#enfances #04 | Le temps du lait chaud et du gâteau de semoule fait maison

Dans le regard de ma mère passait un éclair d’inquiétude qu’elle enfouissait rapidement au fond d’elle-même. Dans ces moments-là, elle se pinçait les lèvres sans s’en rendre compte. Elle ne disait rien, elle questionnait à peine. Elle s’approchait armée de son thermomètre au mercure et si nécessaire devenait « la reine du suppositoire1 ». Elle s’asseyait, gardait le dos droit contre le Continuer la lecture#enfances #04 | Le temps du lait chaud et du gâteau de semoule fait maison

#enfances #05 | Ce qui était merveilleux

Le contact de la truffe chaude et humide sur la main, le coup de langue inopiné, et enfouir la main dans le pelage. L’odeur du rouge à lèvre de ma mère quand elle m’embrasse. Marcher sur la pointe des pieds, comme une danseuse. Sentir le vent dans les cheveux en faisant de la balançoire, et se dire c’est comme dans Continuer la lecture#enfances #05 | Ce qui était merveilleux

#enfances #05 | le déroulé tel quel

Dans cette petite paume, l’eau scintillante du lac d’Armainvilliers Descendre les marches immergées  Nervures de la feuille de magnolia quand la chair est partie : squelette de dentelle Seule avec le rêve qu’on ne raconte pas Toutes les voix autour de la table chaude et le biscuit rose trempé dans la mousse du champagne Les pommes de terre cuites dans la Continuer la lecture#enfances #05 | le déroulé tel quel

#enfances #05 | vous étiez si beaux

j’enlève les petites roues tu vois tu ne tombes pas l’odeur entêtante des troènes attire les gros hannetons qui ronronnent en volant les raisins roulent sur le trottoir, échappés du cabas de la vieille dame qui est tombée d’un coup et que tu ne reverras plus. en surplomb du lac aux bateaux bleus, le sourire du couple si beau, ton Continuer la lecture#enfances #05 | vous étiez si beaux

#enfances #05 | émerveillements dans leur ordre de réapparition

de ces petits cailloux de toutes les couleurs qui ne s’allument qu’au bord de l’eau de ces pierres précieuses entre les galets qu’on ne sait pas encore qu’elles sont du verre roulé rouges au milieu des blés ? co-que-li-cots le rare passage d’un train de marchandises sur la petite ceinture désaffectée des hommes et des femmes en mousse dans les Continuer la lecture#enfances #05 | émerveillements dans leur ordre de réapparition

#enfances #05 | volatile

Sa beauté plus grande que le ciel qui se penche pour te murmurer à l’oreille L’odeur de ses bras l’été et celle de l’automne qui t’enveloppe sous son manteau L’album avec une grosse tête et le corps tout petit et on te dit : c’est toi L’album avec les têtes très grosses et les corps tout petits et on te dit Continuer la lecture#enfances #05 | volatile

#enfances #04 | la maison malade

Codicille : Le premier paragraphe répond à la proposition #4. Le second provient du cycle #40jours. Le troisième, du prologue du cycle en cours. Cet assemblage s’est proposé. Je ne m’y suis pas opposée. La maison est malade. Elle bouille du dehors et dedans glacée. La pluie brûlante coule par le toit du grenier sur les malles et les bobos, Continuer la lecture#enfances #04 | la maison malade