#P1 | Où tu vas quand tu dors en marchant ?

Lit château fort dans longue pièce : la salle à manger / depuis le traversin on voit le buffet Louis XIV / murs en plâtre crémeux / sol en ciment nu / il fait froid sauf sous l’édredon en plumes de la grand-mère / coton satiné vieux rose / le corps comme dans un trou. (…) l’épaisseur des plumes, pensée Continuer la lecture#P1 | Où tu vas quand tu dors en marchant ?→

Une tente et des chambres

Pyrénées espagnoles, camping.  Elle ouvre la  glissière de la canadienne. L’humidité, le froid  la traversent.  L’autre versant de la vallée, lui,  est ensoleillé. Quatre lits à une place alignés entre porte et fenêtre.  La grosse armoire lorraine devant. C’est la chambre des filles. Son lit est au bout, près de la fenêtre. Celui de l’aînée, près de la porte.   Continuer la lectureUne tente et des chambres→

Venicely-1

Sûrement il avance les algues de la lagune serpentent sans cesse ondulent sous ses pieds sûrement chatoient des verts miel émeraude se fondent en éclats de mousses douces cuisantes s’agrippant aux pieux de bois immergés tels des serpents marins ces lambeaux de forêts renversées crucifix réactivés liquides des premiers retables aux feuilles d’or odorant de senteurs mélangées tantôt remugles tantôt Continuer la lectureVenicely-1→

#L1 | Là-bas

Partir bien avant l’aube pour atteindre ce point du paysage avant la fin du jour. Ce point, là-bas. Loin — difficile de donner une mesure exacte de la distance à parcourir. D’un bond se redresser, attraper le sac, le lancer sur l’épaule. Sentir combien il pèse. Quitter le repaire (abri sous feuillages ou au milieu des vignes, auberge, bergerie, pan de Continuer la lecture#L1 | Là-bas→

C’est là

Une vache se retourne de l’autre côté de la route. La regarde peut -être, elle. Garant sa voiture le long du mur aveugle qui fait angle avec la façade . Sortant du véhicule, défroissant une jupe large à grandes poches .Saisissant une petite bouteille en plastique et jetant l’eau tiédie sur les herbes courtes. Ondule à cet endroit le fantôme Continuer la lectureC’est là→

#P1 éveils

Les yeux re-fermés dans l’espace frais de la chambre, un claquement de mules sur les dalles, Jacqueline va ouvrir les rideaux, les fenêtres, irruption de la lumière et de l’air où s’éveille la tiédeur, la dernière debout dans son lit agite les barreaux, un déplacement d’air, j’ouvre les yeux sur un pan de la robe de chambre rouge de Maman Continuer la lecture#P1 éveils→

#L1 Toute debout

Elle enlève ses chaussures. Elle le fait sans y penser vraiment, c’est une nécessité du corps. Elle fait glisser les lanières de ses sandales par-dessous le talon comme si elle s’apprêtait à fouler le sable. C’est le bitume qu’elle rencontre sous les pieds nus. Il vibre à chaque voiture qui passe derrière elle. Elle ne veut rien entre elle et Continuer la lecture#L1 Toute debout→

Ligne de vie

Elle suit la ligne jaune tracée sur le linoléum bleu — son fil d’Ariane — qui la conduit vers où, vers qui, vers quoi, elle ne sait pas. Elle ne veut pas savoir. Il n’est pas temps pour elle de se poser des questions dérangeantes. Pour les éloigner, elle observe le couloir violemment éclairé, les tableaux qui ornent ses murs, Continuer la lectureLigne de vie→

#L1 Baboeuf

Une charrette tirée par un cheval progresse calmement sur le chemin. Elle est assise sur le banc à côté du conducteur. Un cahot languide fait rouler sa tête. Une mèche de cheveu châtain s’échappe et glisse sur son visage jeune et las. Autour d’elle virevoltent des libellules, vifs bâtonnets bleus. Au bord de la route, une femme en tablier et deux Continuer la lecture#L1 Baboeuf→