#L1 | But

A l’extérieur de l’enceinte, une pile d’annuaires sert de totem d’accueil, le trottoir défoncé s’égaie de quelques coquelicots essaimés par hasard entre les détritus. De l’essence dans les ornières ; des flaques d’eau trouble rident le ciel huileux tout entier coloré façon apocalypse. Au pied d’un pot d’échappement dont l’âme ne pétarade plus bondit un crapaud marronnasse qui rejoint le fossé Continuer la lecture#L1 | But

Nuits en friches

Cent neuf, cent dix, cent … les nœuds du lambris pour voie lactée, comptés comme des moutons qui bêlent les jours de grand vent et veillent l’œil ouvert sur des rêves vacillants Les deux rideaux tirés au cas où dans les immeubles d’en face ça épie le voile de lin écru qui gonfle et s’élève comme une robe d’été tombée Continuer la lectureNuits en friches

Déclinaisons nocturnes

… l’humidité perce à cœur le matelas qui était tiède tout à l’heure, un matelas fin, posé à même le métal de la remorque du camion, il charrie des frissons…… un bitume mal lissé, le dos qui s’y pique, les membres endoloris, une couverture jetée à la va-vite, l’air qui se refroidit quand avance la nuit, les restes de flonflons Continuer la lectureDéclinaisons nocturnes

#P1 | Fragments sonores

Quel est le nom de cet oiseau que l’on entend seulement dans la grisaille de l’aube? De longues phrases irrégulières depuis l’intérieur du placard, par saccades, la chute de gouttes d’eau, presque de légers coups-de-poing. Claquements des portes voisines amplifiés par la résonance du couloir. Des tintements de vaisselle rebondissent contre les parois de la cage d’escalier. Seulement sa propre Continuer la lecture#P1 | Fragments sonores

L#1. L’Albenc. Un premier septembre.

Elle a roulé longtemps et vient juste de se garer. C’est un parking improvisé dans un grand pré, il faut marcher un peu. Les gens commencent à arriver, pas mal de couples avec des enfants petits. Tranquilles, ils sont. Des jeunes aussi. Le soleil est chaud, les tee-shirts shorts et casquettes partout, des retraités beaucoup, en sandales en chaussures de Continuer la lectureL#1. L’Albenc. Un premier septembre.

#L1| Ici commence le voyage

C’est une terre désolée, le vent y souffle fort et parfois, s’arrête durant ce qui peut sembler une éternité. Alors, le front se relève dans la capuche et l’œil se met en résonance. Où que le regard porte, il se heurte à l’absence. On arrive ici sans rien sauf, bien sur, un passé et l’on découvre une immensité n’abritant aucune Continuer la lecture#L1| Ici commence le voyage

des échantillons

rêvé l’autre nuit d’un garçon brun, il dit : je cherche un “…”. Moi : c’est quoi un “…” ? Lui : c’est un endroit pour dormir. Moi : malheureusement je n’en connais pas. la vitre arrière du camion Mercédes aménagé était un vitrail qui miroitait à la lueur du réverbère voisin. De l’autre côté de la cloison en bois Continuer la lecturedes échantillons

#P1 Par les persiennes de la mémoire

le contraste entre l’espace surdimensionné de cette chambre d’hôtel (elle aurait contenu deux fois le studio où je vivais alors) et la poussière de ses couleurs, sa moquette triste, ses rideaux fanés, son couvre-lit de mauvais tissu, son rigorisme de plan quinquennal. moins préoccupée par l’opération du lendemain que par le lien à trouver, pour un texte en cours, entre Continuer la lecture#P1 Par les persiennes de la mémoire

huit fois

les hôtels sont innombrables (ils viennent de rouvrir tsais) (le nombre de nuit passées ici – attends que je compte – un peu moins de vingt-cinq mille, et il n’en faudrait que dix – non mais la consigne, ça sert à laisser son bagage) à Naples ils les avaient supprimées, les consignes (pour obéir à celles de sécurité, probablement) : où Continuer la lecturehuit fois

#L1- avant sept heures

Tout ce qu’on demande c’est de vivre de paix, rien de tellement compliqué là-dedans – ça n’a rien à voir mais quelle importance – il a cette pensée en tout cas, il pousse la porte (c’est une époque où les portes se poussent, elles demandent un effort, il y aura pléthore d’électricité dans ce pays dans quelques années, mais pour Continuer la lecture#L1- avant sept heures