#photofictions #08 | Traces de N

Le projet consiste à recouvrir la totalité du très grand espace mural proposé avec des carreaux blancs standards d’au moins 30 par 30 cm. On se procurera les premiers prix chez un grossiste en bâtiment pour moins de 10 euros le m². Sur les quatre murs, j’inscrirai à hauteur d’homme, en très grosses lettres manuscrites et à la bombe aérosol de Continuer la lecture#photofictions #08 | Traces de N

#photofictions #07 | Tu as pris la première photo

C’est toi qui as proposé je crois. Pas souvent que nous, tous les trois sur une photo. Un peu compliqué à cette époque de l’argentique et des retardateurs automatiques sans trépied. Toi derrière le viseur. Elle, entre nous deux, avec dans ses bras, l’enfant. Tous les quatre debout devant l’étang, la lisière en arrière-plan. C’est l’automne, l’enfant a le visage Continuer la lecture#photofictions #07 | Tu as pris la première photo

#40jours #double | entre deux eaux sombres

J’arrive au milieu du pont, exactement-là où on m’a indiqué. Depuis longtemps, j’ai arrêté de venir avec un bouquet ou une de ses fleurs préférées. J’empoigne le parapet d’acier, j’avance le buste et je me penche au-dessus des eaux sombres. On ne voit rien. Pourtant je le sais, on me l’a dit, ils sont là. Ils sont là ces gros Continuer la lecture#40jours #double | entre deux eaux sombres

#40 jours #37 | Au pont

Pourquoi ? Pourquoi remuer ça encore ? Pourquoi ne pas tourner la page comme les autres ? Ils ont dit on oubliera pas, impossible, jamais, mais continuer à vivre, à survivre. Pour toi, non. Tu sais exactement où. Ils t’ont indiqué, montré. Au début, avec un bouquet ou une fleur de ses préférées et puis, ces regards sur toi, leurs regards d’eux dégoulinants Continuer la lecture#40 jours #37 | Au pont

# 40 jours #33 | Effroi de toi

Inquiet de tout, tu t’isoles, tu te retires, tu te replies, tu fais sécession, tu te retranches, tu te recroquevilles. Inquiet de toi. Tu renonces, tu tues l’espoir, tu n’y crois plus, tu ne veux plus, tu ne peux plus, tu n’en peux plus, tu préfères ne plus, tu préfères ne pas. Dégoût de toi. Tu pars, tu quittes, tu Continuer la lecture# 40 jours #33 | Effroi de toi

#40 jours #31 | Le retour du gros œil*

Dans ce film noir et blanc, le gros œil traverse la nuit de la ville. La nuit et l’hiver de la ville. Il s’engouffre dans les lignes droites des rues. Il les survole à quelques encablures du sol. Un regard à gauche, un regard à droite. De chaque côté, les façades des immeubles défilent avec parfois la tâche blafarde d’une Continuer la lecture#40 jours #31 | Le retour du gros œil*

#40jours #23 | elle marche, elle hurle, tout droit

Elle marche.Elle marche tout droit dans l’aube grise de ma ville. Dans l’aube grise de ma ville, personne ne semble la voir. Personne ne semble la voir parmi les rares passants qu’elle traverse, cette petite gosse perdue dans ses vêtements avec ce poisson qu’elle transporte. Ce poisson qu’elle transporte serré tout contre elle, il a de gros yeux jaunes. Ces Continuer la lecture#40jours #23 | elle marche, elle hurle, tout droit

#40 jours #19 | Attente pont

Arriver en avance. S’arrêter côté droit, presque au milieu de son arche unique d’une bonne soixantaine de mètres pour vingt de large. S’adosser au parapet d’acier et de gros boulons. Nappes grises de la peinture antirouille. Interrompre là ce mouvement de passage pour traverser d’une rive l’autre. Se placer volontairement en retrait du flux. Attendre. Ils traînent pas les derniers Continuer la lecture#40 jours #19 | Attente pont

#40 jours #17 | Vies passées à ça

Passé sa vie professionnelle à ça : préposée au vestiaire de la piscine municipale. Derrière son comptoir, récupérer les paniers de plastique rouge avec le bas en forme de casier pour les chaussures et le haut en forme de cintre pour les habits. Les ranger sur le portique derrière. Quand ils reviennent de leur baignade, leur rendre en échange du petit Continuer la lecture#40 jours #17 | Vies passées à ça

#40jours #14bis | pour elle

Je sais que c’est fini. Je l’ai su il y a longtemps. Bien avant. Je l’ai su avant eux c’est certain. L’été dernier, soudain. Quand le jour se levait. Je n’ai rien dit. J’ai su. J’ai continué pourtant. Comme ils voulaient. J’ai fait tout. Comme ils le voulaient. J’ai accepté de perdre beaucoup pour renaitre un peu. J’ai tout donné. Continuer la lecture#40jours #14bis | pour elle