#P4 – Tronçons

Enfin, tu vois c’que j’veux dire… c’est pas possible ça, inadmissible. On dirait qu’ils entendent plus rien. Ils écoutent même pas, c’est clair. On leur avait pourtant dit qu’il avaient pas le droit, que ça ne pouvait pas continuer comme ça, ces décisions brutales. L’autre jour, y’avait ce type là, celui avec la grande barbe.. Tu vois qui j’veux dire ? Continuer la lecture#P4 – Tronçons

#3 Hauts et bas

Ciel ouvert. Un chat se faufile entre les mailles du grillage vert. Il zone. Entre les bennes, il furète. Il vient réclamer sa pâtée après la fin du bal ; quand les hommes fluo sortent marron gris du vestiaire. De son museau pointu, il sent l’odeur de poisson qui imprègne tout le quartier. Les mouettes ne s’y trompent pas. Elles arrivent Continuer la lecture#3 Hauts et bas

#P6 | Passé proche, des voix

Mercredi On l’avait vue de loin. Sur le bord de la route, une tache blanche à la forme explosée, une sorte d’étoile. Plus on avançait, plus elle grossissait et lançait ses branches en tous sens. Elle penchait bizarrement. Sur un tas de gravier gris, une chèvre renversée avait été jetée, les pattes écartées, le ventre comme une outre gonflée à Continuer la lecture#P6 | Passé proche, des voix

Ma mer est un poisson

La mer est partie, c’est bientôt la marée basse. J’ai regardé le bateau rouge qui est arrivé hier soir se poser sur ses béquilles, ça m’a fait penser aux vacances, quand on partait avec maman à Chausey. Mais là, la marée elle m’embête, plus d’eau dans les fossés de mon super grand château fort. Ça m’énerve. Je crois qu’il reste Continuer la lectureMa mer est un poisson

GNAGNAGNA

Elle m’a…           Elle m’a dit …                     gnagnagna J’y crois pas Elle avait son air de peste, son air de celle qui dans les réunions disait –oui- alors qu’elle pensait –votre truc, je le ferai pas- Elle m’a dit gnagnagna Et ce gnagnagna m’a atteint de plein fouet comme la foudre fend un arbre en deux. Le ciel était Continuer la lectureGNAGNAGNA

# P3 Survie

Dans la bouche mâchant le pain et le pâté plus salé que l’année dernière Assaisonné au piment cette fois-ci Envisagé au thym à l’hiver prochain Peut-être plus gras que d’habitude Qui passe quand même mieux avec un verre de rouge À ne pas mélanger avec les tomates, ça donne un arrière goût acide Avec une note particulière sur du pain Continuer la lecture# P3 Survie

#P4 | J’avoue

Il fait ne pas très chaud, j’avoue. Oh, mais je ne vous accuse de rien ! Vous savez, je prévois toujours un gilet à cette saison, on ne sait jamais. Je ne veux pas vous donner l’impression de vous reprocher de ne pas nous avoir dit de prévoir aussi des vêtements un peu plus chauds, vous ne pouvez pas pensez à Continuer la lecture#P4 | J’avoue

#L4 Sentimenthèque

Un livre blanc, Philippe Vasset, carte IGN, dans les plis du plan, aller voir, in situ, explorer l’intranscriptible, aller au non-lieu-dit, faire un planisphère des terrains silencieux, marcher au-delà des palissades, des buttes, écrire ce qui va se produire, ce qui n’est pas rien. Fragmentation d’un lieu commun, Jane Sautière, ce que la prison fait, expérience de la perte, des Continuer la lecture#L4 Sentimenthèque

#L4 / Déplier la présence

De La Présence Pure /Christian Bobin, j’aime sa poésie qui me touche et me parle de l’immédiateté du vivant, pour son parallèle entre l’arbre devant sa fenêtre et son père en Ehpad qui perd la mémoire. Il me dit que la présence, juste une présence quand les mots ne sont plus possibles, c’est essentiel. De Dans la forêt / Jean Continuer la lecture#L4 / Déplier la présence

#L4 / Sentimenthèque

De Mrs Dalloway. Trois double-v. The Whirlpool of Woolf’s Writing. Ou, en français, trois v. Le vortex des voix de Virginia. Une écriture creusant jusqu’au vertige les vérités de l’être, et où se noient les personnages. (Virginia Woolf et la traduction de Marie-Claire Pasquier) De Phèdre. La beauté du français est comme une évidence, la noirceur effacée par tant de transparence. Le lieu, plus Continuer la lecture#L4 / Sentimenthèque