COUCHER DE SOLEIL

La lumière du jour descend et entraîne avec elle le niveau de réalité. Tout s’estompe. L’angoisse se diffuse comme un voile dans les moindres recoins de l’être. Souvent, le soir, l’angoisse se propage comme la lumière pâle du coucher de soleil s’étend dans le ciel, derniers rayons qui nouent le ventre, la respiration s’accélère, jambes flageolantes, parfois des douleurs à Continuer la lectureCOUCHER DE SOLEIL

# L6 – Modes d’emploi

Je suis d´un autre pays que le vôtre, d´un autre quartier, d´une autre solitude. Léo Ferré – La solitude Marcher. Compter. Se vider des images du monde. Se vider de toute compassion, de toute empathie. Marcher. Compter. Numéroter les pas. Mesurer le temps écoulé à marcher. Deux-cent quatre-vingt-sept, deux-cent quatre-vingt-huit, deux-cent quatre-vingt-neuf… compter dans l’ordre et aussi dans le désordre. Continuer la lecture# L6 – Modes d’emploi

#L5 Renaissance

Lire au-delà, dans un commencement perpétuel d’une nouvelle histoire qui est peut-être toujours la même.L’énigme commence et nous tient au corps. Ça fait comme une chatouille. Je m’ébroue un peu par réflexe avant de me demander d’où cela peut venir. A la surface il y a bien sûr la moto qui vient de s’arrêter et un jeune homme qui s’arrête, Continuer la lecture#L5 Renaissance

#L4 – Sentimenthèque, une vie immatérielle et pourtant ils sont bien là.

Commencement par le milieu. Entre les étagères et les cartons. Ceux qui sont sous la main et ceux qui ont disparu. Les livres. D’Azam, la langue écorchée vive vite s’fraye un chemin parmi les voix-magnétophones à enregistrer ce qui nous hante et puis s’oublie, performance d’après-midi, d’un coup le noir complet, souvenir intact là même si performance non retrouvée. De Continuer la lecture#L4 – Sentimenthèque, une vie immatérielle et pourtant ils sont bien là.

# L 6 Quoi Qui Rémi

Assis dans le fauteuil jambes repliées sous lui, Rémi lit son magazine. Il aurait bien aimé travailler auprès de chevaux. Il aurait aimé les brosser. Vous ne le savez pas mais il occupe un emploi de manutention. Il emballe toutes sortes d’objets fabriqués pour la coiffure et notamment des perruques. Les fils sont synthétiques et de bonne qualité, d’ailleurs ils Continuer la lecture# L 6 Quoi Qui Rémi

#L5 | comme une étincelle

[un instant ramassé dans un éblouissement (le silence l’enrobe avec cette force invisible des jours sans lendemain)] Tout en elle frissonne et dans ce moment incertain aux teintes irisées, fusionnelles, c’est comme une étincelle, un fil conducteur, une union entre le passé et le présent, une propagation d’un tout où rien ne viendrait perturber le silence qui s’ensuit et s’installe Continuer la lecture#L5 | comme une étincelle

#P5 | reflet intime

là et ailleurs, absence du lieu, désistement du dehors, explosion du dedans et au bout du bout quelque chose qui ressemblerait à du soi en soi  tout cela progresse pour ne pas s’achever, ne reste en alerte que la rupture du point d’impact comme si rien n’existait autour et dans un coin se développe le dialogue effréné des heures en Continuer la lecture#P5 | reflet intime

#L6 | Autre solitude, d’enfant

LA PETIOTE Pas de papa, pas de maman. Grand frère au voisinage et la renarde des landes pour veiller sur mes rêves. La vie est là, je crois bien. La vie court toute seule dans les ruelles pavées de pierre, dans les landes à genêt, dans les prés qui bordent la mer. Jour après jour s’invente un monde bien à Continuer la lecture#L6 | Autre solitude, d’enfant

#P6 Aujourd’hui en friche

DimancheL’ancien petit potager si bien ordonné, avec ses massifs carrés cernés de bois, est aujourd’hui en friche. Plus aucune trace de la coriandre, du persil, des tomates, courgettes, poivrons, aubergines ; les herbes hautes, sèches ont tout envahi. Reste l’odeur de curry de ces plantes qu’on trouve habituellement sur les dunes au bord de l’océan et dont j’oublie constamment le Continuer la lecture#P6 Aujourd’hui en friche

#L6 | La dérision de vivre comme un mot entre parenthèses

L’homme Réveil difficile. Il s’est endormi de longue lutte, nuit agitée de rêves aux images insoutenables, d’une violence rare. Il se réveille en sursaut avec l’impression désagréable de s’être assoupi quelques minutes plus tôt, tendu, la nuque raide, les membres endoloris, des cernes sous les yeux. Une épreuve. Son bras glisse, hésitant, entre les draps tièdes, pour s’étirer et déplier Continuer la lecture#L6 | La dérision de vivre comme un mot entre parenthèses