#L3 | Ne pas croire les mots sur parole

Le père : Elle ne me voit plus, ne me regarde plus. Son sourire s’est effacé de son visage. Elle me fait la tête, me soutient ma femme qui pense que ça ne va pas durer. Dès que je lui parle elle se referme sur elle-même. Elle m’évite. Elle m’en veut. Nous n’arrivons plus à parler. C’est vrai que la Continuer la lecture#L3 | Ne pas croire les mots sur parole

#L4 | tous les corps sont dans les mots morts

De Pierre Autin-Grenier, la possibilité de dépecer un ange et l’auto-dérision poétique parce qu’écrivain, c’est vraiment rien D’Albert Cossery, la dérision des philosophes orgueilleux, la puissance des femmes insolentes, la poétique de la saleté et de la faim, le détachement, l’ironie des sans rien, la beauté d’un monde qu’on ne verrait pas sans l’écriture  De Chimamanda Ngozi Adichie l’attention à Continuer la lecture#L4 | tous les corps sont dans les mots morts

#L3 Nulle part

être mouche plutôt que bouche suis parti. Croire que tout peut commencer parce qu’on est arrivé nulle part. « Pars. Pour toi il est temps » il l’a dit. Je suis monté dans le premier train ; un billet pour T.  (Tabula rasa, Tipaza, Terezín. Tiepolo. Violon. Noce. Ghetto) Le doigt  posé au hasard sur la carte. Un arrêt en surplomb de la Continuer la lecture#L3 Nulle part

#L3 QUATUOR

Ils sont entrés, un par un. Je les connais tous. Celui qui me paye toujours un café. Il me dit « salut  le Boss, aujourd’hui c’est ton jour.. et j’ai le café . Il me dit l’autre jour en me tendant les clefs de sa voiture, « Va me la déplacer elle gène » et l’autre fois j’ai joué le chauffeur de maitre Continuer la lecture#L3 QUATUOR

#L4 | Intermède – Quelques livres

De Navet, linge, œil-de-vieux (Jacques Jouet) : le temps qui passe et ratatine, le navet surtout. Les variations, l’épuisement du sujet, aller jusqu’au bout et tout tenter pour garder la trace de ce qui, sans les mots, aurait été oublié. D’Exemplaire de démonstration (Philippe Vasset) : le tour de force, malin, et l’impossibilité qu’il y aurait à continuer à raconter Continuer la lecture#L4 | Intermède – Quelques livres

#L3/ principe Vardaman + codicille

Je l’ai reconnu tout de suite, d’accord il a pris du bide, des rides, mais ce regard froid, toujours le même. On a été prévenu. De toute façon, jamais oublié. Même pas besoin des vieux magazines qui pourrissent entre l’humidité et les rats de la cave. Et puis, un qui débarque sans bagage, entre sans consommer rien qu’une bière de Continuer la lecture#L3/ principe Vardaman + codicille

#L3 | Paroles de pluie

Nous n’avions pas prévu cette pluie, pourtant bien avertis qu’ici le temps change en un rien de temps. La pluie c’est que de l’eau il disait toujours le père, ça sèche. De la chambre, belle vue même par sale temps d’ailleurs — c’est beau — le ciel fronce les sourcils en silence. Confortable, douillet, chaleureux ce salon — le simple Continuer la lecture#L3 | Paroles de pluie

#L3 | Trois monologues

La peau du pis tendue  à se rompre. Ça  bêle dans l’étable, ça chevrote à qui mieux mieux, ça se  cogne dans les boxes, ça se bouscule,  concert de cloches  cacophonique. Ça va mal tourner s’il n’arrive pas ! ah ! tout de même,   le voilà -je crois,  j’espère – descendant le chemin,  rythme bien connu de sa claudication ; pourtant, tiens… un Continuer la lecture#L3 | Trois monologues

#L3 | Diffraction

Dans la chambre au-dessus d’elle, l’homme est assis à la table en formica, face à la large fenêtre rectangulaire. Son pc est posé sur la table. Il vient de repousser sur le côté les restes d’un repas qu’il s’est fait livrer. Quand il séjourne ici, c’est-à-dire deux fois par mois et une à deux nuits d’affilée maximum, il se fait Continuer la lecture#L3 | Diffraction