#anthologie #02 | résidence

Une seule pièce, un studio, juste au dessus des bureaux, une ancienne école réhabilitée que ce vieil homme du voisinage a jadis fréquentee (et comme il en était fier !). Au bout d’un petit couloir faisant office d’entrée, le coin cuisine et sa batterie de casseroles et poêles, que l’œil denombre rapidement avant de percuter la niche de rangement, où Continuer la lecture#anthologie #02 | résidence

#anthologie #02 | devant la porte

Je me vois me voyant. Je serais dos à la porte fenêtre qui ouvre sur le petit balcon où se prennent les déjeûners d’été. Ma main quitte la poignée métallique de la porte d’accès de la cuisine. Je me détourne vers l’intérieur. Chauffe eau elm Leblanc, réfrigérateur, four électrique encastré entre les placards de bois bruns, trois plaques avec brûleurs Continuer la lecture#anthologie #02 | devant la porte

#anthologie #02 | une petite fille dans un cadre vert

Son bras droit, main ouverte, pend mollement le long du fauteuil vert bronze, sa tête a glissé sur le côté gauche dans l’axe de l’applique en terre posée à l’angle de la pièce ; tout son corps emplit l’espace par le seul ronflement régulier qui en émane, lent moteur chahuté parfois par une entrée d’air intempestive ; dans la lumière Continuer la lecture#anthologie #02 | une petite fille dans un cadre vert

#anthologie #02 | la secrétaire polissant le poignard sous lequel périt Kléber

L’absence de mobilier dans ces maisons de brique ouvertes sur des jardins les surprend d’abord. Le calme et la fraîcheur qui y règnent ont vite fait de les conquérir. Dans les palais, l’émerveillement les gagne devant l’élégance et l’ingéniosité de cette architecture étrangère. Kléber arrive de Guizeh où il occupe provisoirement le palais de Mourad Bey, le mamelouk devenu son Continuer la lecture#anthologie #02 | la secrétaire polissant le poignard sous lequel périt Kléber

#anthologie #01 | Invisible

Descendre l’escalier en bois. Deux étages. Poser doucement le pied sur la marche par égard pour les voisins. Au rez-de-chaussée, ouvrir la porte donnant sur un jardin bétonné. Sur la gauche, une glycine crie sa colère, lançant de tout côté des lianes couvertes de feuilles elles-mêmes divisées en une quinzaine de folioles braillant tels des nouveau-nés. Au-dessus d’un festonnage de Continuer la lecture#anthologie #01 | Invisible

#anthologie #01 | Les clés

Farfouiller dans la poche et ne pas les trouver. Retourner l’autre poche, tâter du haut en bas en grommelant contre soi. Vider aussi le sac, se résoudre en bouillant à prendre le téléphone pour faire un peu de lumière, les voir briller par terre. Se baisser et entendre tomber tous les papiers du sac. Les ramasser. Ramasser aussi les clés. Continuer la lecture#anthologie #01 | Les clés

#anthologie #01 | La paix

pousser la porte de fer et de verre à deux fois, du poignée et de la fesse, passer devant la statue offrant ses mains aux arrivants. Salle de prière ? Funérarium ? Se rappeler de passants entrer en se signant, apportant une offrande. Pourtant des flyers dans un présentoir proposant des contrats d’assurance pour la vie, pour la protection contre les voisins, Continuer la lecture#anthologie #01 | La paix

#anthologie #prologue | j’ai respiré

J’ai respiré, les poumons se sont défroissés, distendus, dans tous les plis, dans toutes les nervures l’air est rentré, le souffle nouveau à plein s’est suspendu, s’est retiré en prenant le chemin inverse aussi loin qu’il pouvait me quitter, les laissant en attente du battement initié. J’ai inspiré, j’ai expiré.J’ai crié. ils attendaient ce cri. J’ai oublié que je respirais. Continuer la lecture#anthologie #prologue | j’ai respiré

#anthologie #01 | Choix

« Vivre en région parisienne est un choix de carrière, vivre ici est un choix de vie » Se souvenir de cette phrase pendant chaque trajet maison-travail-maison. N’avoir retenu que ces mots du discours, asséné par notre haut responsable face à l’assemblée de ses employés locaux réunis ce jour-là. Avoir, comme tous les autres, compris la signification de la réponse à la Continuer la lecture#anthologie #01 | Choix

#anthologie #02 | l’été

21 juin 9h22, le rayon de soleil taperait pile dans l’oeil miroité du cheval de l’estampe de Leticia Tarrago. qui le renverrait sur la bouilloire dorée d’où il irait réchauffer le bout de la queue du chat de Pierre de Berroeta qui remuerait et déclencherait L’été l’été de Fontaine et Areski pendant qu’il se léverait d’une nuit doucement rêveuse. Eh Continuer la lecture#anthologie #02 | l’été