#anthologie #25 | l’appel des odeurs (notes de carnet)

Lire Ryoko Sekiguchi et répondre à son appel des odeurs : se dire qu’il faudrait essayer de tenir un carnet d’odeurs. Sur une journée pour commencer. Puis sur une semaine. Sur différentes saisons. Dans différents lieux. Les odeurs de la ville. Les odeurs de la campagne. Les odeurs de la forêt. Les odeurs de la mer. Chapitres à écrire. Revisiter les Continuer la lecture#anthologie #25 | l’appel des odeurs (notes de carnet)

#anthologie #26 | lutte

Au départ, il y a un seul éclat, qui a soudain enflé, pas encore sûr de lui, un peu hésitant, bégayant, ça n’était pas très clair. Ensuite ça se précise. Les syllabes s’avalent, ou elles se pressent entre elles et, une fois aspirées, se déversent en un bloc, portées par des gestes qu’on dirait dissociés du corps. Bloc amer. Puis Continuer la lecture#anthologie #26 | lutte

#anthologie #28 | Oeuvres.

#anthologie #26 | Bruits de tournage. Dans un pan du mur de l’appartement parisien où se déroulait le tournage, il y avait une pile de livres collés les uns sur les autres, mais pas de couverture, pas de noms, pas de titres, tous étaient mis à l’envers, offrant aux regards, seulement des pages et des pages d’écriture. Impossible d’en attraper Continuer la lecture#anthologie #28 | Oeuvres.

#anthologie #20 | ta photo sur l’autel

Tu sembles sorti d’un autre temps. Il faut dire que tu viens de si loin que je peine à situer d’où exactement. Peut-être as-tu été photographié avec un daguerréotype, au milieu du XIXe siècle. D’habitude, sur les autels, il n’y a que des portraits concentrés sur le visage. Difficile de se faire une idée des silhouettes. Mais toi, tu es Continuer la lecture#anthologie #20 | ta photo sur l’autel

#anthologie #23 | Plus bas que taire

D’abord il y aurait des phrases aux couleurs pastel de villa, des idées de grande bâtisse cossue, des arguments en pièces d’eau, un ton farci de ces fioritures qu’on discerne dans le fer forgé des balcons. On entrerait grande pompe par la porte forcément cochère, à l’intérieur on a mis les petits discours dans les grands, on a sorti l’argenterie, Continuer la lecture#anthologie #23 | Plus bas que taire

#anthologie #27 | objets d’amour et de douleur  

Un homme parcourt inlassablement les couloirs de son appartement. On dit les couloirs alors qu’en fait l’appartement est de dimension tout à fait raisonnable, voire même petit. Cependant les déambulations incessantes, les aller-retours lui font parcourir des kilomètres. L’expression « il tourne en rond » ou « mais arrête de tourner en rond, tu nous fatigues à la fin » en plus d’être pléonastique Continuer la lecture#anthologie #27 | objets d’amour et de douleur  

#anthologie #25 | carnet des odeurs

L’odeur de l’écran sur lequel mon père projetait les diapos. Une odeur sonore, ceux des cliquetis à chaque changement de photo. Odeur du lys dans la chambre de la maternité Odeur de naphtaline, les placards de ma grand-mère, les lavabos en Inde Odeur d’oreiller, y enfouir le nez Odeur de la chambre sortant du sommeil Le vide a sans doute Continuer la lecture#anthologie #25 | carnet des odeurs

#anthologie #27 | Incipits

Mon enfance fut des plus banales. Partagée entre la capitale où mon père avait son travail, ma mère ses habitudes, et une maison de campagne dans un village champenois habitée par une grand-mère et l’ombre de son époux mort trop jeune. Autant Paris était le lieu du confinement, autant le jardin champenois fut celui de l’éveil. Ma grand-mère, institutrice, prenait Continuer la lecture#anthologie #27 | Incipits

anthologie #27 | doux rêves

1 Un homme en tongues et bermuda s’approche de lui et lui dit Vous me faites penser à quelqu’un qui est, en ce moment, à l’autre bout du monde. Comment ça vous me faites penser ? Mais c’est moi et il n’y a pas dix minutes, nous parlions ensemble en regardant la mer. Vous veniez de sortir de l’eau avec Continuer la lectureanthologie #27 | doux rêves