#L1| Ici commence le voyage

C’est une terre désolée, le vent y souffle fort et parfois, s’arrête durant ce qui peut sembler une éternité. Alors, le front se relève dans la capuche et l’œil se met en résonance. Où que le regard porte, il se heurte à l’absence. On arrive ici sans rien sauf, bien sur, un passé et l’on découvre une immensité n’abritant aucune Continuer la lecture#L1| Ici commence le voyage→

des échantillons

rêvé l’autre nuit d’un garçon brun, il dit : je cherche un “…”. Moi : c’est quoi un “…” ? Lui : c’est un endroit pour dormir. Moi : malheureusement je n’en connais pas. la vitre arrière du camion Mercédes aménagé était un vitrail qui miroitait à la lueur du réverbère voisin. De l’autre côté de la cloison en bois Continuer la lecturedes échantillons→

#P1 Par les persiennes de la mémoire

le contraste entre l’espace surdimensionné de cette chambre d’hôtel (elle aurait contenu deux fois le studio où je vivais alors) et la poussière de ses couleurs, sa moquette triste, ses rideaux fanés, son couvre-lit de mauvais tissu, son rigorisme de plan quinquennal. moins préoccupée par l’opération du lendemain que par le lien à trouver, pour un texte en cours, entre Continuer la lecture#P1 Par les persiennes de la mémoire→

huit fois

les hôtels sont innombrables (ils viennent de rouvrir tsais) (le nombre de nuit passées ici – attends que je compte – un peu moins de vingt-cinq mille, et il n’en faudrait que dix – non mais la consigne, ça sert à laisser son bagage) à Naples ils les avaient supprimées, les consignes (pour obéir à celles de sécurité, probablement) : où Continuer la lecturehuit fois→

#L1- avant sept heures

Tout ce qu’on demande c’est de vivre de paix, rien de tellement compliqué là-dedans – ça n’a rien à voir mais quelle importance – il a cette pensée en tout cas, il pousse la porte (c’est une époque où les portes se poussent, elles demandent un effort, il y aura pléthore d’électricité dans ce pays dans quelques années, mais pour Continuer la lecture#L1- avant sept heures→

Une part d’ombre

Une ombre. Son ombre. Longue silhouette sombre filant sur le bitume mouillé par l’orage de la nuit. Elle traine accrochée derrière des sandales usées, puis disparait effacée par quelque nuage perdu dans le ciel du petit matin pour finalement réapparaitre plus sombre encore. Elle se plie au relief très peu accidenté du trottoir avant de traverser l’avenue déserte qui longe Continuer la lectureUne part d’ombre→

Traversées

Le bateau s’éloigne dans la nuit, trop tard…mon duvet posé sur le banc, un peu dur, je m’endors bercée par le roulis proche de la mer… Le bateau s’éloigne de la côte, au loin les lumières de la ville, ma place à 90 francs, première traversée vers cette ile que je rejoindrais des années durant par tous les temps, un Continuer la lectureTraversées→

Les nuages rouges

Le temps est lourd, poisseux, le ciel laiteux. Les mouettes tournent au-dessus de la tête et crient. La mer est grise comme le dos d’une baleine. Avancer à pas nerveux, l’asphalte est déjà brûlant. Parcourir le boulevard qui longe la mer. Égratigner son bras aux branches de bougainvilliers pourpres agrippés à la façade d’une maison blanche, arriver au port, prendre Continuer la lectureLes nuages rouges→

#P1 | jusqu’au jour tiède

à l’hôtel Mattei, recroquevillée sur un lit de camp, la nuit tapie dans les angles, la litanie de cauchemars à voix haute de l’aïeule sur l’avant-bras l’empreinte des vagues du velours vert et rassurant, le nez réfugié dans le pli moite du coude un vrai silence, un silence de doutes, d’ombres, puis le bruissement du peuplier, le vent se lève Continuer la lecture#P1 | jusqu’au jour tiède→

Prologue

Garer la 2CV, ici. Dans ce pré, les roues mordant avec précaution l’herbe grasse, la couchant en deux petites rues parallèles. Ensuite, après avoir tourné la clé de contact, se taire : pousser les portes, sortir, quitter la voiture, se dégourdir les jambes, s’essayer à marcher, faire trois pas… s’allonger dans l’herbe ? Non, pas ici, pas maintenant, mais savourer Continuer la lecturePrologue→