#40jours #27 | demain le soleil la ville.

Lui: On ne le reconnait plus, tu es d’accord…depuis cette histoire de bombe il n’est plus le même Elle: On ne peut pas dire qu’il soit si différent, ce n’est pas tout à fait ça, on le reconnaît tout de même, peut-être qu’il lui faut un peu de temps, qu’il nous faut un peu de temps à tous  Louis: Meme Continuer la lecture#40jours #27 | demain le soleil la ville.

#40jours #04 | du gris, tout en nuances

Un baiser sur la tête des enfants, la promesse de se retrouver au soir en échange d’être gentils et sages. Symbolique, mais important. La porte en alu dilatée par la chaleur. Vivement les travaux dans quelques mois, bientôt quittes ! Les pavés, carrés et cimentés, mouchetés d’une palette de gris. Des bandes d’une cinquantaine de centimètres de long sur une Continuer la lecture#40jours #04 | du gris, tout en nuances

#40jours #26 | un témoin

Le vieux monsieur. Soixante-dix-sept ans. Aux fraises. Habite. Petit pavillon. Face au squat. Grand garage. Rue des Cascades. C’est sa maison. Avec la petite cour. La petite grille. Peinte en vert. Bouteille. La glycine. Entrelacée au fer. Un étage. Chambre. Vue sur la rue. Voit l’ancien garage. Directement. Aujourd’hui squatté. Entend. Ils font du bruit. Tout le temps. Jusqu’à. Des Continuer la lecture#40jours #26 | un témoin

#40jours #12 | Un roi sans royaume

Aujourd’hui, je le sais, je ne suis plus moi-même depuis longtemps. D’abord, la porte de l’immeuble n’a pas voulu s’ouvrir. J’ai cru un instant avoir oublié le digicode, une simple absence peut-être, mes nuits étaient courtes cette année-là. Impossible de me souvenir. Et puis un frisson m’a traversé, mon front et mes mains sont devenues moites en comprenant ce qui Continuer la lecture#40jours #12 | Un roi sans royaume

#40jours #25 | boutique abandonnée

Syncope de l’enseigne. Une syllabe a disparu. Un corps aussi. Il y a longtemps. Disons années 1960. C’est au bas de la rue. À droite en montant. Côté pair. Au tout début. Je me souviens du corps vivant. Grand et chauve. Un homme souriant. Je me souviens aussi de l’odeur dans la boutique. D’encaustique, de cire. De produits qui piquaient Continuer la lecture#40jours #25 | boutique abandonnée

#40 jours #26 | ébauches

Un jour, il était là comme d’habitude, dans son fauteuil en bois, vociférant, pendant qu’il ruminait ses pensées, puis, du jour au lendemain, plus personne, le fauteuil tout seul sur le trottoir, prêt pour la poubelle qui s’est bien gardée de le prendre car trop gros pour rentrer dans l’orifice préréglé du camion. Elle n’est pas sûre d’avoir compris, elle Continuer la lecture#40 jours #26 | ébauches

#40jours #26 | Arlecchino les coups de bâton

Attendre sur le quai, 6h40 Juvisy, Melun, Sevran, ces villes intermédiaires où l’on monte pour rejoindre son lieu de travail, villes circulatoires, où l’on attend sur le quai, froid glacial, les écharpes étirées jusqu’au sommet de la tête, le tremblement des mâchoires, et puis le rire des dames qui vont pouvoir commencer plus tard, les femmes sont habituées, à la Continuer la lecture#40jours #26 | Arlecchino les coups de bâton

#40 jours #25 | une longue colonne de fourmis noires

http://plateaudespoetes.toile-libre.org/visite.htm#nogo Béziers : frappée, étranglée et sans doute violée, une femme décède au plateau des poètes Midi Libre (mai 2022) Le Plateau des poètes fermé pour cause de crime… Son Plateau… Son jardin… Son enfance… Son innocence… Coule l’eau de la fontaine. Le sang a coulé. Les arbres gardent toute leur dignité. L’ignominie est humaine. La lumière se dessine en Continuer la lecture#40 jours #25 | une longue colonne de fourmis noires

#40jours #26 | un enfant collé peau morte

Un immeuble ordinaire, des familles rient, des enfants grandissent, des femmes se protègent d’autres caressent les peaux nues. Un enfant compte les coups, le sang sur les murs, le doudou, gicle, la porte d’à côté berce un autre enfant, s’endort câliné par sa mère qui chuchote des mots d’amour à travers les paupières le souffle chaud et rassurant, un œil Continuer la lecture#40jours #26 | un enfant collé peau morte