#anthologie #10 | L. au présent composé

Elle a vingt-trois ans au pied de Central Harbour. La tour l’impressionne par sa hauteur et sa façade lustrée. Elle montre son sac au vigile de l’entrée. Une femme vêtue d’un uniforme frôle son corps devant et derrière avec un détecteur de métaux. Assises derrière le stand d’accueil au milieu de l’atrium, trois jeunes femmes ressemblent à des hôtesses de Continuer la lecture#anthologie #10 | L. au présent composé

#anthologie #27 | Une soif impossible à étancher

Elle ne voulait pas de cette maison. Elle l’avait répété cent fois Je n’en veux pas. Sa mère pleurait:– Mais enfin, cette maison c’est toute notre vie, comment peux-tu dire ça ?– Peut-être mais ce n’est pas la mienne. Sa vie à elle, elle l’a bâtie à huit cent kilomètres de là. Elle a choisi un horizon plat, un bout de Continuer la lecture#anthologie #27 | Une soif impossible à étancher

#anthologie #28 | Cinq œuvres d’art pour mes textes

Une anamorphose En voyant cette tong échouée sur le sable si lisse, si étincelant de la plage d’Orangea, je me suis d’abord dit : quel dommage qu’elle ne soit pas une harpe, une harpa major ! La chaussure n’avait rien de ce coquillage magnifique : ni sa forme, ni sa taille, ni sa couleur, ni son éclat, ni sa bouche à la lèvre renflée qui Continuer la lecture#anthologie #28 | Cinq œuvres d’art pour mes textes

#anthologie #28 | seraient-ce des miroirs

Entre les deux fenêtres, l’aquarelle de Marie Piat. J’ai dit un pont au-dessus d’une rivière, et un clocher en arrière-plan. Mais ce pourrait tout aussi bien être une autre aquarelle, celle aux pensées dans un vase ou ces maisons aux toits de chaume, ou encore cette sorte de rivière d’ambre s’écoulant entre des arbres. Le souvenir des tableaux de cette Continuer la lecture#anthologie #28 | seraient-ce des miroirs

#anthologie #28 | de hasard, ou bien

avancer. Frapper se demander: Ouvrir avec sa clé. Entrer. Balayer du regard : lit recouvert, rideaux tirés, plateau sous la fenêtre ; il y a ou il n’y a pas plateau, ils prennent ou pas le petit déjeuner dans la chambre, le plateau c’est du temps en plus, c’est du temps en moins : décompter; ne pas s’arrêter sur un Continuer la lecture#anthologie #28 | de hasard, ou bien

#anthologie #28 | Lapidaire en cinq fragments

Au-dessus du meuble de desserte, le planisphère a été réalisé il y a longtemps par l’enfant de dix ans avec une plume et de l’encre de Chine Le papier a jauni Récemment un cadre en cerisier a remplacé l’ancien passé au brou de noix https://www.tierslivre.net/ateliers/anthologie-02-le-couloir/ Le tour de la fenêtre en PVC gris anthracite fait cadre Ephémère l’arc-en-ciel le traverse Continuer la lecture#anthologie #28 | Lapidaire en cinq fragments

#anthologie #28 | focus

(#23 Dans l’infini) La peau est tatouée. Une fleur d’artichaud sur l’intérieur du bras droit, c’est ce qu’il a toujours voulu. Une toile d’araignée sur la main droite. Et pêle-mêle, des doigts au cou : un légo voiture, une cassette audio, une éponge, un dictaphone, un pied, une tête de mort, un fil à linge sans linge avec des pinces, une Continuer la lecture#anthologie #28 | focus

#anthologie #27 | bavardages

Une jeune femme marche à côté de son cheval. Elle est vêtue de façon ordinaire d’une blouse marron à la couleur passée et d’une jupe grisâtre froissée. Son cheval blanc cassé ne porte pas de mors. Il la suit docilement. Elle pense qu’elle aurait préféré prendre un vélo, ils sont plus obéissants, et elle n’aurait pas eu à se soucier Continuer la lecture#anthologie #27 | bavardages

#anthologie #28 | tentatives

sur mes yeux j’ai replié mon bras gauche – huit jours –huit nuits – j’ai revu cette panthère noire, à la Farnesina ils s’étaient tous mis d’accord sur le choix et ils me l’ont offerte, elle était merveilleuse, noire de bronze quand je suis parti du ministère et Noretta et moi l’avons posée sur le buffet de l’appartement – ce Continuer la lecture#anthologie #28 | tentatives

#anthologie #25 | poivrons grillés

Expressions sur les odeursT’as mangé au Père Lachaise (haleine chargée)Une haleine de chiot (agréable)Odeur de vieux garçon (qui se néglige) Pourquoi parfumer un mort ? Masquer l’odeur de la mortGarder le parfum qu’il aimait porter par delà le trépasFaire entrer ce parfum dans l’harmonium des souvenirs olfactifs. Ne pas l’oublier. Souvenirs et odeurs sont-ils indissociables ?Et vice et versa : les poivrons Continuer la lecture#anthologie #25 | poivrons grillés