#anthologie #06 | En silence

La bouilloire siffle. Elle ne s’arrêtera pas si tu ne te lèves pas pour aller l’éteindre. Personne d’autre ne l’éteindra, elle ne s’arrêtera pas toute seule, c’est toi qui es seule. Une seule tartine, une seule tasse, une seule cuillère et un seul couteau. Pas d’autre déglutition, pas d’autre mastication, pas d’autre couteau qui gratte le beurre sur la tartine, Continuer la lecture#anthologie #06 | En silence

#anthologie #07 | La lumière a tous les droits

mardi 24En dessous des tâches et des notes d’intention, savoir qu’une route s’est activée. La matière s’approche. Elle décidera sans moi d’arracher l’écriture au temps et à l’espace. Elle est dans un train, personne n’est au courant — maintenir les épaisseurs du quotidien dans leur ignorance. La sentir sans l’attendre. Croire qu’elle arrivera à l’improviste, qu’elle n’arrivera pas. Lui faire Continuer la lecture#anthologie #07 | La lumière a tous les droits

#anthologie #07 | besoin de silence

Allongée sur le lit. Entourée de silence. Le jour décline, le quartier est calme. Silencieux le stade municipal de l’autre côté de la rue. Pas de groupes d’enfants s’entraînant. D’habitude, j’aime les entendre crier, courir, rire… Ce soir curieusement pas un bruit. Au loin, l’aboiement d’un chien.En ce moment j’aime le silence. J’aime regarder le jour décroître. La journée a Continuer la lecture#anthologie #07 | besoin de silence

#anthologie #05 | Complainte pour l’enfant suce-moelle

Enfant suce-moelle, qui dès sa naissance tutoyait les étoiles, centre du monde et des attentions, Tout tout de suite, Toujours plus, plus haut, ne fixer aucune limite…jusqu’àPlus dure sera la chute, cul par terre, nez dans la poussière l’arrivée d’un autre non-dit-tyran, ou bien cosmos parental s’est étiolé, confiance absolue s’est fissurée, peut-être cellule familiale s’est explosée ou peut-être pas Continuer la lecture#anthologie #05 | Complainte pour l’enfant suce-moelle

#anthologie #07 | Vers le matin, sur la chaise, dans l’obscurité du salon.

Vers le matin, sur la chaise, dans l’obscurité du salon. La lumière de l’écran de l’ordinateur, l’ordi pour les intimes, n’est pas la première du jour. Avant il y a celle de la salle de bains, vite oubliée car ce qu’on y fait à ces heures-là n’est pas ce qu’on aime retenir de la journée, alors pourtant même que le Continuer la lecture#anthologie #07 | Vers le matin, sur la chaise, dans l’obscurité du salon.

#anthologie #05 | Comme ton ombre

Tu n’es plus que l’ombre de toi-même, quand tu te regardes tu te trouves plat, tu te trouves sombre, tu marches toujours dans l’ombre, dans l’ombre de toi-même. Tu regardes marcher devant toi ce corps qui t’as déçu, qui n’est plus à la hauteur, ni même à la longueur surtout pour le bras droit, qui n’as pas répondu présent et Continuer la lecture#anthologie #05 | Comme ton ombre

#anthologie #07 | Soir et matin.

Mardi 25 juin, 22 heures C’est devant la porte fenêtre que je m’empare de mon clavier afin d’y inscrire ces quelques mots. L’ombre de la nuit est sur le point d’envahir le ciel. Celui-ci n’est déjà plus bleu mais d’un gris bleuté parsemé de rose. A l’intérieur de ma chambre, je ne vois pratiquement plus. Je devine les couleurs des Continuer la lecture#anthologie #07 | Soir et matin.

#anthologie #06 | seule

Seule. C’est dans la nuit noire épaisse et le silence opaque qu’elle l’éprouve. Seule. Dans sa chair et ses oreilles et son visage et sa peau et son corps.  Seule. C’est dans la nuit noire toute gorgée de silence qu’elle convoque la mémoire des battements de la peau. Seule. Qu’elle en appelle au souvenir du tout palpitant cotonneux et mouvant. Continuer la lecture#anthologie #06 | seule

#anthologie #07 l Jacqueline

Orhan Pamuck voulait être peintre. Il a renoncé et il est devenu écrivain. Il était jeune, peut-être une vingtaine d’années. Sa famille pensait qu’il devait vivre pour avoir quelque chose à raconter dans ses livres. Je crois (il faudra que je vérifie) que pour lui on écrit parce qu’on lit des livres et non parce qu’on a vécu des choses. Continuer la lecture#anthologie #07 l Jacqueline

#anthologie #05 | mère porteuse de monstruosités

Je porte son corps devant vous, par terre, au feu rouge, à l’heure où vous rentrez chez vous, j’exhibe mon petit monstre. Si je le nomme ainsi, c’est parce que je sais comment vous le regardez. Ce n’est ni la moquerie, ni la tristesse que je lis dans vos yeux, mais l’horreur, parfois même le dégoût. Quelqu’un ici veut-il porter Continuer la lecture#anthologie #05 | mère porteuse de monstruosités