#rectoverso #10 | questions

des feuilles d’aulne glutineux pas encore automnales, tombent lentement vers la surface de la mare couverte de lentilles d’eau. En touchant cette immobilité végétale et fragile, elles tracent de ci de là des trous plus sombres qui semblent des yeux agrandis genre filles tiktok. Et moi qui voudrais tant voir ce qui se passe au fond de l’eau, c’est moi Continuer la lecture#rectoverso #10 | questions

#rectoverso #09 | En cabane, en cabine

En cabane Des lentilles, Damien en faisait souvent. Il variait les couleurs, vertes, noires, corail ou celles qui n’avaient pas de nom particulier, plus grandes, un vert un peu jaune, un kaki délavé. Il commençait toujours par les laver, les tremper un peu puis des oignons, de l’ail et du gingembre, les épices, les légumes de saison et ensuite les Continuer la lecture#rectoverso #09 | En cabane, en cabine

#rectoverso #8 | awase

Quand sa main saisit mon poignet – katate dori – la peau légèrement rugueuse de sa paume me surprend toujours. Si je laisse sa saisie s’installer un peu, ce contact imprime dans mon corps un souvenir inclassable. Je crois percevoir au creux de sa main une dureté et une force que son attitude de pratiquant dément. Tout en lui exprime Continuer la lecture#rectoverso #8 | awase

#rectoverso #07 | Dallas & Magnolia Crest

DALLAS Le fait que le révérend Martin Luther King Jr et la NAACP ont organisé un meeting à Dallas en janvier 1963 le fait que personne à Dallas ne souhaitait sa présence le fait qu’aucune église noire n’a voulu le recevoir le fait que des protestataires l’ont comme J.E. Hoover accusé d’être communiste le fait qu’il aurait pu être assassiné Continuer la lecture#rectoverso #07 | Dallas & Magnolia Crest

#rectoverso #08 | à rebours le personnage

Et j’ai vu dans la pièce les hommes en retrait ou attablés, leurs visages concentrés pour écouter cette voix qui ne parlait pas même la langue d’ici, j’ai vu le visage défait et les vêtements arrachés de l’homme derrière qui tous s’étaient rangés. J’ai vu ce qui ne peut être compris, comment des hommes qui ont déjà tout perdu dans Continuer la lecture#rectoverso #08 | à rebours le personnage

#rectoverso #09 | le cellier, le tablier défraîchi et la cuisine à angelots

On avait coutume de parler du cellier. On ne sait pas trop si ce mot procurait plus d’effroi ou d’émerveillement. Normalement c’est là qu’on range les provisions. Il avait vu ça plusieurs fois chez des copains, de belles étagères à conserve, des cagettes à patates…Chez lui, il ne se rappelle pas y avoir vu autre chose qu’un énorme congélateur-coffre interdit Continuer la lecture#rectoverso #09 | le cellier, le tablier défraîchi et la cuisine à angelots

#rectoverso #10 | Babudu s’éveilla

il venait de commencer à exister après l’épuisement apparent d’une autre vie qui avait duré vingt-deux ans. Tout de lui s’était écroulé dans une case carrée dans la concession Lykunda, village de Sabi le lit en était profond, au matelais épais, tout pour confirmer la sensation d’enfoncement et de resurgissement. La case carrée avait une petite fenêtre, carrée elle aussi, Continuer la lecture#rectoverso #10 | Babudu s’éveilla

#rectoverso #09 | Manger pour vivre

Dans la cuisine en formica qui collait les cuisses, la bouille tout juste à hauteur de la table. Si elle coupait la radio avant de servir nos deux assiettes, si elle disait : « Cellule de crise, riz ou pâtes ? », on était au milieu du mois à la belle saison. Le studio sous la maison avec ses plâtres, ses bâches et son Continuer la lecture#rectoverso #09 | Manger pour vivre

#rectoverso #07 | C’est décourageant le sable

le fait que je n’y arriverai jamais même s’ils me disent : bien sûr que tu vas y arriver on y croit le fait que ce « on » glissé dans la conversation est fourbe qu’il est impossible de lui faire confiance puisque je ne sais pas qui parle derrière ce « on » le fait que ce « on » Continuer la lecture#rectoverso #07 | C’est décourageant le sable

#rectoverso #09 | Cendres, gratin, trous

RECTO Dans cette chambre, en hiver, je défais les livres, page par page. Ma valise, sur le lit, remplie de ceux que l’on s’apprêtait à jeter au pilon. Je les sors un par un, le les range en piles selon l’aspect de leur couverture. Le cuir, je m’en débarrasse. Je sépare les couvertures rigides et les couvertures souples. Les pages Continuer la lecture#rectoverso #09 | Cendres, gratin, trous