#rectoverso #14 | Collectif des glaneuses et glaneurs de nuages

Codicile #14 est tout l’inverse de ce que sera le texte final. #14 est un répertoire organisé en période pour ranger les fragments déjà écrits, bibliographie, docs, photographies, poèmes, liens, bibliographie, conseils de lecture… Trier, classer dans ce #14, un endroit de ressource, de pioche pour l’écriture du texte final.[157. J’ai tendance à croire qu’il faut s’évertuer parfois et parfois Continuer la lecture#rectoverso #14 | Collectif des glaneuses et glaneurs de nuages

#rectoverso #09 | Crescendo au hasard et Inachevé

Le cailloux posé sur la table ne respire pas, la table occupe la moitié de la pièce, elle empêche d’aller tout droit. Apprendre à contourner est une parole de sagesse. Personne ne semble l’appliquer. Se souvenir qu’apprendre à respirer ne s’apprend pas. Le dioxyde de carbone, la table s’en souvient-elle ? Dans un endroit comme celui-là, nommé Kitchen, deux décennies avant, Continuer la lecture#rectoverso #09 | Crescendo au hasard et Inachevé

#rectoverso #14 | le grand foutoir

RECTO et pas plus, Des fronts sur toutes les lignes, à gauche, à droite et aux extrêmes, des pavés, des livres sur les pavés, des films sur les pavés, sur la gauche, sur la droite, et sur les extrêmes, des bricoles marquantes et décisives, des petits riens et l’essentiel, des œuvres à tout va, des montagnes, des labyrinthes, de l’eau Continuer la lecture#rectoverso #14 | le grand foutoir

#RECTO VERSO #02 à #15 | survivances

TABLE DES MATIÈRES#02 – survivance#03 – il y a la fissure#04 – la saisir, primitive#05 – la Petite Faye#06 – désert#07 – piqûre de scorpion#08 – sur les crêtes#09 – l’amer-sucré du café#10 – mirages#11 – le gouffre de la pensée#12 – récits des deux continents#13 – bou che ou ver te#14 – survivances#15 – aveuglés Photographie ©Françoise Renaud #02 Continuer la lecture#RECTO VERSO #02 à #15 | survivances

#rectoverso #14 | Le CO-EB : COllectif Ecrivain Broutches #

« Leur désir d’être souvenue » ? (Vinciane Despret – Au bonheur des morts) NOTICE PREPARATOIRE ‘Broutches’ du latin bruxum, le fragon. (Selon la légende c’était la plante dans laquelle les sorcières se roulaient au moment de leur initiation) Cette notice s’adresse à tous.tes, Broutches des générations anciennes et celles prenant le relais en ce troisième millénaire déjà bien amorcé. Elle sera insérée après Continuer la lecture#rectoverso #14 | Le CO-EB : COllectif Ecrivain Broutches #

#rectoverso #10 | L’œil du souvenir

Un coin à l’ombre. Un petit pré en longueur bordé par un chemin de sable. Chemin facile piétonnier, réservé aux promeneurs, tranquille, praticable par tous les âges, toutes les forces, tous les accessoires de promenade. De la poussette pour bébé et du vélo pour enfants au fauteuil roulant, du bâton de marcheurs confirmés à la canne torsadée pour grands-pères fatigués. Continuer la lecture#rectoverso #10 | L’œil du souvenir

#rectoverso #15 | Mais pas que

15. être de finitude mais pas que. 16. se révolter contre. 17. ne pas accepter qu’on te dise que tu n’es que ça, même si ça, ce n’est pas si mal que ça, comme être jardinier ou facteur ou écrivain ou fonctionnaire ou amant ou beau-père de quelqu’un qui est devenu artiste ou émigrée ou mère de quelqu’un d’autre encore. Continuer la lecture#rectoverso #15 | Mais pas que

