#anthologie #20 l La pellicule des mythes

Tu es tout l’inconnu assemblé en un seul corps. Ce corps gracile. Ces bras immenses où jouent l’enfant qui te sourit. Cet enfant main sur la bouche où retentit ton cri. Un cri de mère planté à la racine des dents. Ce cri d’enfant qui dit maman n’est pas le tien. Pourtant il est le sang qui enfante l’autre mais Continuer la lecture#anthologie #20 l La pellicule des mythes

#anthologie #24 | le groupe apaisé 

Ils dormaient — et pour une fois ils n’étaient pas simplement allongés écrasés au sol voulant l’épouser  ne le pouvant mais ayant sombré en lui tout de même désireux de se perdre mais avec un rien de tension dans l’épaule ou le cerveau prêt à la défense, ils dormaient vraiment. Ils n’étaient plus là ou le monde n’était plus là Continuer la lecture#anthologie #24 | le groupe apaisé 

#anthologie #24 | prélude, notes

Le premier, les pieds dans les glaïeuls, dort : celui du val est mort. Mon second est une phrase, « To die, to sleep ; to sleep, perchance to dream. », si tu rêvais encore de quels fils seraient tissés tes songes. Vient la somnambule, blanche dans sa robe de nuit et le rouge à sa main : Lady pleine Continuer la lecture#anthologie #24 | prélude, notes

#anthologie #23 | J’ai suivi la piste des cafards

J’ai suivi la piste des cafards derrière le tiroir de la cuisine, celui où on remise les objets qu’on ne sait pas mettre ailleurs, la lampe de poches, les gros élastiques, une fève en porcelaine en forme de roi mage, des bougies d’anniversaire ou les piles 1,5 V. Plus bas, en descendant le long des tuyaux d’eau chaude, on arriverait Continuer la lecture#anthologie #23 | J’ai suivi la piste des cafards

#anthologie #19 | La partie de pêche

rien ne distingue les souvenirs des autres moments la rivière recouverte de lentilles à Ardillères, si denses qu’on croirait du sol en dur les cèpes sur le sentier du bois, énormes, étourdissants de volume, si bien qu’on avait d’abord pensé qu’il s’agissait de souches d’arbres échouées à même le chemin la rivière et la canne télescopique, jaune, du grand-père qui Continuer la lecture#anthologie #19 | La partie de pêche

#anthologie #18 | photos

Pochette verte à photos
Livrets de famille, cartes d’identité, carnets militaires, actes de décès, lettres, photos d’identité, photos de mariage, photos de repas de famille, peu nombreuses finalement, venues d’un temps où l’on ne possédait pas soi-même un appareil photo. Des traces à partir desquels reconstruire des vies avec des mots. 

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#anthologie #21 | Et plus personne pour me le dire

Maurice Il a perdu sa fille quand elle avait vingt ans (1) en 1948 (2) après la guerre il habitait encore dans le Nord. Personne ne parlait de cette jeune femme sur la photo encadrée dans le salon on m’a peut-être dit qu’elle s’appelait Liliane je trouvais que ça lui allait bien qu’elle était belle comme une actrice avec sa Continuer la lecture#anthologie #21 | Et plus personne pour me le dire

#anthologie #16 | Une recherche impromptue

Jacques a 72 ans. Bedonnant, il a le cheveu clairsemé, et arbore souvent un air jovial. Il n’est pas très bavard. Aujourd’hui, il semble soucieux. Le père et le fils se sont donné rendez-vous dans une brasserie proche du travail d’Elias pour déjeuner. Jacques a tant de choses à dire, mais il se trouve toujours empêché de le faire. Les Continuer la lecture#anthologie #16 | Une recherche impromptue

#anthologie #23 | quatre ampoules, deux bananes et une boîte pour le chat

À droite rue D’Orsel, à quelques pas du premier, il y en a un grand, je n’y suis jamais entrée. Ma mère préfère le premier : Celui de l’angle est un vrai piège à touristes qui affiche des prix aberrants, en plus la moitié des produits se trouve en sous-sol et l’ascenseur est toujours en panne, avait dit ma mère; Continuer la lecture#anthologie #23 | quatre ampoules, deux bananes et une boîte pour le chat

#anthologie #10 | à l’ombre

Elle a 36 ans. Un mari aimant. Deux enfants déjà grands. Elle vit à Lyon. Ses yeux se mettent à rougir, à suppurer. Elle souffre d’une kératite aigue et ne supporte plus la lumière. Nous sommes à quelques jours de la date de sa mort et de sa naissance. J’ai peur de sortir dehors en plein lumière, en pleine chaleur. Continuer la lecture#anthologie #10 | à l’ombre