autobiographies #03 | la jeune fille et les oiseaux

Du grand incendie écarlate qu’est-ce qui va sauver l’horizon ? Dans son orage de charbon, ce soir la lune était pâlotte. Chaleur, je te savais sanguine, le soleil nu dans l’escalier ; des excuses, je n’en avais qu’une, qu’est-ce qui va sauver la forêt ? J’en appelle aux oiseaux, aux brasiers, aux tombeaux, aux terres impénétrablesJ’en appelle aux grands arbresJ’en Continuer la lectureautobiographies #03 | la jeune fille et les oiseaux

autobiographies #03 | cercles

Le premier cercle duquel je parle, concentrique, mon premier cercle a crû il y a mille ans dans la géologie du lieu enfoncé dans la roche pour boire aux sources des nappes et réseaux mon deuxième cercle s’édifie sur le premier et mes branches commencent à s’étaler ces amas entrelacés de feuilles soutenues par les lianes mon premier cercle commence Continuer la lectureautobiographies #03 | cercles

autobiographies #04 | Cinq fantômes

Les morts ont besoin d’espace, ils n’aiment pas rester coincés sous les ratures du stylo bille, si enfoncés dans le papier du carnet d’adresses qu’ils ressortent de l’autre côté, encore plus mort que les vivants. Libérer les morts des listes, des répertoires, les rendre à l’ouvert, qu’ils filent dans le cosmos. Fantôme 1• Peujard, rue du Moulin de Valade. Une Continuer la lectureautobiographies #04 | Cinq fantômes

Autobiographie #1 | Presque un rêve

Sur le long de cette route se trouve la frontière, invisible depuis cet endroit. Un point quelque part dans la ligne d’horizon, là où se brouille la brûlure incertaine du sable et l’aplat de ciel. Ensuite la route continue, s’enfonce dans ce pays de désert duquel parvient un air chaud et sec ainsi que des hommes drapés de tissus épais Continuer la lectureAutobiographie #1 | Presque un rêve

autobiographies #04 | ceux qui restent

Ce fut le dernier. Quelqu’un l’avait volé quelque part en Irlande, dans la salle commune d’une auberge de jeunesse. Cadeau du père, son beau cuir brun clair tenait dans la main, on l’avait sans doute pris pour un portefeuille, on l’avait ouvert, on n’avait peut-être même pas été français ou espagnol, rien n’avait résonné dans ces pages d’écritures au stylo Continuer la lectureautobiographies #04 | ceux qui restent

autobiographies #03 | moi arbre

Moi arbre participant à la géométrie du paysage. Moi arbre né loin derrière le temps rampant d’abord sous le sol infertile de ce bout de terre de l’ouest, patient, résistant, m’élevant depuis mes racines tel un personnage s’appuyant puissamment sur ses mains pour se redresser, mes pousses tiges ramures enfin capables de grandir à travers l’air pour rejoindre le ciel et Continuer la lectureautobiographies #03 | moi arbre

autobiographies #01 | lieux d’un jour ou deux d’avant 1975

Pendant qu’il tourne un filmLa chambre du rez de chaussée c’est à Nice chez un mort, la fraîcheur des dalles . La fille des châtelainsDans les combles l’enfilade de greniers en musée de poussières. Un scaphandre. Une malle. Des robes pendent. Choses qui parlent. Sur la soie du paravent un groupe de femmes et leurs ombrelles. Par la lucarne ovale Continuer la lectureautobiographies #01 | lieux d’un jour ou deux d’avant 1975

autobiographies #03 | le saule pleureur

La maison, rue du Peyrard, portait en haut de ses murs, un petit jardin en terrasse, un carré de pelouse. En son centre, un saule pleurait. Combien de larmes ? Son ombre formait un cercle, ses branches un abri, peut-être. Je ne sais pas qui l’a planté. Qui a voulu lui donner cette place étriquée et inconfortable, le contenir dans Continuer la lectureautobiographies #03 | le saule pleureur

autobiographies #03 | deux arbres

Deux piliers d’une plateforme (la vie) qui attendrait son troisième. Le saule pleureur d’abord. Longues tresses glissent avec le souffle et s’accaparent la rambarde du balcon entre les barreaux duquel il ne faut pas passer la tête. Plus tard l’ombre diffuse entre les feuilles protège (moins du soleil que de tout le reste). Plus tard encore le point de rendez-vous pour Continuer la lectureautobiographies #03 | deux arbres

autobiographies #03 | ce catalpa

On aurait dit qu’Il attendait là en plein soleil dans la cour. Ils disent une cour, mais une cour c’est un carré froid de ciment, à l’ombre toujours, triste, entre quatre immeubles. Là, c’était plus exactement un corps de ferme : autour de la maison à gauche le chemin bordé d’une haie puis en face un érable et un tilleul Continuer la lectureautobiographies #03 | ce catalpa