A propos de Huguette Albernhe

Plusieurs années dans l'enseignement et la recherche. Passion pour l'histoire de l'écriture, la littérature . Ai rejoint l'atelier de FB en juin 2018, je reste sur la barque même si je disparais de temps en temps

transversales #04 | trois lignes

Ce n’était pas la première fois qu’il quittait la maison le soir après 22h. Il parcourait des kilomètres longeait les quais s’asseyait au bord de l’eau. Il sortait de son sac à dos son instrument africain une sanza et improvisait. Ce petit piano à pouces lui convenait pour sa simplicité et sa musicalité. Un soir il avait franchi la porte Continuer la lecturetransversales #04 | trois lignes→

transversales #02 | Voyageur de l’intérieur

Un voyageur de l’intérieur se déplaçant se métamorphosant se multipliant sans se perdre déclare Ce qui pourrait surgir là maintenant cette ville extraordinaire hors du temps complexe et chaotique mais sans nul doute ordonnée à l’image du cosmos. Ville toile d’araignée au-dessus du vide, d’un abîme où s’agripper aux mailles d’un filet où tout est pendu en dessous échelles hamacs Continuer la lecturetransversales #02 | Voyageur de l’intérieur→

transversales #03 | note unique

Drame dans le quartier des Halles. Un jeune homme beau intelligent équilibré retrouvé mort au bas de l’escalier de son immeuble, suicide accident ou meurtre. On ne sait pas. Quand la police a découvert le corps le jeune homme avait dans la bouche un morceau de dent et une fleur de renoncule. Informations non publiées dans la presse. Le médecin Continuer la lecturetransversales #03 | note unique→

vers un écrire/film #04 | regard désirant

C’est un parc celui où une longue allée serpente celui où un homme et une femme vont se croiser celui où ils se croisent où leur regard désirant se rencontre où la densité de ce regard est si forte l’émotion si palpable que chaque pore murmure le temps suspendu. C’est l’instant où un tremblement des paupières perceptible chez la femme Continuer la lecturevers un écrire/film #04 | regard désirant→

vers un écrire/film #03 | poussières d’air

L’œil vient juste de s’ouvrir. Regard de vase. Avant de se mettre debout le pied gauche se pose lentement sur le parquet puis le droit le corps se déplie hésitant se secoue de la tête aux pieds comme une poupée de chiffon dans l’espoir de recouvrer sa souplesse. Une respiration plus forte accompagne le mouvement. C’est écrit dans l’air il Continuer la lecturevers un écrire/film #03 | poussières d’air→

vers un écrire/film #02 | tentatives de persuasion

dans la minute qui suit la 28eme minute 11 secondes | dans du noir et blanc très contrastés | avec une musique d’orgue envoutante en continu | la caméra se promène en panoramique sur le parc d’un château bavarois | jardin à la française lignes droites et symétriques cônes de buis bien alignés statues lointaines | la caméra décrit puis Continuer la lecturevers un écrire/film #02 | tentatives de persuasion→

vers un écrire-film #01 | l’œil photographique

Sur la terrasse. 5e étage. L’œil photographique surplombe la ville, le port, la mer, le bateau de commerce, la grue. Le soleil brille encore et prépare sa nuit en silence. L’œil ébloui se ferme, une douce chaleur s’engouffre à l’intérieur du corps, l’œil acclimaté s’ouvre grand, observe les variations de teintes chaudes, les strates parallèles ou enchevêtrées. Sur les gouttelettes Continuer la lecturevers un écrire-film #01 | l’œil photographique→

autobiographie #03 | le tilleul

Ne pas fusionner avec toi mais me rapprocher de toi, te toucher, te caresser, te humer, te respecter. Reconnaître ta singularité, mieux percevoir la mienne confrontée à la tienne. Au pied de l’escalier qui part du jardin et atteint le premier étage de la maison, tu veilles en gardien bienveillant du lieu. Tu es grand, majestueux en toutes saisons, ton Continuer la lectureautobiographie #03 | le tilleul→

#L10 | exit la bête qui ronge

Exit la bête qui ronge. Elle sait que tout a commencé voilà une trentaine d’années, sur une place dans une ville suisse, vers minuit, lors d’une querelle dans laquelle la jalousie occupait un espace injustifié. Il avait donné un coup de pied dans sa valise, elle avait roulé sur le sol pentu puis était tombée sur le flanc gauche au Continuer la lecture#L10 | exit la bête qui ronge→

L#12 | derrière l’incipit

En songeant à Aragon dans Je n’ai jamais appris à écrire ou les incipit, je choisis ma toute première phrase et je m’approche d’elle : Le temps est lourd, poisseux, le ciel laiteux Phrase brève, phrase d’incipit ou phrase seuil, porte d’entrée étroite. — Incipit vient du verbe latin incipere et signifie il commence —. Phrase chargée de sens, de dérisoire ? Phrase initiatrice ? Quelle Continuer la lectureL#12 | derrière l’incipit→