#boost #14 | Anna et la mer qui monte

Seule, debout, les pieds nus enfoncés dans le sable encore tiède. Le corps légèrement incliné vers l’avant, comme aspiré par l’horizon. Anna ne bouge pas — ou à peine : un balancement presque imperceptible, du talon vers les orteils, au rythme de sa respiration. La mer monte. D’abord, un frémissement dans la dentelle des vagues. Puis l’eau avance, pas à Continuer la lecture#boost #14 | Anna et la mer qui monte

#Boost14#Éc(r)oulement

Peut-être faudrait-il mimer le temps qui passe, retrouver sa continuité dans la discontinuité du langageRésister à la tentation du mimétisme formel (absence de ponctuation, tout ça)Inventer un langage qui glisse comme le temps passe.Un langage qui dirait l’imperceptible mobilité dans l’apparent immobile ( un ami me racontait hier comment sa vie avait changé le jour où il avait compris qu’il Continuer la lecture#Boost14#Éc(r)oulement

#boost #14 | face aux foutus thuyas

Assise sur la chaise bien tranquille, au repos, mains détendues comme coquilles enveloppant les genoux, le regard content vogue du papier peint façon Liberty au semainier bois de rose puis au grand lit drapé de bleu un peu en arrière arranger un peu les choses, concevoir l’avenir des choses, déplacer ce tableau-là fixé trop bas ou trop haut trop à Continuer la lecture#boost #14 | face aux foutus thuyas

BOOST #11 #11bis #11ter | La gravure d’Albina

Pour le Saut, des gestes à suivre scrupuleusement. La prise d’élan, il en faut pour passer la crevasse, et le cri « Tous pour Trois », et puis… Avant le jour, avaler la dose prescrite de liquide fluo que Bloom appelle P’tit-dej en riant comme un baleineau affamé, un mélange dont il était seul à connaître les proportions. Les ressources sont en Continuer la lectureBOOST #11 #11bis #11ter | La gravure d’Albina

Boost 14/ Immobile

J’ai fait une drôle d’expérience. Lorsque l’horloge a marqué midi, je me suis installé au centre de la cuisine sur un tabouret noir affublé d’un coussin. Assis le dos bien droit sur celui-ci et encerclé par de l’air plein de vide, j’ai replié mes jambes en tailleur. Dans cette position là, rien ne bouge. Et les fesses calées sur le Continuer la lectureBoost 14/ Immobile

#Boost #14 | Tout immobile donc

Tout immobile donc tout autour du trépied calé dans les cailloux appareil allumé et luminosité baissée au maximum. Tout immobile donc les nuages comme un voile qui diffuse et tamise le manque de lumière et étale le grave dans un sombre uniforme voire un obscur très clair. Tout immobile donc là tout au bord de l’eau à marée descendante de Continuer la lecture#Boost #14 | Tout immobile donc

# BOOST 14 # A la tombée de la nuit.

Dehors, tout s’agite. Dedans, tout est inertie. Dehors, le monde tremble. Dedans, rien ne semble en vie. Pas d’émoi, pas d’effroi. Seul son corps, ses yeux sans éclat, un monde sans questions. Depuis combien de temps est-il posté là ? Nul ne le sait. Que regarde-t-il exactement ? Le mouvement du monde. Ou, peut-être, la maîtrise de sa propre agitation.  Continuer la lecture# BOOST 14 # A la tombée de la nuit.

#Boost #14 | entre nous soit dit

Tout replié à nouveau calme parfait en apparence quoique en réalité vu de plus près pas replié du tout mais rentré de partout jusqu’au plus étroit du dedans affaissé sans mouvement au seuil de la disparition. Rien d’autre visible que l’étendue du corps mais plus là pour personne pas même pour soi aucune force autre que celle du dedans en Continuer la lecture#Boost #14 | entre nous soit dit

# Boost 14 | dans l’attente

Dans l’attente de ce qui se rapproche. La fenêtre à droite. Le rideau blanc isole. La chaise avec des accoudoirs laisse aux bras le repos. Poser un bras dessus. L’autre est replié contre le ventre. Se savoir au seuil. Un livre posé sur le petit bureau derrière n’est pas d’un grand secours. On fait face. On tente de faire corps. Continuer la lecture# Boost 14 | dans l’attente

# Boost # 14 | forcément

Je m’appelle Giuseppe mais tout le monde dit Peppino parfois Pepe mais c’est rare. Giuseppe dans votre langue c’est Joseph. Je suis bien obligé de traduire sinon comment vous comprendriez ? Peppino est un diminutif qui a quelque chose d’enfantin. Ça m’est resté. Je suis resté un enfant. Une espèce d’enfant encore. Le petit Pepe c’est ça que ça veut dire. Continuer la lecture# Boost # 14 | forcément