#enfances #01 | Faire la quatrième, descendre le chien, des abeilles plein la 4L

Faire le ou la quatrième, c’est entrer dans la pièce sombre, prendre sa place là où la toile cirée colle un peu moins aux avant-bras, partager la portion de saucisson et commencer la partie de tourne ou de vache, variantes du jeu de belote. Dans ses mains, capables de tenir chacune deux gros œufs, les cartes paraissent un bien moins Continuer la lecture#enfances #01 | Faire la quatrième, descendre le chien, des abeilles plein la 4L

#enfances #02 | armoires à secrets (l’intimité)

elle aurait été fouilleuse de longue date. fouilleuse très indiscrète, sans que ne la flatte jamais la moindre once de culpabilité. il y en eut, enfant, des armoires, des placards, des tiroirs qu’elle fouilla. on ne sait pas par lequel commencer. la garde-robe de ses parents, les pièces suspendues qu’elle parcourt d’abord debout, elle ne s’intéresse qu’au côté droit, le Continuer la lecture#enfances #02 | armoires à secrets (l’intimité)

#enfances #02 | un coffre parmi les autres

À l’enseigne du Soldeur Bressan, l’enfant évolue dans les odeurs de bougies parfumées, d’encens et de produits ménagers. Ses doigts caressent les plastiques colorés. Ils effleurent les plantes artificielles et appuient sur les mousses synthétiques. Il cherche là, tandis que sa bicyclette chauffe sur le gravier du parking, à dépenser son argent de poche. Et d’y retourner rend l’objet désirable, Continuer la lecture#enfances #02 | un coffre parmi les autres

#enfances #02 | Bûcher à tiroir

notes sur l’établissage du texte « Caché | glissé | mussé, enroulé comme le chien le fait aussi sous la plaque noire encore chaude, pelotonné | recroquevillé dans le bûcher, au milieu de quelques bouts d’écorce, des copeaux de bois, un peu de sciure et de la cendre, sous la dalle de la cheminée | du feu | de la braise Continuer la lecture#enfances #02 | Bûcher à tiroir

#enfances #02 (3) | les colis kraft qu’elle recoit ficelés du bazar de l’hôtel de ville et on attend qu’elle déchire le papier pour s’exclamer

Les grands ciseaux de cuisine pour couper la ficelle; le scotch de la couleur du papier d’emballage (un peu plus foncé peut-être… une ou deux valeurs) qui cache les toiles à peindre toutes préparées qu’elle a reçues du Bazar de l’hôtel de ville … avec son ongle elle gratte pour soulever un coin du scotch, elle tire doucement (comme enlever Continuer la lecture#enfances #02 (3) | les colis kraft qu’elle recoit ficelés du bazar de l’hôtel de ville et on attend qu’elle déchire le papier pour s’exclamer

#enfances #01 | éclats d’enfance, hommage en cut-up – dans vos textes j’ai trouvé…

Grâce à un commentaire reçu qui parlait d’éclats, de petits bouts d’enfance que l’on a en commun, je me suis mise à arpenter les textes des autres à la recherche de ces petits bouts et je n’ai pas su m’arrêter. Je crois que c’est dans cette récolte, trouver dans le texte des autres mon regard d’enfant en isolant un petit Continuer la lecture#enfances #01 | éclats d’enfance, hommage en cut-up – dans vos textes j’ai trouvé…

#enfance #2|2 | la boite à foulards et le miroir Brot

La boîte en carton dans le tiroir de la grande armoire ; sa boîte à foulards au parfum d’arpège : soie, mousseline et crêpe … arabesques et volutes de l’armoire monumentale dans le paysage ivoire de la chambre : tu l’entrebâilles, un parfum s’évapore – A r p è g e c’est le nom écrit sur le flacon elle te l’a Continuer la lecture#enfance #2|2 | la boite à foulards et le miroir Brot

#01 Enfances# | Portraits d’enfance

Le père TonyÀ la campagne, le père Tony vit dans une vieille maison en pierre avec des volets en bois. En face de chez lui, il y a la maison de son fils, une maison moderne avec des volets blancs construite sur un talus. Derrière il y a un grand champ de maïs.Deux fois par jour, le père Tony traverse Continuer la lecture#01 Enfances# | Portraits d’enfance

#enfances #02 | dominos

Disons les poussins du poulailler. Où d’autre aurais-je entendu cette idée de la poule les œufs les poussins, où aurais-je pris cette envie prématurée de donner vie. Les œufs sont restés longtemps au chaud dans des chaussettes de laine sur l’étagère de l’armoire. Évidemment, des poussins allaient en sortir, une fois par jour j’allais surveiller l’émergence de vie, l’armoire avait Continuer la lecture#enfances #02 | dominos

#enfances #02 I Walter Benjamin, coffres, boîtes & tiroirs

C’est le seul grand miroir de la maison, interdit d’y toucher pour ne pas y laisser des traces. Je me glisse furtivement dans la chambre des parents, ferme la porte, m’assieds sur le rebord du lit devant l’armoire immense face à son grand miroir central. Là, je suis entière, je me regarde, fais la grimace, chante en sourdine, danse, dévisage Continuer la lecture#enfances #02 I Walter Benjamin, coffres, boîtes & tiroirs