Ma mer est un poisson

La mer est partie, c’est bientôt la marée basse. J’ai regardé le bateau rouge qui est arrivé hier soir se poser sur ses béquilles, ça m’a fait penser aux vacances, quand on partait avec maman à Chausey. Mais là, la marée elle m’embête, plus d’eau dans les fossés de mon super grand château fort. Ça m’énerve. Je crois qu’il reste Continuer la lectureMa mer est un poisson

#L3 | rentrées

La boulangère  Les lycéens sont de retour, on va refaire du chiffre sur les viennoiseries et les bonbons Haribo, on aime mieux, pas tant pour le chiffre, pour la vie que ça apporte, tous ces mômes affamés de sucreries à l’heure du déjeuner et du gouter, c’est gai.. Tiens en voilà un qui doit rentrer en sixième, l’air complètement perdu, Continuer la lecture#L3 | rentrées

#L3 | Le dos du cheval

La femme entre dans le bar et semble déjà tituber. Elle est juste fatiguée. Son sac à main est vide, elle n’aura peut-être pas de quoi payer. Elle sort de la poche de son manteau un porte-monnaie, on dirait qu’elle lit dans ses pensées. On dirait qu’elle a pleuré ou qu’elle a vu un fantôme. Ou les deux. Il y Continuer la lecture#L3 | Le dos du cheval

#L3 | Trois vies

(suite de #L2 | Les jaunes ) Pieds nus. Mes pieds nus reposent à plat sur le bitume brûlant, je recommence peu à peu à sentir la chaleur. J’ai du mal à dormir à même le sol maintenant. J’ai du mal à rester assis et quand mes mains touchent le goudron, je les ramène vite vers mon ventre pour les Continuer la lecture#L3 | Trois vies

#L3 Il ne vient jamais personne

Il a frappé à sa porte, elle l’a invité à entrer, à boire le thé. Jamais elle n’aurait dû lui ouvrir. Son seul souhait, être tranquille, un vrai besoin de solitude. Depuis qu’elle a son sujet, sa seule envie est de commencer. Mais voilà, il est arrivé. Après le thé, l’apéro, l’eau-de-vie. Enfourchez une tige de violette et laissez-vous emporter Continuer la lecture#L3 Il ne vient jamais personne

#L3 | respirer

La maison.La maison s’est toute entière concentrée ici, dans la salle à manger où on a installé le lit. Il n’y a plus ni plafond, ni murs, rien n’existe que cette pièce. La maison les contient tous les quatre et absorbe tout ce qui n’est pas souffle, bruissements de draps ou chuchotements. Aucun bruit ne pénètre la pièce qui semble Continuer la lecture#L3 | respirer

#L3 | Chemise blanche

Voisine.
Sa chemise est repassée. Je me demande si c’est lui qui repasse ses chemises. Oui ça se fait. Des hommes. Maintenant. On aurait pas eu idée. Impeccablement. Méticuleusement. De la même façon qu’en ouvrant le verrou, comme pour ne pas l’abimer. Venir ici en chemise blanche repassée, boutons de manchettes et tout. On n’aurait pas idée. J’ai mal aux jambes, l’infirmier doit passer, nouveaux bas de contention. Bien longtemps que je n’ai plus rien repassé. A quoi bon ?
 
Plâtrier peintre.
J’ai repeins sans poser de questions, ça se voit qu’ils ne sont pas manuels ici, m’appeler pour un mur, un seul. Oui il y avait ces tâches. J’en vois tous les jours des murs, de si près que les grosses tâches ne m’abiment plus les yeux, je reste fixé sur le grain, rouleau, pinceau, c’était rien à faire. Payé double pour un mur si petit. Sont pas bien doués, se salissent pas les mains, endimanchés tous les jours. Même ici. Mais tant qu’y a à faire, moi c’est pas mon problème. 
 
Elle.
Il ne m’a pas écouté, toujours trop pressé. Mais qu’est-ce qu’il croit ? Ah oui, Monsieur a étudié, Monsieur est plus malin que tout le monde, Monsieur ose y aller…Avoir une clé ne fait pas tout. Tu l’as eu ta clé, tu es rentré. Débrouille-toi. Habille-toi, je t’avais dit non pas comme ça.. Ces lieux endormis ne collent pas avec ton assurance. Je le sais, mais tu ne veux pas entendre les voix souterraines, les boulevards bien évidents rythment ta vie, tu t’y perds. Il ne faut pas entrer par la grande porte. C’est trop tard maintenant.
 
Bûcheron. BègueMais il pense sans heurts
 Eux… Jamais payé le bois de l’hiver dernier. Mourir d’accord, mais les autres ? Famille, héritage, je ne sais pas, va falloir que j’y aille voir.  Il ne m’a pas remarqué, c’est toujours comme ça, je sais que je me camoufle. Les bois, ça me va bien. Mais une stère est une stère. L’air trop citadin celui-là avec ses souliers vernis, sa chemise blanche et son sac en bandoulière, pas lui qui rentrerait le bois, pour sûr.