#L8 | Rien, le rivage

Rien n’indique qu’il s’agit d’une île et pourtant l’air épais ne claque ni n’étreint, pénètre les peaux sans plaisir, sans permission, enserre le moindre poumon, le moindre tympan, appelle la mer et les voilà qui s’étreignent, sassent et ressassent en boucle le même sel, le même ciel, les mêmes plaintes, les mêmes nuages à chaque fois de retour chargés des Continuer la lecture#L8 | Rien, le rivage

#L8/ Voix de la prose

Surtout ne pas traîner maintenant si près du but et puis cet air mauvais, vicié qui suit et pousse depuis le port, faut monter, monter et revenir, revenir enfin dans cette maison, ce qu’il en reste, ce qu’ils en ont fait, à l’époque on l’appelait la Demeure, toujours aussi sale cette ville et toute cette crasse humaine qui traîne et Continuer la lecture#L8/ Voix de la prose

#L8 | Les ténèbres sont partout

« Les ténèbres sont partout. Chaque soir je m’installe sur le balcon à la nuit tombée. J’observe les lumières s’éteindre une à une dans les salons, dans les cuisines, dans les chambres, dans les villes alentour – lumières du port, lampadaires sur les containers, lampadaires sur les allées et les entrepôts, lumières dans les bureaux de la capitainerie, néons des cuisines Continuer la lecture#L8 | Les ténèbres sont partout

#L8 bis | De l’eau tu as toujours été aimé

L’eau se fait annoncer par une cour de grands nuages qui retournent leurs capes en un geste unanime, comme pour faire un tapis à ses pieds nus et tu vois cela, et tu n’en es pas surpris tu en vois le début, le milieu et la fin et tu n’es surpris d’aucuns. Comme ils s’étaient pressés à sa demande, les Continuer la lecture#L8 bis | De l’eau tu as toujours été aimé

#L8 | Le plus grand métèque de Vienne

Codicille : prolongement issu de L7 (ses langues caméléonnes). J’en jette ici une étape de travail. Il établit la règle du jeu du Sérail, établissement créé et dirigé par un des deux personnages qui sont arrivés quelque part en juin dernier. Il s’appuie sur la note d’intention de L’Enlèvement au Sérail, monté en 2018/19 et autour de quoi j’écris. De Continuer la lecture#L8 | Le plus grand métèque de Vienne

#L8 Les mots

De quels autres mots que « faim » et « travail » revêtir votre vie, avant et aussi après la photo ? Toi, sereine, tu fixes un point du présent de la photo, légèrement au-dessus de toi. Une tête d’épingle légère. À quoi rêves-tu maintenant que tu n’as plus faim ? Quelles images accessibles se forment dans l’eau de ton regard ? La route que vous Continuer la lecture#L8 Les mots

#L8 | Vortex

Elle arrive     dans ce lieu       où d’autres avant elle     ont passé       et pose le pied            sur le sol         et sous ce sol… tant de strates, tant d’histoires, tant de pieds aussi avant elle, si bien que le mouvement de ce pied là       qu’elle pose Continuer la lecture#L8 | Vortex

#L8 CONSIDÉRATIONS SUR UNE GOUTTE ÉPAISSE, VERTE & PHOSPHORESCENTE (propos de Cha)

& ceci, dis-je, pointant du doigt la goutte épaisse (verte & épaisse) (phosphorescente) chue à l’instant (dix minutes à peine) du plafond & maculant la table à quinze centimètres (à peine) de Sat (de la tête de Sat) endormi tombant (lui) (d’un coup) (P_A_N !) sous les coups de butoir d’une fatigue intense lui faisant contre son gré fermer les Continuer la lecture#L8 CONSIDÉRATIONS SUR UNE GOUTTE ÉPAISSE, VERTE & PHOSPHORESCENTE (propos de Cha)

#L8 L’enfant et l’Amérique

L’enfant dedans le livre d’Amérique rêve du grand dehors, l’enfant dehors rêve de revenir dedans pour retrouver le livre d’Amérique, l’enfant rêve de l’homme qu’il deviendra, de l’homme d’Amérique, l’enfant dans l’écurie pour sortir les fumiers, l’enfant sous les assots pour donner aux veaux, l’enfant regardant son père traire les vaches, la main rêche du père caressant le ventre de Continuer la lecture#L8 L’enfant et l’Amérique

#L8 | par la mer

Si elle était arrivée en bateau, elle se serait peut-être souvenue du premier voyage, ce même voyage qui avait conduit ici la famille, quarante années auparavant, quand sa mère eut décidé de partir, croyant que ce retour aux sources les sauverait de la ruine, ce même voyage qu’elle avait d’abord cru un cauchemar, qui l’avait arrachée à son enfance, ce Continuer la lecture#L8 | par la mer