# P1, Je n’ai jamais aimé mes chambres

Je faisais grandes siestes sur une couverture de cheval à l’ombre d’un pommier et sentais contre ma joue, la feutrine rêche couleur de nuit. Je dormais d’un sommeil de brute, le front appuyé à la vitre sale dans le RER A entre Paris et Cergy et me réveillai brutalement quelques secondes avant Cergy Préfecture. Les nuits de fièvre, je fixais Continuer la lecture# P1, Je n’ai jamais aimé mes chambres→

Affleurements

Longues heures à scruter le plafond et ses reliefs sous la couette épaisse. Puis, se retourner, glisser les mains sous l’oreiller à l’endroit exact où reposera la joue, et se réfugier dans un sommeil blanc. Un léger tremblement du corps et un violent ressac aux tempes alors que, mi-clos, irrités par la lumière froide, les yeux auscultent cette chambre singulière. Continuer la lectureAffleurements→

#L1 | Retour

Oter ses sandales et palper la fraîcheur de l’herbe détrempée par le gros orage de la nuit.  Un geste de l’enfance. Fermer les yeux pour mieux ressentir la vigueur de la terre envahir le corps. Pour éloigner l’appréhension qui gagne. Admirer l’envol des passereaux tout autour. D’un tremble à un hêtre, d’un bouleau à un cyprès. Ils s’appellent, criaillent dans Continuer la lecture#L1 | Retour→

Villa PORT-VILA

Villa VINEUSE, Théralène dort. Maison des URSULINES EN VALOIS, pas de chambre, antichambre, pas de fenêtre, un sombre lit pour deux enfants tête-bêche. Une porte donne sur le couloir, l’autre sur la chambre des parents. Villa UHARTZA, qui s’appelle comme un chien, dans ma chambre première en vacances, niche de pierre dans un mur où ranger le cahier de devoirs. Continuer la lectureVilla PORT-VILA→

Ouvrir les yeux

Ouvrir les yeux … sur un papillon en plâtre aux couleurs vives accroché au mur vert-d’eau de la chambre, ligne d’horizon de mon réveil, point final d’une nuit emplie de cauchemars. sur mille petits pois blancs qui flottent au-dessus du papier peint bleu-ciel et qui refusent d’y adhérer tant que je ne louche pas suffisamment pour le leur imposer. sur Continuer la lectureOuvrir les yeux→

#P1 « L’hiver est un pays où des lueurs diffuses… »

Prologue Aujourd’hui, la chambre qui n’est pas une chambre est ouverte à tout vent. La chambre ouverte sur le salon traversé de lumière. Le plafond est haut. Les murs sont gris perle. Le lit est profond et large. La chambre qui n’est pas une chambre est traversée de lumière. La transparence des rideaux, les lueurs miel du parquet, la chaleur Continuer la lecture#P1 « L’hiver est un pays où des lueurs diffuses… »→

L#1 | C’est à cet endroit qu’elle arrive

C’est à cet endroit précis qu’elle arrive, quand le soleil est à l’horizon, affaibli, il va bientôt disparaitre, il est au loin et n’aveugle plus, creusant de nouveaux sillons de couleurs dans le ciel, élargissant sa palette, nuançant la réalité, c’est à ce moment précis qu’elle arrive, quand il a rejoint la ligne de l’horizon et que ses rayons ne Continuer la lectureL#1 | C’est à cet endroit qu’elle arrive→

P#1 les cœurs plus larges que les chambres

les lits qui tapissent la chambre

Mes chambres d’enfance ont été nombreuses, on a beaucoup voyagé, on a dû beaucoup voyager. Les chambres de mon enfance étaient souvent peuplées, des matelas à même le sol, parfois des couvertures comme mille feuilles pour tromper le corps, amortir la dureté du carrelage, en rang d’oignons, beaucoup de femmes autour de moi, parfois des garçons très jeunes, et beaucoup Continuer la lectureP#1 les cœurs plus larges que les chambres→

La nuit, je rends mon esprit

La forme avance sur la couette et je retiens mon souffle. Il doit avoir le visage de Morq, avec son oeil rouge. Il ne peut avoir que le visage de Morq. Il faut qu’il ait un visage. Au dessus ma soeur dort. Je met la couette sur mon visage. Dans le sous-sol, ce vieux canapé lit pour les enfants et Continuer la lectureLa nuit, je rends mon esprit→