#L1 UBIQUITÉ

Aucune nostalgie pour l’acoustique entrechoquée des craquements du modem d’antan, parasites cacophoniques mourant dans les rebondissements d’une sonnette fêlée. Aujourd’hui, on se connecte à internet dans un silence complet. Tapotis de touches sur le clavier, la fenêtre Street View apparaît. On saisit un nom dans un rectangle blanc. Et on arrive ailleurs. Ailleurs, et le cul sur sa chaise, et Continuer la lecture#L1 UBIQUITÉ→

Ce n’est pourtant pas la première fois qu’elle vient

Ce n’est pourtant pas la première fois qu’elle vient mais elle se perd à chaque fois. Carcassonne, Lézignan, Minerve et là, c’est foutu, elle ne se rappelle jamais à quel endroit il faut prendre à droite ou à gauche ni à quel moment, elle se trompe.  Elle finit toujours par retrouver sans savoir comment,  à l’intuition ; ça y est, elle Continuer la lectureCe n’est pourtant pas la première fois qu’elle vient→

De retour

Elle pousse la porte et descend de la voiture. Elle sent l’odeur de l’eau. Maman dit que ce n’est pas possible, qu’il n’y a pas d’eau ici ou alors juste un petit ruisseau, « un ruisseau de rien du tout à dix kilomètres au moins », alors de là à sentir l’eau ici… « Il faut toujours que tu exagères… »Mais maman se Continuer la lectureDe retour→

Des perles de chaleur partout sur la peau dégoulinent

… compressée entre un édredon en nylon orange seventies et des draps de flanelle blanc cassé réchauffés par une brique réfractaire, une brique réfractaire chauffée plus tôt dans la soirée sur un poêle à charbon, emballée dans une vieille serviette en éponge, rêche, usée, aucun danger à l’horizon, si ce n’est le regard clair de Claude François, pris dans un Continuer la lectureDes perles de chaleur partout sur la peau dégoulinent→

Vision lacustre

Il traverse l’air bleu gentiane entre les prairies lumineuses. S’engage dans le matin d’altitude pure sur la piste qui part sous le village, ruban horizontal coupant les pentes de marguerites, boutons d’or, coquelicots et bleuets. Après le virage des trois granges en contre-bas, il entend les clarines des vaches, taches marron clair penchées sur l’herbe inaugurale de l’été alpin. Il Continuer la lectureVision lacustre→

#L1 | But

A l’extérieur de l’enceinte, une pile d’annuaires sert de totem d’accueil, le trottoir défoncé s’égaie de quelques coquelicots essaimés par hasard entre les détritus. De l’essence dans les ornières ; des flaques d’eau trouble rident le ciel huileux tout entier coloré façon apocalypse. Au pied d’un pot d’échappement dont l’âme ne pétarade plus bondit un crapaud marronnasse qui rejoint le fossé Continuer la lecture#L1 | But→

Nuits en friches

Cent neuf, cent dix, cent … les nœuds du lambris pour voie lactée, comptés comme des moutons qui bêlent les jours de grand vent et veillent l’œil ouvert sur des rêves vacillants Les deux rideaux tirés au cas où dans les immeubles d’en face ça épie le voile de lin écru qui gonfle et s’élève comme une robe d’été tombée Continuer la lectureNuits en friches→

Déclinaisons nocturnes

… l’humidité perce à cœur le matelas qui était tiède tout à l’heure, un matelas fin, posé à même le métal de la remorque du camion, il charrie des frissons…… un bitume mal lissé, le dos qui s’y pique, les membres endoloris, une couverture jetée à la va-vite, l’air qui se refroidit quand avance la nuit, les restes de flonflons Continuer la lectureDéclinaisons nocturnes→

#P1 | Fragments sonores

Quel est le nom de cet oiseau que l’on entend seulement dans la grisaille de l’aube? De longues phrases irrégulières depuis l’intérieur du placard, par saccades, la chute de gouttes d’eau, presque de légers coups-de-poing. Claquements des portes voisines amplifiés par la résonance du couloir. Des tintements de vaisselle rebondissent contre les parois de la cage d’escalier. Seulement sa propre Continuer la lecture#P1 | Fragments sonores→

L#1. L’Albenc. Un premier septembre.

Elle a roulé longtemps et vient juste de se garer. C’est un parking improvisé dans un grand pré, il faut marcher un peu. Les gens commencent à arriver, pas mal de couples avec des enfants petits. Tranquilles, ils sont. Des jeunes aussi. Le soleil est chaud, les tee-shirts shorts et casquettes partout, des retraités beaucoup, en sandales en chaussures de Continuer la lectureL#1. L’Albenc. Un premier septembre.→