porte rouge

C’était rue T., la porte rouge,  un peu après la rue Legendre sur le trottoir de gauche, en montant, quand vous veniez du square des Batignolles. Nous la montâmes et nous la descendîmes plus de vingt ans cette rue qui menait porte rouge : une porte à doubles battants d’un rouge franc, vermillon plutôt que laque de chine, avec ses Continuer la lectureporte rouge

à mes passants

Retour d’Ouessant sur le pont du Fromveur, vers Brest, tu me lis des poèmes ou tu les composes. J’ai mal au cœur ou bien c’est toi, je ne sais plus. Une semaine à baguer des oiseaux, j’ai sommeil. Kibboutz Baram, Israël 1969, ta sœur vient d’émigrer, dortoir commun garçons-filles, tu dors chez ta sœur dans la zone réservée. Grâce à toi, Continuer la lectureà mes passants

Il est bien tôt

Quel âge avait-il à notre première rencontre ? Ìl était vieux déjà, courbé déjà vers ce point au levant du soleil au début de mars. Autour de lui alors, tout n’était qu’effondrement, ronces, ornières humides, murs délabrés. Le vieux figuier derrière lequel il se tenait depuis toujours était en fin de vie : les deux chevaux de selle qui vivaient Continuer la lectureIl est bien tôt

À VENDRE

Là c’était la dune, entre la dernière villa d’Edenville posée sur la digue et l’embouchure du Crapeux, elle dominait le paysage courbé de la baie, les vagues épuisées sur le sable, les colonies de mouettes bécotant l’estran froissé sous le ciel changeant. Là c’était la dune plantée d’oyats, liserons des sables et chardons bleus chargés d’escargots minuscules, zone blanche flanquée Continuer la lectureÀ VENDRE

A la recherche du congre, je pêche la crevette avec Francis Ponge, Baudelaire vient à mon secours

Les vacances au Grau-du-roi, c’était juste avant la rentrée, en septembre. Une semaine chaque année, pas plus, les enfants et maman. Papa ne venait pas au Grau-du-Roi. Le village était tout petit, les maisons étaient basses, la mer juste devant, pas de sable, mais des gros blocs de béton. On arrivait au Grau-du-roi lorsqu’on avait dépassé les remparts d’Aigues-Mortes par Continuer la lectureA la recherche du congre, je pêche la crevette avec Francis Ponge, Baudelaire vient à mon secours

PALISSADES

Palissades de la séparation. Celles qui entourent la cathédrale brûlée. Avant les catastrophes en chaîne, tu marchais directement avec lui dans l’empreinte : gravier blanc, regard escaladant les hauteurs pierreuses pour atteindre l’éclatement des vitraux. Fleuve puissant en contre-bas, dans la nasse des quais couverts de lierre. Tilleuls alignés et diffusion des senteurs balsamiques en plein cœur comme vers les arcs-boutants Continuer la lecturePALISSADES