. Il est impossible de conclure que je ne l’ai pas connue avant de l’entendre vraiment. Sa voix n’avait alors pas de visage. Je me projette loin en Continuer la lecture#enfances #06 | Ryoko Sekiguchi, la voix

#enfances #08 | leurs présences

Souvent le soir, la présence du père à l’intérieur la maison modifie l’atmosphère. Installé dans la cuisine il mange, bruyamment souvent, il faut le servir et il laisse des miettes par terre quand il tranche le pain sur sa cuisse. La lumière est haute au plafond, se balance, fait des ombres. Souvent après le repas, il tresse l’osier pour fabriquer Continuer la lecture#enfances #08 | leurs présences

#enfances #08 | mordre cailler partir

on dirait qu’on seraitL’édredon armé de cordes en besace : des pommes, du pain, des allumettes… Dans la boîte à gâteaux les centimes dérobés sont trésor à enfouir. Jeter les nu-pieds. Pieds nus prendre le chemin : ce bout du chemin en pays lointain, là tout devant, entre arbres et broussailles : on dirait qu’on serait… « De vrais. Romanichels! »,  elle crie. Continuer la lecture#enfances #08 | mordre cailler partir

#enfances #08 | trois moments en suspens

Pendant que grand-père s’enferme dans la chambre pour faire la sieste, grand-mère fait la vaisselle, range la cuisine, puis elle vient à la salle à manger, baisse le son de la télévision et dit : Puis, sans attendre de réponse, elle ouvre le bas du buffet et prend le jeu, une grosse boite en bois qui lorsqu’on l’ouvre d’un côté présente Continuer la lecture#enfances #08 | trois moments en suspens

#enfances #08 | Jours de chances

Une fois par semaine, le dimanche, ou peut-être tous les quinze jours, apparaissent Céline et Maurice. Deux êtres disparates, une grande gigue au chignon roulé toujours en talon, maquillé aux yeux langoureux et lui petit homme en pull rayé qui ressemble à Popeye. Mon père a une tante, c’est elle, elle vit avec Maurice, mon père l’appelle oncle et nous Continuer la lecture#enfances #08 | Jours de chances

#enfances #07 I Le pousse-pousse

C’était pour apprendre l’alphabet… une sorte de puzzle dont les pièces carrées coulissaient… déplacées en les accompagnant du pouce… la même posture qu’avec le smartphone sur lequel on fait glisser des images… assis ou debout… n’importe où… avec dans les mains un objet rectangulaire… taille A7… il était en plastique… deux couleurs vives… il faisait le même bruit que le Continuer la lecture#enfances #07 I Le pousse-pousse

#enfances #07 | Fort du Caisson

« Au fond du grenier, derrière le conduit de la cheminée. Ou bien tout au fond. La première fois ça devait être là. Ça devait être là qu’il l’avait trouvé. Au fond, où se trouvaient deux buffets de guingois, patinés, les portes entrebâillées aussi impossibles à fermer que difficiles à ouvrir. Des bahuts remplis de linge, de vieux draps mités, des Continuer la lecture#enfances #07 | Fort du Caisson