A propos de Nathalie Holt

A commencé en peinture, a vécu de théâtre et d’opéra, des années de scénographie plus tard ne photographie pas que son lit, tient son journal en images, écrit et marche chaque jour a publié un peu pour aller au bout d’un geste ( Ils tombaient ) ( Averses) https://www.amazon.fr/stores/author/B09LD7R2KY . Écrit pour lire.

#rectoverso #08 | traces

Sur une chaise à jardin il y a cette fille avec sa lampe frontale, un grand cahier sur les genoux . Vingt-trois heures, j’arrive pour les raccords peinture; j’ai décroché ce travail dans un théâtre, ça me permet de couvrir mes frais d’atelier. Je travaille le matin ou la nuit. On approche des représentations, tout se fait à présent après les Continuer la lecture#rectoverso #08 | traces

#rectoverso #08 | sur le boulevard, un nez

On se dit tout en gardant des secrets juste un peu : Oui, forcé. Ne faire qu’un corps en restant deux. Échanger. Partager. Batailler. Je combats ma paresse pour être à sa hauteur : livres de géologie, Atlas , j’apprends même la morphologie des baleines – au début je me force . Nous partageons mon goût pour la poésie en Continuer la lecture#rectoverso #08 | sur le boulevard, un nez

#recto verso #07 | le fait qu’il y a que c’était

Le fait qu’il y a les hélicoptères, du moins leur bruit ; le fait que ça tournoie, là-haut, derrière. Et le ciel d’un bleu. Pas un petit nuage, même pas. La chaleur. La mer. La mer on la dirait à l’arrêt, elle stagne; une heure qu’elle aurait dû commencer à monter, à peine de quoi barboter : Tu es sûre Continuer la lecture#recto verso #07 | le fait qu’il y a que c’était

#rectoverso #06 | Trous

La question de la vigilance, comme sur l’autoroute en ligne droite quand tu roules, tout va bien, soudain tes paupières sont lourdes, lourdes … au cirque ça me fascinait le numéro du magicien, la femme tombait d’un coup – narcolepsie tu connais?–, elle basculait à l’horizontale en lévitation sans avoir touché le sol ; le magicien avançait vers elle avec Continuer la lecture#rectoverso #06 | Trous

#rectoverso #05 | Une porte rouge

On disait la porte rouge ; cette porte qui était rose à l’acquisition de la maison; un rose poudré qui passerait à l’éclat d’un rouge de Chine: changer la couleur c’est une façon comme une autre de dire bonjour ; une porte avec des moulures à l’ancienne et une petite fenêtre de verre granité mobile encagée derrière des enluminures de Continuer la lecture#rectoverso #05 | Une porte rouge

#recto verso #05 | une amitié

Des heures : on se dit tout hein, en gardant des secrets : un peu, Oui, forcé. Ne faire qu’un seul corps en restant deux. Échanger. Partager. Je combats ma paresse pour être à ta hauteur : livres de géologie, atlas – au début je me force – , j’apprends la morphologie des baleines; nous partageons mon goût pour la Continuer la lecture#recto verso #05 | une amitié

#recto verso #04 | voix sur images

l’escalier qui monte avec la hache et celui qui descend avec les cheveux de la femme morte qui entrent dans la bouche; quand on ressort un cheval se fait battre, le ciel est un couvercle et la lune un morceau de bois pourri ; il y a un idiot qui regarde et raconte ce qu’il voit dans une langue de Continuer la lecture#recto verso #04 | voix sur images

#recto verso # 03 | oui à

Il y a la lenteur pour mais le pas presse Il y a la douleur de et celle de ne pas Il y a toi avec l’autre et toi seule et cette façon de t’appuyer contre et de lever les yeux pour ou de rire Il y a à l’intersection l’arbre comme un phare avec des bras tordus Il y Continuer la lecture#recto verso # 03 | oui à

# recto verso #02 | jardin d’été

À ce stade de la nuit je tire la porte sans la fermer tout à fait, la veilleuse reste allumée : tu as promis : j’ai promis : nous avons… je m’éloigne sur la pointe des pieds ; la porte vibre ; le parquet ; les murs… quand on y pense, toute la maison bouge ; dans le couloir je bute contre une figurine, ses jouets Continuer la lecture# recto verso #02 | jardin d’été

#retoverso #01 | notes caniculaires en une seule rue

RECTO dans la rue longue qui descend un courant d’air brûlant fait voler les cheveux aux terrasses; blancheur étourdissante des façades ; un pigeon, les pattes rongées à l’acide des gouttières claudique vers le caniveau à sec ; au tabac de l’angle personne ne fume, une femme quémande une cigarette comme prêcher dans le désert ; stridence de freins, l’auto, Continuer la lecture#retoverso #01 | notes caniculaires en une seule rue