A propos de Nathalie Holt

A commencé en peinture, a vécu de théâtre et d’opéra, des années de scénographie plus tard ne photographie pas que son lit, tient son journal en images, écrit et marche chaque jour a publié un peu pour aller au bout d’un geste ( Ils tombaient ) ( Averses) https://www.amazon.fr/stores/author/B09LD7R2KY . Écrit pour lire.

#recto verso #07 | le fait qu’il y a que c’était

Le fait qu’il y a les hélicoptères, du moins leur bruit ; le fait que ça tournoie, là-haut, derrière. Et le ciel d’un bleu. Pas un petit nuage, même pas. La chaleur. La mer. La mer on la dirait à l’arrêt, elle stagne; une heure qu’elle aurait dû commencer à monter, à peine de quoi barboter : Tu es sûre Continuer la lecture#recto verso #07 | le fait qu’il y a que c’était

#rectoverso #06 | Trous

La question de la vigilance, comme sur l’autoroute en ligne droite quand tu roules, tout va bien, soudain tes paupières sont lourdes, lourdes … au cirque ça me fascinait le numéro du magicien, la femme tombait d’un coup – narcolepsie tu connais?–, elle basculait à l’horizontale en lévitation sans avoir touché le sol ; le magicien avançait vers elle avec Continuer la lecture#rectoverso #06 | Trous

#rectoverso #05 | Une porte rouge

On disait la porte rouge ; cette porte qui était rose à l’acquisition de la maison; un rose poudré qui passerait à l’éclat d’un rouge de Chine: changer la couleur c’est une façon comme une autre de dire bonjour ; une porte avec des moulures à l’ancienne et une petite fenêtre de verre granité mobile encagée derrière des enluminures de Continuer la lecture#rectoverso #05 | Une porte rouge

#recto verso #05 | une amitié

Des heures : on se dit tout hein, en gardant des secrets : un peu, Oui, forcé. Ne faire qu’un seul corps en restant deux. Échanger. Partager. Je combats ma paresse pour être à ta hauteur : livres de géologie, atlas – au début je me force – , j’apprends la morphologie des baleines; nous partageons mon goût pour la Continuer la lecture#recto verso #05 | une amitié

#recto verso #04 | voix sur images

l’escalier qui monte avec la hache et celui qui descend avec les cheveux de la femme morte qui entrent dans la bouche; quand on ressort un cheval se fait battre, le ciel est un couvercle et la lune un morceau de bois pourri ; il y a un idiot qui regarde et raconte ce qu’il voit dans une langue de Continuer la lecture#recto verso #04 | voix sur images

#recto verso # 03 | oui à

Il y a la lenteur pour mais le pas presse Il y a la douleur de et celle de ne pas Il y a toi avec l’autre et toi seule et cette façon de t’appuyer contre et de lever les yeux pour ou de rire Il y a à l’intersection l’arbre comme un phare avec des bras tordus Il y Continuer la lecture#recto verso # 03 | oui à

# recto verso #02 | jardin d’été

À ce stade de la nuit je tire la porte sans la fermer tout à fait, la veilleuse reste allumée : tu as promis : j’ai promis : nous avons… je m’éloigne sur la pointe des pieds ; la porte vibre ; le parquet ; les murs… quand on y pense, toute la maison bouge ; dans le couloir je bute contre une figurine, ses jouets Continuer la lecture# recto verso #02 | jardin d’été

#retoverso #01 | notes caniculaires en une seule rue

RECTO dans la rue longue qui descend un courant d’air brûlant fait voler les cheveux aux terrasses; blancheur étourdissante des façades ; un pigeon, les pattes rongées à l’acide des gouttières claudique vers le caniveau à sec ; au tabac de l’angle personne ne fume, une femme quémande une cigarette comme prêcher dans le désert ; stridence de freins, l’auto, Continuer la lecture#retoverso #01 | notes caniculaires en une seule rue

#boost # 15 | silence

Silence, respiration, trou, pause, blanc, gouffre; ange passant ce jour de mère ventre ouvert : douze- heure, dit la neige qui entre portant un plat de viande bouillie – toute cette neige en une nuit et noir d’arbres sans voix – mais ce n’est pas l’heure pourtant, papi ne pipe mot et les enfants jouent au ballon avec leur tête Continuer la lecture#boost # 15 | silence

#Boost #14 | soir de juin

Soir de juin. Jour long. Ta fenêtre baille au nord. Coup d’œil. Là. Passant. Coup d’œil traversant. Oblique. Par ta fenêtre au nord cap aux verts. Coup d’œil obliquant sur jardin. Inventaire de propriétaire. Vue sur houx. Rosiers sans fleurs. Olivier. Pots divers. Herbes en friche. Chemins tondus. Trois avec Pâquerettes. Atelier maison crépi moche. Chaises. Table. Chiures de pies. Continuer la lecture#Boost #14 | soir de juin