#arts de la fiction #01 | Descente

Je suis dans une grotte ; il fait nuit. La couverture bouge. Les enfants respirent, soulèvent le tissu, qui retombe aussitôt. Je marche vers la sortie. La couverture ne bouge plus. J’accélère le pas, pose ma main sur la paroi de molasse. C’est froid. Ça devient gluant, poisseux. Je suis arrêté sous la cheminée. J’y regarde la lune. Un bouchon sur Continuer la lecture#arts de la fiction #01 | Descente→

#arts de la fiction #01 | La bonne porte.

J’étais dans la maison en carton comme ils l’appelaient. Tout était grand ouvert. Plus tard, j’en saisirais toute l’improbabilité. Je suis plutôt du style à tout fermer, je crains la chaleur, les moustiques, le pollen, le vent, tout ce que l’air du dehors véhicule comme nuisance. Mais sur le moment tout semblait en ordre. J’étais dans le salon et les Continuer la lecture#arts de la fiction #01 | La bonne porte.→

arts de la fiction #02| autre, peut-être

On peut se regarder marcher comme à travers une vitre. Prenant en compte des deux tensions de l’être, ce qu’il est en train d’abandonner et ce vers quoi il avance. La déploration et l’enthousiasme. On est double et on le reste. Jeter un sac sur l’épaule, avec un livre, tout va bien. Se diriger vers la place où se croisent Continuer la lecturearts de la fiction #02| autre, peut-être→

#arts de la fiction #02 | Liège – Munchen

C’est la gare des Guillemins, on est un vendredi. Le père a trouvé facilement une place. À cause de l’heure. Le train est à minuit. Il traîne un peu parce que c’est à lui de fermer les portières de la voiture et de porter la valise. Il n’a pas encore ses problèmes de dos. Sa femme ne porte rien, à Continuer la lecture#arts de la fiction #02 | Liège – Munchen→

#arts de la fiction #02 | un souvenir d’enfance

En arrivant dans le hall c’est le mot familière qui m’est venu. Dans familière j’entendais bien famille mais aussi toutes ces choses connues reconnues. La hauteur du hall principal, les panneaux lumineux, les roues des valises sur le sol luisant, la sensation d’être un point fixe autour duquel s’agitent mille silhouettes joyeuses, inquiètes, pressées, les pigeons égarés, les enfants fatigués Continuer la lecture#arts de la fiction #02 | un souvenir d’enfance→

arts de la fiction #1 | Lumière du matin

Je suis sur un vélo, c’est le matin. Il n’y a pas d’effort à faire, ça descend. La route oblique légèrement à droite et par esprit de contradiction je regarde à gauche. Un champ jauni par le soleil surplombé par un gros bâtiment cubique en béton. Une ruine qui a le charme d’un poteau électrique, gardée par de grands oiseaux. Continuer la lecturearts de la fiction #1 | Lumière du matin→

Villebourbon, gare / arts de la fiction #02

On approche des plus longs jours de l’année, on pourrait s’attendre à des départs en vacances, la gare de Villebourbon est pourtant bien tranquille. Par-delà la marquise, le soleil tarde à disparaître, les caténaires sont irradiés. Entre les deux hauts bâtiments de service, ces jumeaux qui se remarquent avec leur brèche médiane ouvrant sur l’horizon, juste au-delà des derniers rails, Continuer la lectureVillebourbon, gare / arts de la fiction #02→

arts de la fiction #02 | Odeurs de gare

Elle se faisait une joie de son changement de train à Marseille. Elle aurait une bonne demi- heure pour visiter la gare Saint Charles, avant de monter dans le train qui la conduirait à Juan-les-Pins, but de son voyage. Rien ne se passa comme elle l’escomptait. L’intérieur des trains a une odeur caractéristique faite de produits d’entretien des wagons et Continuer la lecturearts de la fiction #02 | Odeurs de gare→

arts de la fiction #02 | brèves de gares

Rome Termini. Descente du train en provenance de Naples. Sur le quai, des Italiens qui nous ont entendus parler français nous poursuivent en criant : « è morto Pom’pidou ! è morto Pom’pidou ! » et en agitant un journal. Un autre qui croise notre groupe nous dit d’un air navré : è morto Pom’pidou ! Claude pouffe d’un rire nerveux. L’italien semble profondément choqué. Londres St Pancras. Salle Continuer la lecturearts de la fiction #02 | brèves de gares→

arts de la fiction #01 | sous le soleil

Je suis sur le sable ; le soleil au zénith. Je suis assise sur le sable, mes pieds s’enfoncent dans la chaleur. Le paysage devant mes yeux est immense. Les contours de la crique débordent mon regard. Continuer la lecturearts de la fiction #01 | sous le soleil→