#Hors-série 2 | Rien à voir (tablette braille)

Admettons quelques minutes que nos yeux ne fonctionnent pas, admettons quelques minutes que ce soit nos mains, nos doigts, nos oreilles, notre odorat qui nous conduisent, et nous guident : une odeur douce et acide à la fois, boisée et piquante, une rondeur chaude au creux des mains, et notre bouche mord sans hésitation dans une tomate mûre ; une sensation de Continuer la lecture#Hors-série 2 | Rien à voir (tablette braille)

#Hors Série – Casse-noisette

Casse-noisette, je te cherche, ton nom résonne comme un ballet, tu chantes, tu casses parfois trop fort, parfois pas assez fort. La petite fille est émerveillée, il lui suffit d’un gros caillou pour casser les noisettes. Elle les aime quand elles ne sont pas encore tombées encore enveloppées dans leur petit nid douillet. Le noisetier est énorme, ses branches plient Continuer la lecture#Hors Série – Casse-noisette

D’argent (#2 hors série)

J’ai commencé par en prendre les mesures – cinq point deux centimètres de long, trois point zéro de large, un point zéro de hauteur – tout à coup, je me suis avisé d’aller le peser : sur la balance électronique de la cuisine – il y a cinq carats dans un gramme, on a donc plus ou moins cent quarante carats Continuer la lectureD’argent (#2 hors série)

#La Fabrique – Écrire avec Annie Ernaux

Il est parfois délicat d’écrire – et de faire écrire – sur un.e auteur.e qui compte immensément. C’est mon cas avec Annie Ernaux, dont les livres sont entrés dans ma vie alors que j’avais quatorze ans, ses livres qui m’ont toujours suivie et qui ont, par bien des aspects, infléchi ma trajectoire, mon rapport à l’écriture et à la littérature. Continuer la lecture#La Fabrique – Écrire avec Annie Ernaux

P#8 Tu

Tu n’as peut-être jamais fait ce que tu voulais toutes ces années alors maintenant que te voilà vieille, tu n’en fais qu’à ta tête.Tu n’apprécies visiblement pas que tes enfants me parlent.Tu ne veux pas non que ton petit fils vienne jouer avec les garçons trois étages au dessus de chez toi. Tu ne me salues pas non plus, en Continuer la lectureP#8 Tu

la fabrique | Écrire l’été IV

Dimanche Le plus long dans l’écriture c’est de s’autoriser à écrire ce qu’on veut absolument écrire. Je négocie comme au marché des Vacillantes chaque changement de destination d’un texte. Or, à part moi, qui pourrait s’offusquer que ce ne soit plus Selim, mais Osmin qui vive ou dise ou rêve ceci ou cela ? Lundi Matinée d’écran pour la mise en Continuer la lecturela fabrique | Écrire l’été IV

#L9 Une rue longue comme une vie

Marcher dans une rue, une rue longue, longue comme une vie, marcher dans cette rue comme on retraverserait sa vie, à rebrousse temps, tu gravis cette rue comme si tu cherchais à remonter le temps et tu désires si fort t’y voir, t’y rencontrer, enfant, tomber sur toi par hasard, te voir là, jouant sur le trottoir, riant avec d’autres Continuer la lecture#L9 Une rue longue comme une vie

P#6 Seule

Aujourd’hui : lundi 30 Août. Ce matin ça a pris tout son sens, je veux dire ça a recommencé ça s’est reproduit ce que j’avais écrit ; j’ai ouvert les yeux et la lumière du couloir était bleue, je me suis levée comme une petite fille en cachette sans faire de bruit et j’ai allumé l’ordi, je me suis offert de regarder le zoom Continuer la lectureP#6 Seule

#P5 Vertige de colère

Ça tombe dessus, marteau-comète qui brise le crâne et fait perdre pied. Oscillations sables mouvants ventouse à ténèbres ou lévitation forceps arrache-pieds-sur-terre : ce contact douce voûte plantaire. Ça égratigne la patience, bouillonne le sang froid, nourrit le cri de la chorale des rejetons enfouis, couleuvres avalées, frustrations refoulées, colères enterrées sous la chape du plomb de la bienséance et Continuer la lecture#P5 Vertige de colère

# hors série : le journal

Pressé de sortir la nuit, sur papier recyclé en format word, enliassé et mis en pièce jointe, il est livré à tombeau ouvert, au chant du coq, dans les kiosques et les boîtes mail. Etrange destinée des journaux quotidiens n’ayant que des faits de société à raconter, vite submergés par la masse de nouvelles économiques absconses, d’encarts publicitaires tape à Continuer la lecture# hors série : le journal