#Été2023 #05-bis | John, John, John, John

John, c’est celui que les autres utilisent systématiquement comme bouc émissaire, juste à cause de son prénom, ils l’appellent l’Angliche. Les enfants sont cruels entre eux. Je suis souvent obligée de me fâcher pour remettre un peu d’humanité dans leur comportement. J’en suis désolée pour votre fils, mais lui ne se défend pas, il s’isole, se referme. Alors ça énerve Continuer la lecture#Été2023 #05-bis | John, John, John, John

#été2023 #07bis | pas dit

Cette pièce aveugle pas plus grande qu’un cabinet d’aisance (trois mètres sur trois mètres sur trois mètres ) : la loge où tu te pares. Celle-ci ou une autre qu’importe. Tu as beau te poudrer, t’oindre, te farder, l’odeur vient avec la peur. Le corps exsude. La peau sue. Viande. Vase. Mort. Pour conjurer la peur tu t’inventes un mystère. Continuer la lecture#été2023 #07bis | pas dit

#été2023 #07bis | Votre sillage animal

C’était toute une ménagerie que vous accueilliez au 2514 Lakewood. Chats, chiens, oiseaux, les vôtres et tous ceux du quartier, les tatoués comme les sauvages, avec un œil, toujours, sur les estropiés et les mélancoliques. Vos poches étaient pleines de graines et de croquettes. Votre cuisine, en particulier dans la touffeur de l’été 81, sentait la nourriture déshydratée, le caca Continuer la lecture#été2023 #07bis | Votre sillage animal

#été2023 #07bis | À une passante

Je n’ai pas assez parlé de cette odeur. « A quoi bon d’ailleurs ? », me suis-je soufflé, « ça reviendra ou non… une odeur, ça ne se conduit pas ». J’ai rouvert les yeux et dehors la pluie formait un rideau opaque. Ce n’est donc pas par un acte de volonté que je l’ai fait. J’étais comme tiré par la main, non par Continuer la lecture#été2023 #07bis | À une passante

#été2023 #07 | S’appartenir

S’appartenir. Le vilain mot placé caillou pointu sous la chaussure de celui ou de celle qui marche si loin si long sans trop savoir pourquoi, juste mu mue par une envie qui coule de lui d’elle, filet sinusoïdal de projections informes sur le monde ou bien un monde à découvrir / à construire pierre à pierre dans l’intervalle béant d’une Continuer la lecture#été2023 #07 | S’appartenir

#été2023 #07bis | Interstices

Je n’ai pas assez parlé de cette odeur, ce parfum d’épices au sortir du souk, des effluves comme des échos, émanations diffuses qui lentement s’évanouissent dans le T shirt roulé en boule. Une légère odeur de tabac froid imprègne la pièce, aussi, senteurs de cuir et de rose, fragrance chimique du gel douche, fruit de la passion, vanille, patchouli, odeur poivrée et Continuer la lecture#été2023 #07bis | Interstices

#été2023 #07bis | L’odeur du diable autiste

Je n’ai pas assez parlé de cette odeur. Tonton Odilon était le diable et si le diable avait une odeur il aurait l’odeur des oignons fris mélangés à l’ail, au concombre et aux piments. Je détestais la cuisine de Tonton Odilon. Elle était comme son caractère, brutale. Il mélangeait dans une casserole tous les légumes qui pouvaient lui tomber sous Continuer la lecture#été2023 #07bis | L’odeur du diable autiste

#été2023 #07bis | terre mouillée

Plus que l’odeur c’est la chaleur, l’autobus chauffé à blanc, soleil au zénith. C’est l’odeur de son adolescence, ce n’est que plus tard, sous d’autres latitudes, dans d’autres autobus qu’il pensera odeur, quand il n’y en aura plus, qu’il n’y aura plus que celle des après rasages, des déodorants des parfums aspergés pour éloigner, détruire l’odeur des corps. Mais là, Continuer la lecture#été2023 #07bis | terre mouillée

#Ateliers d’été 07bis# Maréchal nous voilà !

/ C’est l’odeur qui nous attire tous vers la rue, en plein déjeuner, comme un plat oublié sur le gaz… La corne. La corne brûlée des sabots que les pailles de litières ont enrichie des puanteurs organiques, la terre du labeur de ses accords lourds. Le percheron gris pommelé est attaché à l’anneau du maréchal. Les aides ont passé de Continuer la lecture#Ateliers d’été 07bis# Maréchal nous voilà !