#anthologie #27 | des numéros et une porte

Il lui ressemble certainement. Il doit bien avoir quelques traits dans son visage extrait du sien. Ne voit-on pas sur certaines photographies la petite dernière ressembler trait pour trait à la vieille tante éloignée, particulièrement sur cette photo de mariage qui a plus d’un siècle, comme si elle avait été déjà là, ce jour-là. Le même sourire, la même tenue Continuer la lecture#anthologie #27 | des numéros et une porte

#anthologie #24 | dans le TER

Dans le TER qui rejoint Lyon à Valence.En face de moi, une jeune femme souriante. Après consultation obligatoire de son smartphone, elle s’endort. Son visage si plaisant éveillé se transforme, ses mâchoires se serrent pour ne laisser qu’un filet de lèvres et surtout, elle fronce les sourcils si fort que de profonds sillons courent du front jusqu’aux ailes de son Continuer la lecture#anthologie #24 | dans le TER

#anthologie #24 | ils dorment

Ils dorment le dos courbé, front posé sur les bras croisés sur la tablettel’arrière du crâne plaqué à l’appui-tête, gorge déployée et bouche ouvertela tête penchée vers le magazine tombé sur les genouxaffalé sur l’épaule du voisinle front sur les genoux remontés sous le mentonun masque noir cache les yeuxla tête ballotée contre la vitreluttant, la tête s’alourdit, sursaut, se Continuer la lecture#anthologie #24 | ils dorment

#anthologie #23 | nuage aux entrailles

Perchée sur mon nuage, j’ai regardé la ville de haut, j’ai frôlé les terrasses des immeubles et me suis décidée à me laisser tomber.J’ai rebondis telle une balle d’étage en étage, parfois le corps pleins de bleus. En bas, la machinerie de l’immeuble, son ventre, ses organes, ses pets de vapeur, ses bruits pétaradants, on aurait dit un ventre malade Continuer la lecture#anthologie #23 | nuage aux entrailles

#anthologie #27 | Trois images de la vie d’une femme

Oublié au fond de la mémoire, au fond du tiroir familial, ton vieil album photos est figé dans l’ailleurs. Il attend qu’on vienne te chercher. Qu’on déchiffre le nom des rues, les lieux effacés pour ne pas qu’on t’oublie. Il sera là jusqu’à ta disparition. Il est une image de toi qui attend, inchangée, qu’on te reconnaisse. https://www.tierslivre.net/ateliers/anthologie-12-les-laisses-pour-compte/ Il faudrait Continuer la lecture#anthologie #27 | Trois images de la vie d’une femme

#anthologie #27 | D’un amour.

C’est l’histoire d’une femme qui à chaque fois qu’on lui demande si elle est encore amoureuse de l’homme avec qui elle vit depuis une trentaine d’années s’interroge. Cette simple question la plonge dans un tourment de pensées, de doutes, de certitudes aussi et, à chaque fois, qu’elle se trouve devant quelqu’un qui la pose, elle tressaille. Et longtemps après avoir Continuer la lecture#anthologie #27 | D’un amour.

#anthologie #25 | Hyperosmie

CarnetÀ l’appel de cette proposition inspirée par Ryoko Sekiguchi, je vais regarder mon carnet de l’hiver 2022. Surprise, il s’ouvre par ce mot : « L’odeur ».Je le parcours rapidement. Je repère une seule autre occurrence : « Les pieds en l’air – l’odeur de l’herbe – et ce serait l’été. » Verbeen latin, sentireen français, sentir : par le nezen italien, sentire : par les Continuer la lecture#anthologie #25 | Hyperosmie

#anthologie #26 | Loin du jour

Il croise ses doigts fait craquer ses phalanges, l’envol des oiseaux de nuit lui tétanise ses pas, il s’assoit, il a perdu le silence, l’air comprimé dans sa cage thoracique s’échappe dans un grand soupir. Il voulait connaître les bruits de la nuit, un froissement lui touche la joue, sûrement un papillon de nuit, le vivant de la nuit, les Continuer la lecture#anthologie #26 | Loin du jour

#anthologie #27 | