#construire #08 | Pont de pierre

Du plus fort, du plus loin dont tu te souviens, depuis ton arrivée à Bordeaux dans les années quatre-vingt dix du siècle dernier, le pont de pierre, souvent croise ton chemin lors de tes pérégrinations dans la ville. La première fois que tu l’as vu, seul le haut des arches était visible, résultat des grandes marées, on t’avait dit. Ce Continuer la lecture#construire #08 | Pont de pierre

#construire #04 | Variation

Tu traînes. Tu imagines un algorithme définissant les rues, les quartiers, les immeubles, les mettant en réseau, les séparant les uns des autres : les quartiers connectés, les quartiers fracturés, les rues-monde, les rues-intermodales, les rues-compost, les façades intelligentes, les façades béates, les façades dépierrées, les fenêtres recyclées. Tu longes les petits kiosques à recharger son portable en pédalant, des trottinettes Continuer la lecture#construire #04 | Variation

#histoire #06 | Voyage Voyage

On est au dernier étage d’un hôtel. On boit des cocktails de saké sucré salé. On danse. On a chaud. On jouit. De la vie. On est sur une route nationale. On nargue les platanes on est musique à fond. On est rires et insouciances. On jouit. De la vie. On est dans un bal du samedi soir. On s’enivre Continuer la lecture#histoire #06 | Voyage Voyage

#histoire #04 | Du bon usage des paroxysmes

Flash-back. Extirper d’un tiroir un carnet Moleskine noir format 9×14. Feuilleter rapidement pour retrouver l’année de celui-ci et laisser tous les autres enfermés dans l’obscurité et l’oubli. Ce qui y est écrit remonte à presque vingt ans.  Sur les trois premières pages je relie des notes sur une conférence d’un maître tibétain. Depuis, je me suis débarrassée de tous ses Continuer la lecture#histoire #04 | Du bon usage des paroxysmes

#rectoverso #11 | remonter le courant vers le livre latent

J’ai saisi un fragment de phrase de la proposition de François « avoir nous-même à remonter vers un livre existant mais inconnu, qui toutefois nous précède. »  pour aller vers ces Gestes pour remonter le courant jusqu’au livre latent, existant mais inconnu, qui pourtant me précède Continuer la lecture#rectoverso #11 | remonter le courant vers le livre latent

#rectoverso #11 | Les choses de l’endroit et les choses de l’envers

Codicille : Je me trouve à la piscine, en compagnie de ma nièce Iris, et elle vient de me demander d’aller chercher au fond du bassin le bracelet qui ferme son casier, car il s’est détaché de son poignet. En recto, j’ai son rire, ses yeux exigeants, en verso, je glisse dans le silence et la semi-obscurité de l’en-dessous. Plus Continuer la lecture#rectoverso #11 | Les choses de l’endroit et les choses de l’envers

#rectoverso #7 | le fait que si ça continue

Le fait qu’il est tôt et que je suis déjà debout, le fait que je bois un café censé me réveiller, le fait que j’écoute la radio en me préparant, le fait que comment aller travailler après avoir écouté la radio, le fait que toutes ces horreurs, ces massacres, ces compromissions, le fait que ça donne plutôt envie de se Continuer la lecture#rectoverso #7 | le fait que si ça continue

#rectoverso #06 | Toute une vie.

«l»                                  RECTO. J’ai mis du temps à me faire. Le certificat et basta, après c’était la ferme. Comme les parents et comme mes frères et sœurs et puis l’armée où j’ai connu ce premier et seul copain. On ne parlait pas beaucoup à la maison, ça m’est resté. Par contre, je ne suis pas resté paysan, je sentais que c’était Continuer la lecture#rectoverso #06 | Toute une vie.

#rectoverso #05 | le lac aux pivoines

Trois magnolias tout maigres, tout juste plantés, un large trottoir et la maison. Étroite, un étage avec balcon, des fenêtres en arc, la façade repeinte en gris-bleu. Avec d’un côté un immeuble au pied duquel une pharmacie vient d’ouvrir et de l’autre une villa au crépi jaune lézardé. Le petit portail noir, métallique, s’ouvre sur une cour minuscule. Il y Continuer la lecture#rectoverso #05 | le lac aux pivoines

#RECTO-VERSO #05 | Jour de collecte.

                              RECTO. Dédé, mais tout le monde le connaissait il habitait au numéro 2Bis premier étage, la quarantaine et quatre enfants il était grand dégingandé ses bras s’agitaient en parlant en allumant sa cigarette on ne le voyait jamais assis, il faut dire qu’il ne s’était jamais économisé et à l’instant il était à l’arrière du camion se tenant aux Continuer la lecture#RECTO-VERSO #05 | Jour de collecte.