#anthologie #23 | Pause fictionnelle

Arrêt au feu rouge. Un taxi marche sur ses quatre roues, le verbe rouler a été supprimé du dictionnaire. On ne roule plus, on marche. Le taxi marche tranquillement suivi d’autres véhicules qui marchent eux aussi tranquillement. Les roues n’existent plus depuis que le verbe rouler a été supprimé. Plus de véhicules à roues. Plus de vélo, plus de motos, Continuer la lecture#anthologie #23 | Pause fictionnelle

#Anthologie #21 | In her footnotes

(J’annote le texte issu de la proposition #11) À l’interne, c’est quoi retourner, c’est comment, il faut emprunter quelles traverses Dans la forêt obscure,arrivée au milieu du chemin de ma vie si je plonge en arrière (1) et pourquoi la mémoire ne serait pas une nuit, un crépuscule du vivant toujours à l’orée du disparaître Mais là c’est plus délicat, Continuer la lecture#Anthologie #21 | In her footnotes

#anthologie #24| Elle dort

Elle dort, elle a déposé son fardeau, sa journée lourde de trop de tout, elle n’a plus mal, elle se repose enfin. Les discussions continuent sans elle, l’eau-de-vie coule dans la gorge des assoiffés, les batailleurs de la parole, elle ne les entend plus, enfin elle se repose, elle dort les yeux clos sur ses rêves de tranquillité loin de Continuer la lecture#anthologie #24| Elle dort

#anthologie #22 I rien n’a changé… ou presque

Venelle qui grimpe le long d’une forêt sombre, mais pas suffisamment sombre pour faire fuir le bleu intense des jacinthes des bois. La dernière fois que je l’ai empruntée, seule, le mois dernier, j’ai mis du temps à atteindre le petit cimetière à l’orée du bois, le sol de terre et de pierres était raviné par des pluies récentes et Continuer la lecture#anthologie #22 I rien n’a changé… ou presque

#anthologie #23 | le cimetière de palerme

L’eau est cristalline, vert émeraude vers la côte elle tourne au bleu profond au large. Le soleil est au rendez-vous. La ligne de la côte est déchiquetée, si on ne regarde qu’elle on perd les repères.  On y voit l’insouciance d’une plage des Caraibes. On dirait des vacances. Sous l’eau les galets s’entassent les unes sur les autres, claires du côté Continuer la lecture#anthologie #23 | le cimetière de palerme

#anthologie # 24 | dans la grange

il avait fini par s’assoupir à même le foin | sur le dos | dans la grange où il l’avait attendue longtemps en vain | regardant s’enfuir le jour | les yeux dans la charpente | les bruits de la nuit murmurant à travers les planches disjointes | la lueur de la lune estompant les aspérités des murs grossièrement crépis Continuer la lecture#anthologie # 24 | dans la grange

#anthologie #21 I trop

1 — sur les cauchemars dont j’ai dit que si je m’endormais vers le mur je rêvais d’invasions de fourmis, et que vers l’armoire c’était les vols cataclysmiques d’insectes non identifiables, j’oublie une catégorie de cauchemars à cause du petit nombre, deux ou trois, d’exemples dans ma mémoire, si peu mais si intenses : le rêve d’un animal de compagnie, Continuer la lecture#anthologie #21 I trop

#anthologie #24 | L’hôtel endormi

E me fait miroiter le luxe des chambres de l’hôtel Palazzo Donizetti du nom du compositeur Giuseppe Donizetti instructeur général de la musique impériale ottomane à la cour du sultan Mahmud II. Nous sommes à Sishane. Il a voulu fêter notre départ et se faire pardonner les heures de marche que j’ai enduré en m’offrant de me vautrer dans le Continuer la lecture#anthologie #24 | L’hôtel endormi

#anthologie #23 | mur

Au début, on gratte avec l’ongle, on détache un petit bout et on tire le plus délicatement qu’on peut, un lambeau vient, puis un autre, le geste se précise, on déchire avec soin, des lanières de plus en plus régulières, du bas vers le haut, de longs lambeaux, ici un imprimé de fleurs. On déchire, vient la couleur, vole la Continuer la lecture#anthologie #23 | mur

#anthologie#21#1978 auto-annoté

Printemps (1) dix neuf cent soixante dix huit, assise avec tous les autres lycéens de Lannion (2) sur la place du Marc’hallac’h (3) nous protestons contre les responsables du naufrage de l’Amoco Cadiz(4).  Printemps dix neuf cent soixante dix huit, dans le garage de Catherine  (5) aménagé en salle de jeu avec Isabelle qui possède un tourne disque (6) à elle Continuer la lecture#anthologie#21#1978 auto-annoté