#rectoverso #15 | Mauvaises herbes

  1. Les mauvaises herbes dans les jardins n’ont-elle pas été assez aimées ?
  2. J’ai eu un jardin potager et j’adorais arracher les mauvaises herbes.
  3. Je les arrachais puis je les enfouissais dans la terre.
  4. Nos parents étaient très beaux au point que même nos ami.es venaient chez nous pour les voir, eux.
  5. Il y avait aussi beaucoup de terre sablonneuse dans le potager, c’était doux au toucher.
  6. Nos parents étaient très beaux et nous les quatre filles se sentions si laides, inexistantes, inutiles et de trop.
  7. Nous étions là pour les regarder, les admirer, nous étions leur public.
  8. Pour enfouir les mauvaises herbes, il faut vraiment beaucoup creuser, tourner et retourner la terre et creuser encore.
  9. Néanmoins, certaines mauvaises herbes peuvent être utilisées pour faire du bon compost.
  10. Le compost est bon à recycler, bon pour la terre.
  11. Un jardin de 100 m2 sert à nourrir une famille de quatre personnes.
  12. Nous étions invisibles ou trop envahissantes à leurs yeux mais nos regards étaient rivés sur eux.
  13. Lorsque l’on regarde d’en bas, on ne voit pas la réalité.
  14. Mon fils m’a dit un jour qu’il savait qu’il avait grandi car tout ce qui était présent chez nous lui paraissait maintenant si petit.
  15. Il est toujours mieux de s’agenouiller devant un petit enfant pour lui parler, les yeux dans les yeux.
  16. Il est souvent doux de s’agenouiller, c’est une posture agréable.
  17. Parfois, je suis follement émue devant une statue à genoux.
  18. C’est difficile de dessiner quelqu’un agenouillé.
  19. Je soupçonne mes parents d’avoir eu des enfants pour être contemplés.
  20. Les quatre filles du docteur March, c’est ainsi que notre père nous appelait, c’est ainsi qu’il nous imaginait et qu’il aimait à nous rêver. Selon la légende, il aurait rencontré notre mère qui travaillait en France chez Helena Rubinstein ou dans une maison d’édition à Londres ou peut-être était-ce à une soirée avec son frère, il l’avait rencontré, jeune anglaise, habillée de grandes bottes de cuir et d’un manteau en fourrure dans les années 70.
  21. C’est devant le tambour d’une machine à laver au lavomatique d’une rue parisienne qu’ils se seraient promis de vivre ensemble et de faire tout plein d’enfants roses et de vivre heureux.
  22. J’ai revu récemment le film de Greta Gerwig Les quatre filles du docteur March inspiré du roman de Louisa May Alcott. Devant le défilement d’images qui s’offraient à mon regard, je n’ai cessé de me demander à quels moments mon père nous avait vu ainsi. Est-ce parce que notre mère est anglaise et que nous étions à l’époque quatre filles qu’il fantasmait sur sa progéniture en omettant totalement la réalité qu’il avait devant les yeux ? Ou bien est-ce parce que l’image de ces quatre filles étaient l’idéal à ses yeux de ce que nous aurions dû devenir ? Ou son image à lui ? Père, héros, de quatre filles épanouies promises à un joli avenir au charme british.
  23. La terre du compost peut devenir pratiquement noir et c’est un bon signe.
  24. Cela prend du temps d’avoir un bon compostage.
  25. J’aimais bien faire les petits tas d’herbes.
  26. J’aimais bien les regarder se détériorer, se dessécher, presque s’effriter.
  27. Je les retournais régulièrement d’un côté et de l’autre.
  28. Il paraît que dans notre enfance, nous venions dans le lit parental le matin, prendre le petit déjeuner et faire des câlins, pas un seul souvenir, pas une image, aucun ressenti dans ma tête ou mon corps.
  29. Je regarde les photos de famille étalées devant moi et je m’interroge : où se logent les souvenirs qu’on n’a plus ?
  30. Comment pardonner l’impardonnable ? Est-ce obligatoire ?
  31. Les statues qui sont à genoux demandent-elles pardon ?
  32. J’essaie de me souvenir d’un lieu où j’en ai vu une, chez Camille Claudel peut-être ?
  33. Camille Claudel pour moi c’est Isabelle Adjani.
  34. Pourtant je n’aime pas beaucoup cette actrice, Isabelle Adjani mais elle était une excellente Camille Claudel.
  35. C’est une scène de ce film que j’ai présenté au concours du conservatoire de théâtre.
  36. J’ai eu une très bonne note.
  37. J’avais tellement de colère en moi, de tristesse aussi, à l’époque.
  38. J’étais douée pour crier et supplier.
  39. Et je pense que c’est lorsque je suis tombée à genoux sur scène que j’ai eu le concours.
  40. Je n’avais plus rien à perdre et j’ai tout donné.
  41. Le bon compost sert à la régénération de la terre, c’est utile.
  42. J’ai aimé avoir un jardin potager même si il y avait des mauvaises herbes.
  43. J’allais les enlever à six heures du matin pour ne pas me faire attraper par les membres du bureau.
  44. Dans les associations de jardins familiaux, on vous envoie des lettres d’avertissements si vous avez des mauvaises herbes.
  45. Pour mes parents, nous étions les mauvaises herbes ou les vilains petits canards, cela dépendait des jours.
  46. Tu ne dois pas tuer tes parents mais ont-ils eu conscience de nous avoir un peu fait mourir et ne devraient-ils pas payer en retour ?
  47. Je me suis débarrassé de leurs miasmes, je me suis débarrassé de tout ce qui est eux.
  48. Je voulais qu’ils deviennent des petits pois que l’on pousserait d’une pichenette, allez allez rouler plus loin, allez jouer dans le jardin comme ils aimaient à dire pour ne plus nous voir.
  49. Au bout de la troisième lettre d’avertissement, j’ai écrit à mon tour, une lettre enflammée au président de l’association.
  50. On s’est rencontrés et nous sommes devenus très amis.
  51. Plus tard, j’en ai fait un spectacle des jardins et j’ai lu sur scène les lettres d’avertissements, c’était génial on en a bien ri ensemble.
  52. Creuser la terre pour enfouir les mauvaises herbes, creuser des trous pour enfouir les morts.
  53. Je les ai enterré avant leurs morts.

#rectoverso #13 | forer le bloc de silence obscur et dense

Un bloc de silence obscur et dense. unblocdesilenceobscuretdenseobsidienne noire de la mémoire et le cri enfermé dedans micA noirun Bloc de SilENCE obscur – e et dense et les miettes de larmes qui brillent dedans La chambre noire de l’enfance unblocdesilenceobscuretdensequi tombe dans le ventre-étanget plombe et tordétouffe le cri les larmes unblocdesilenceobscuretdenseavalé tout cruet toute l’angoisse dedans en bloc Continuer la lecture#rectoverso #13 | forer le bloc de silence obscur et dense

#rectoverso #14 | le puzzle 

période : naissance de Zack Ziegler (1888) — achèvement de l’immeuble du 12 rue Évariste Murray (1963) – tenant compte de deux sauts temporels pour 1. la bataille d’Hastings (1066) et 2. la naissance du grand chêne (vers 1720)figures majeures de la période : Évariste Murray, The Beatles, Rudolf Noureev, Georges Pompidou, Zibeline Fragonnardcourants esthétiques et idéologiques : avènement du communisme, syncrétisme religieux, mouvements Continuer la lecture#rectoverso #14 | le puzzle