#L8 Chausey

Les réflexions du matin ont décidé du sort de la journée de Bé. Balade, et plongée dans le journal. Balade et repas en même temps. Huîtres sur place. Le couteau sera bon pour repasser sur la pierre. Mais les huîtres, elle n’en mange que comme ça : sur place, avec une moitié de la coquille qui reste collée sur le Continuer la lecture#L8 Chausey

#L8 – Pariétal

H Horaires d’hiver, de printemps et d’été  les saisons sont biffées au cutter et  le mur de l’abribus s’effrite. Il scrute le mur, la truelle a gâché sans lisser : pointes dures, cailloux amalgamés, sillons; mur qui se hérisse, se creuse, se troue et dans leur cadre les horaires jaunis : les chiffres déchirés à la lame — 08H45 le lundi Continuer la lecture#L8 – Pariétal

Reprendre

Reprendre ce que j’ai sous la main, en moi, à  disposition, préparer une trame, de septembre à juillet, une année d’école pour ceux qui n’y sont pas, organiser, m’organiser, trouver les gens, retenir les fondamentaux, ça remonte à loin, le préfabriqué, le petit bureau, l’arrivée en salle de réunion, les deux yeux noirs perçants, si tu es ici ce n’est Continuer la lectureReprendre

#L8 Révélation d’ordre existentielle émanant du nappage d’un carrot cake par un après-midi si chaud qu’on a allumé le ventilateur à palettes

Repas de famille. La mère (71 ans), la soeur 1 (53 ans), la soeur 2 (51 ans), la soeur 3 (47 ans). Salon de la soeur 2. Il fait chaud. Les quatre femmes en tenues d’été sont assises autour d’une table ronde. Au-dessus de la table, un ventilateur à palettes. Bruit du ventilateur à palettes. La soeur 2 se lève Continuer la lecture#L8 Révélation d’ordre existentielle émanant du nappage d’un carrot cake par un après-midi si chaud qu’on a allumé le ventilateur à palettes

#P8 Toi

Tu es née au siècle dernier, tu étais un joli bébé, en bonne santé, plein de vivacité, la sœur de tes frères, tout allait bien. Tu étais tant attendue: « Lorsque l’enfant paraît le cercle de famille applaudit à grands cris », ils t’ont fêtée et le prénom qu’ils t’ont choisie raconte cela. Tu aimais l’école, les copines, les livres d’aventure, écrire Continuer la lecture#P8 Toi

#L5 Décalcochaos

Elle a les yeux verts ou gris, seul le ciel sait, le front bombé, les pommettes hautes, les lèvres hydratées à la crème de huit heures, les attaches fines, un pas de moineau. Elle ne veut pas qu’on sauce l’assiette avec le pain, qu’on boive l’eau à la bouteille. Elle empoigne le croupion de poulet dans le plat familial, son Continuer la lecture#L5 Décalcochaos

#P8 Le nu assis sur un sac poubelle

Tu es nu, la tête penchée, les yeux ouverts, assis sur un sac poubelle, coincé entre deux containers. Au début tu habites Bordeaux où tu y fais tes études de médecine. Tu te spécialises en chirurgie cardiaque. Pendant tes études tu es sérieux et relativement apprécié par tes confrères. Tu déménages un jour, presque soudainement. Tu brouilles un peu les Continuer la lecture#P8 Le nu assis sur un sac poubelle

L #1 — quelqu’un arrive quelque part

Épuisée — Mettre un pas dans un pas — Une chaussure devant l’autre — Épuisée par son trajet — Il fait encore chaud sur la place — Fourbue par ce voyage en train interminable — Des heures sont passées — Elle arrive sur la place — Le soleil rase de très près les montagnes — Endolorie — Douloureusement les derniers rayons — Mettre un pied encore devant l’autre — La ville est bien éloignée maintenant — Son mauvais sommeil — Elle a mal partout — Surtout au dos et aux Continuer la lectureL #1 — quelqu’un arrive quelque part

#P9 Au nom du père, du fils, du singe et du vélo.

A vue d’œil le format est de quatre centimètres sur six, ou peut-être un peu moins. Comme les photos qui sortent du Polaroid®, c’était possible, mais on ne peut pas sortir la photo pour vérifier la date et voir si cela coïncide avec ce qui est écrit sur Wikipédia à propos des Polaroid®, ni savoir quel serait le modèle de Continuer la lecture#P9 Au nom du père, du fils, du singe et du vélo.