Archives de la catégorie : ##hors-série
Il est bien tôt
Quel âge avait-il à notre première rencontre ? Ìl était vieux déjà, courbé déjà vers ce point au levant du soleil au début de mars. Autour de lui alors, tout n’était qu’effondrement, ronces, ornières humides, murs délabrés. Le vieux figuier derrière lequel il se tenait depuis toujours était en fin de vie : les deux chevaux de selle qui vivaient Continuer la lectureIl est bien tôt
À VENDRE
Là c’était la dune, entre la dernière villa d’Edenville posée sur la digue et l’embouchure du Crapeux, elle dominait le paysage courbé de la baie, les vagues épuisées sur le sable, les colonies de mouettes bécotant l’estran froissé sous le ciel changeant. Là c’était la dune plantée d’oyats, liserons des sables et chardons bleus chargés d’escargots minuscules, zone blanche flanquée Continuer la lectureÀ VENDRE
le Mourillon
Le boulevard débouchait sur la mer, le petit port du fort, l’ouverture de la rade, les douces hauteurs de la presqu’île en face – virer en courbe large sur la gauche pour embouquer le boulevard du Littoral comme nous l’appelions – ne pas regarder à gauche, ignorer si quelques petits immeubles ont poussé ou dépassent le premier rang de villas Continuer la lecturele Mourillon
Protégé : (itinéraires) – Baudelaire 1
A la recherche du congre, je pêche la crevette avec Francis Ponge, Baudelaire vient à mon secours
Les vacances au Grau-du-roi, c’était juste avant la rentrée, en septembre. Une semaine chaque année, pas plus, les enfants et maman. Papa ne venait pas au Grau-du-Roi. Le village était tout petit, les maisons étaient basses, la mer juste devant, pas de sable, mais des gros blocs de béton. On arrivait au Grau-du-roi lorsqu’on avait dépassé les remparts d’Aigues-Mortes par Continuer la lectureA la recherche du congre, je pêche la crevette avec Francis Ponge, Baudelaire vient à mon secours
de l’autre côté de la baie
en haut de la rue (au bout de l’image il y avait cette petite montagne, au fond du cadre, là-bas dans les bleus – le ciel y est toujours bleu – sauf en février, il y pleut – fondu dans le paysage, le mont domine la baie, une courbe douce comme une hanche, au loin on ne voit pas bien Continuer la lecturede l’autre côté de la baie
PALISSADES
Palissades de la séparation. Celles qui entourent la cathédrale brûlée. Avant les catastrophes en chaîne, tu marchais directement avec lui dans l’empreinte : gravier blanc, regard escaladant les hauteurs pierreuses pour atteindre l’éclatement des vitraux. Fleuve puissant en contre-bas, dans la nasse des quais couverts de lierre. Tilleuls alignés et diffusion des senteurs balsamiques en plein cœur comme vers les arcs-boutants Continuer la lecturePALISSADES
bicentenaire Baudelaire | 5 propositions d’écriture
#1 | la forme d’une ville, écrire une parenthèse – s’il vous plaît, faites l’essai : publiez vraiment une parenthèse, et si vous ne l’avez pas fait, modifiez votre texte en conséquence ? ce n’est pas qu’une question typographique… – un lieu forcément très important pour vous, lieu public ou privé (maison, jardin aussi bien que rue ou ville…); – il Continuer la lecturebicentenaire Baudelaire | 5 propositions d’écriture
Vieux journaux
Le fait que la pluie ça fait des traces sur les carreaux quand tu nettoies l’éponge est noire, le fait que tu achètes le journal tous les vendredis, mais t’as même pas le temps de lire et ça s’entasse dans la maison, le fait que sur le raisin y’a des traces bleues et tu t’es dit c’est du poison, le Continuer la lectureVieux journaux