#40jours #11 | Déluge

Les trottoirs ruisselaient, il pleuvait assez pour qu’on considère ce flux comme l’ordinaire et les jours secs comme l’exception. On ne se souvenait pas qu’il n’ait pas plu. Le pire s’insinuait dans les esprits et les plus pessimistes s’embourbaient dans des calculs de probabilité sans fin. Cependant la submersion des terres diagnostiquée par des cohortes de spécialistes ne se produisait Continuer la lecture#40jours #11 | Déluge

#40 jours #11 | perdition

Toutes les rues où l’on se perd se ressemblent, quelles que soient les villes, dans les villes bidons comme dans les bidonvilles. Pas les lieux où l’on se retrouve perdu (idiote formule puisque si retrouvé plus perdu), pas les voies qui nous égarent, pas la fausse route qui nous étouffe. Les lieux dont la fin, la seule fin, est la Continuer la lecture#40 jours #11 | perdition

#40 jours #11 | Perdu

Perdu dans un rêve. Perdu dans un rêve d’une ville. Ce sentiment d’urgence au dedans. Perdu aux pieds d’une gigantesque barre d’immeuble. Architecture masse des périphéries urbaines des années 70. Vieillit mal. Façade de couleur beige/orange domine, écrase, sans fin. Monstrueuse. Impossible d’en voir ni le bout, ni le haut. Sur les premiers niveaux, protégés par des grilles, immenses parkings Continuer la lecture#40 jours #11 | Perdu

#40Jours #11 |Perte anagramme de Prête ?

« Il m’était apparu que tous les êtres humains se divisaient entre ceux qui voulaient avancer et ceux qui voulaient retourner en arrière. Ou pourrait-on dire, ceux qui voudraient continuer à avancer et ceux qui voudraient être arrêtés dans leur parcours comme par l’épée flamboyante. » Louise glÜck, nuit de foi et de vertu Mathilde a quitté la ville, elle ne sait Continuer la lecture#40Jours #11 |Perte anagramme de Prête ?

#40 jours #10 | chanson

vingt juin J’ai peu de souvenirs du Kram – j’ai peu de souvenirs de ces moments-là je les invente en allant – j’essaye d’écrire à propos de cette époque-là pour en garder le souvenir vivant, pour qu’ils (elle et lui) reviennent un moment – un peu plus de réalité que celle de ces deux parallélépipèdes noirs, on peut y voir Continuer la lecture#40 jours #10 | chanson

#40 jours #10 | rancune

Trop nombreux, ils m’étouffent. Entre les souvenirs perdus et ceux que l’on s’efforce d’effacer, une pièce noire où la mère peut enfermer l’enfant, en haut d’une avenue qui porte le nom d’un saint, dans une ville prétentieuse et factice où une fois l’an on change dix fois par jour le tapis rouge d’escaliers mythiques. Ceux qui me manquent sont au Continuer la lecture#40 jours #10 | rancune

#40 jours #07 | l’ascension et après ?

Nous redescendons dans la nuit noire entaillée par les rayons de nos lampes torches, nous nous laissons tomber à pas lourds, la pente est abrupte et la descente sans cesse amortie par le sable noir qui s’insinue dans nos chaussures, celui du groupe chaussé de tongs ne palabre plus, Iddu a absorbé sa peur, il est maintenant silencieux, nous descendons Continuer la lecture#40 jours #07 | l’ascension et après ?

#40jours #08 | bousculements du paysage

Tout a changé vite, je ne reconnais plus rien. Chaque fois que j’ai rendez-vous dans la ville, Tout a changé vite, je ne reconnais plus rien. Chaque fois que j’ai rendez-vous dans la ville, ma ville, celle où j’ai vécu depuis mon époque étudiante, je prends le tram. Les lignes sont reconnaissables grâce à des voitures de couleurs différentes, des Continuer la lecture#40jours #08 | bousculements du paysage

#40jours #10 | souvenirs incertains.

J’ai peu de souvenirs de cette statue de Jésus debout derrière la porte qui accueillait les visiteurs mais elle m’intriguait petite fille, pourquoi Jésus dans une famille qui ne nous avait pas baptisé ? sûrement l’originalité du geste, la folie de l’accueil, peu de souvenirs aussi du grand jardin dans lequel trônait une sorte de charrette que je ne saurai Continuer la lecture#40jours #10 | souvenirs incertains.

#40 jours #10 | Vacances du souvenir

Illustration : une clairière en hiver, fait d’arbres et de sorte de tavaillons multicolores, Hannibal, le mammouth de Marina Le Gall.https://ventdesforets.com/oeuvre/marina-le-gall/ Peu de souvenirs du vieux chalet alpin perdu dans une clairière et dans l’hiver. Loué par la famille pour le ski de fond et pour se retrouver. Reste cette image, arrivé fourbu ou dans les bras d’un adulte, devant Continuer la lecture#40 jours #10 | Vacances du souvenir