#P1 éveils

Les yeux re-fermés dans l’espace frais de la chambre, un claquement de mules sur les dalles, Jacqueline va ouvrir les rideaux, les fenêtres, irruption de la lumière et de l’air où s’éveille la tiédeur, la dernière debout dans son lit agite les barreaux, un déplacement d’air, j’ouvre les yeux sur un pan de la robe de chambre rouge de Maman Continuer la lecture#P1 éveils

#L1 Toute debout

Elle enlève ses chaussures. Elle le fait sans y penser vraiment, c’est une nécessité du corps. Elle fait glisser les lanières de ses sandales par-dessous le talon comme si elle s’apprêtait à fouler le sable. C’est le bitume qu’elle rencontre sous les pieds nus. Il vibre à chaque voiture qui passe derrière elle. Elle ne veut rien entre elle et Continuer la lecture#L1 Toute debout

Ligne de vie

Elle suit la ligne jaune tracée sur le linoléum bleu — son fil d’Ariane — qui la conduit vers où, vers qui, vers quoi, elle ne sait pas. Elle ne veut pas savoir. Il n’est pas temps pour elle de se poser des questions dérangeantes. Pour les éloigner, elle observe le couloir violemment éclairé, les tableaux qui ornent ses murs, Continuer la lectureLigne de vie

#L1 Baboeuf

Une charrette tirée par un cheval progresse calmement sur le chemin. Elle est assise sur le banc à côté du conducteur. Un cahot languide fait rouler sa tête. Une mèche de cheveu châtain s’échappe et glisse sur son visage jeune et las. Autour d’elle virevoltent des libellules, vifs bâtonnets bleus. Au bord de la route, une femme en tablier et deux Continuer la lecture#L1 Baboeuf

# P1, Je n’ai jamais aimé mes chambres

Je faisais grandes siestes sur une couverture de cheval à l’ombre d’un pommier et sentais contre ma joue, la feutrine rêche couleur de nuit. Je dormais d’un sommeil de brute, le front appuyé à la vitre sale dans le RER A entre Paris et Cergy et me réveillai brutalement quelques secondes avant Cergy Préfecture. Les nuits de fièvre, je fixais Continuer la lecture# P1, Je n’ai jamais aimé mes chambres

Affleurements

Longues heures à scruter le plafond et ses reliefs sous la couette épaisse. Puis, se retourner, glisser les mains sous l’oreiller à l’endroit exact où reposera la joue, et se réfugier dans un sommeil blanc. Un léger tremblement du corps et un violent ressac aux tempes alors que, mi-clos, irrités par la lumière froide, les yeux auscultent cette chambre singulière. Continuer la lectureAffleurements

#L1 | Retour

Oter ses sandales et palper la fraîcheur de l’herbe détrempée par le gros orage de la nuit.  Un geste de l’enfance. Fermer les yeux pour mieux ressentir la vigueur de la terre envahir le corps. Pour éloigner l’appréhension qui gagne. Admirer l’envol des passereaux tout autour. D’un tremble à un hêtre, d’un bouleau à un cyprès. Ils s’appellent, criaillent dans Continuer la lecture#L1 | Retour

Villa PORT-VILA

Villa VINEUSE, Théralène dort. Maison des URSULINES EN VALOIS, pas de chambre, antichambre, pas de fenêtre, un sombre lit pour deux enfants tête-bêche. Une porte donne sur le couloir, l’autre sur la chambre des parents. Villa UHARTZA, qui s’appelle comme un chien, dans ma chambre première en vacances, niche de pierre dans un mur où ranger le cahier de devoirs. Continuer la lectureVilla PORT-VILA