Le piano et la vie.

Je l’ai déjà vu, mais peu. La salle de musique est assez impersonnelle. Dans un coin deux bureaux, des synthétiseurs, un piano, plutôt froid comme ambiance. Du coup il prend toute la place par l’intensité de sa présence, son attention toute entière à l’enfant. Il est grand, mince, habillé sobrement d’un jean et pull à encolure en v. Il finit Continuer la lectureLe piano et la vie.

Une sainte

Un bar dans les profondeurs, tu ne sais plus lequel, à Fribourg, pénombre, recoins, flashs de lumière criarde sur son visage tantôt bleu tantôt rouge, ni elle ni toi n’écoutez la musique, bruit de fond pour obliger les corps à se rapprocher. Tu avais écrit un poème qui comptait ses pieds. – J’ai beaucoup rigolé. Elle est assise sur des Continuer la lectureUne sainte

Et finalement, j’ignore tout d’eux…

1 – Un sourire qui découvre quelques dents, un sourire que dessinent des lèvres fines à peine ourlées d’une carnation plus cuivrée que le teint du visage. En son for intérieur : un gant de boxe écrase la figure figée d’une déesse aux yeux mornes et au visage blafard, sans que la silhouette imperturbable s’écarte de son trône doré, l’épée Continuer la lectureEt finalement, j’ignore tout d’eux…

Famille?

C’était peu après Noël à la montagne, le restaurant de l’hôtel affichait complet. A côté de notre table coincée tout près d’un mur en pierres, une famille était assise, semblable à toutes les familles. Mère et deux enfants, fille et garçon de six et huit ans, le visage absorbé dans l’écran du téléphone que la mère leur avait prêté en Continuer la lectureFamille?

Faire le pied de grue

Dehors, nous sommes des milliers de grues. Difficile de trouver un endroit où se poser, la migration, déplacements en groupe et en grand… Se poser donc, sur l’eau, c’est plus sûr à cause des prédateurs, fils électriques, voitures, photographes… Alors dans cette flaque, on est déjà des centaines. Notre gris va si bien à la brume champenoise de novembre. Longues Continuer la lectureFaire le pied de grue

Voix

 Alexandre S La mer n’a aucune issue. Une courte pente au milieu des grands eucalyptus- c’était donc ça cette odeur et ces frémissements-arrivée sur une route déserte en pleine forêt. Encore tôt mais déjà des ombres longues et une humidité, un avant-goût du crépuscule.  Des gouttes de sueur sur le front par la marche forcée, une inquiétude dans les yeux Continuer la lectureVoix

Trempette

Il n’y a plus de foule, la foule, c’est le 19ème siècle, la foule au 20ème siècle déjà n’existait plus que dans les représentations, aussi réelle que le cow boy de western, ou contenue, découpée dans un cadre politique et massacrant, pour faire croire qu’elle existe encore, mais il n’y a plus de foule, ni même de géante gazeuse, il Continuer la lectureTrempette

CAMP

Des centaines de venelles menant aux yeux. Un parchemin de chair qui a essuyé tempêtes glacées et même plus de larmes. Un sourire résolu : transmettre neige et cendres. Apparemment, rien d’autre. En son for intérieur : la campagne qui respire à l’abri des poursuites. La mère se tenant prête quand on frappe à la porte. Traversée d’une mer noircie mais de Continuer la lectureCAMP

En regard des esclaves

Je passe là de temps en temps, six fois par an peut-être, quand j’ai besoin de clous, d’ampoules ou d’une étagère et que je me rends au Leroy-merlin, ou quand je vais marcher sur la promenade plantée afin d’humer les changements de saison si peu perceptibles à Paris, ou musarder du côté des vitrines des artisans du viaduc qui vendent de Continuer la lectureEn regard des esclaves