#40jours #13 | une couleur

Chair s’éclaircissant où la lumière accroche ses reflets blanchâtres mais encore rose s’étirant sur le bord arrondi jusqu’au rouge des parties irritées quand le sang afflue plus près voilant l’étoilé de tâches rousses qui s’étend aux articulations ridulées de vert cuit creusant microplis à l’épiderme puis s’écoulant le long des tendons en un bleu décoloré qui n’est pas celui des Continuer la lecture#40jours #13 | une couleur

#40 jours #14bis #oratorio | partition pour Sylvaine Hélary

Je ne suis pas tranquille ma sœur, dedans ça trouble quand tu rentres en intérieur, les ombres du plafond font si beaux sacrifices, la tête en coquille sur un socle de mer, les maisons assourdies par le froid des rochers, bats la cadence, interne-toi, toi l’interne, la fille dans un coin, dans un coin dans une pièce, comme on rejoint Continuer la lecture#40 jours #14bis #oratorio | partition pour Sylvaine Hélary

#40jours #15 | quoi que qui donc quoi dont où

Quoi quiconque dont où les vaches sont pleines les vaches sont en peine les vaches sont quoi dont qui sont allaitantes ou ponctionnées que le pire arrive n’est jamais quoi quoiqu’il en soit c’est qu’en lui le souci va croissant que c’est disqualifiant pour les vaches lactantes quoi leur demander d’autre d’où je tiens ces histoires d’animaux je les tiens Continuer la lecture#40jours #15 | quoi que qui donc quoi dont où

#40jours #14 | les rangements de Raymond

Je suis un homme de soixante dix-sept ans qui vient de perdre son compagnon. Depuis qu’il a quitté la maison, rien n’a bougé sur son bureau en acajou, à droite un dossier à la couverture verte sur laquelle est écrit à l’encre noire: Voiture. Je l’ouvre rapidement et découvre: carte grise, vignette, papier vert, assurance auto, assurance maison, certificat de Continuer la lecture#40jours #14 | les rangements de Raymond

#40 jours  #14 | étudiant étranger

Je n’ai plus de prise sur l’embarras des jours, les longs couloirs administratifs de l’université, mon accent commis de travers, mon costume vieillot, ma trombine fatiguée, ma sueur de pauvre, ma vie infamée, mes yeux limites, mes grosses lunettes, mes rêves coincés, mon café au lait, mon deux fois sucré, ma soif autorisation, ma faim autorisation, mon toit autorisation, ma Continuer la lecture#40 jours  #14 | étudiant étranger

#40jours #09 | instantanés

Un chariot de courses bleu marine qui semble avancer seul. Non, un homme toujours le même tous les mardis et tous les vendredis vers 15.00 à l’aller, à 16.30 pour un retour plus lent. Toujours le même chemin sera emprunté. Inquiétude quand parfois de deux semaines il ne passera pas. Ouf ! toujours là ce jour. Un vélo qui semble avancer Continuer la lecture#40jours #09 | instantanés

#40jours #15 | Je suis assis dans une pièce

Je me sens mal à l’aise. Je ne sais pas si je devrais le dire, si c’est bien raisonnable de l’avouer. J’entends des voix. Dans la rue, au bureau, à la maison, des voix proches ou lointaines, inconnues ou amicales, peu importe, ce ne sont pas des voix de personnes mortes, je ne les entends dans l’au-delà, non. J’entends des Continuer la lecture#40jours #15 | Je suis assis dans une pièce

#40jours #09 | Comme un chien

Un gros chien en laisse sur la route, voilà tout ce que j’ai vu après avoir croisé son regard clair. La vingtaine, elle allait triomphante droit devant moi à grands pas allongés par la traction du chien. Il me fallut un instant pour savoir que je n’avais jamais vu son visage. Sans doute une touriste de passage. Ou peut-être une Continuer la lecture#40jours #09 | Comme un chien

#40jours #14bis | rumeur

« Je ne suis pas tranquille. Assis. Sur la partie haute. Du terrain vague. Au-dessus de Paris. L’escalier de la rue Vilin. À ma droite. À ma droite. Aussi. Le grand toboggan. À trois pentes. Successives. Assis. Par terre. Sur la terre. Battue. Du terrain vague. En pente. Accentuée. Forte. Descente. Assis. Plongé. La rumeur. Persistante. De tout Paris. Je ne Continuer la lecture#40jours #14bis | rumeur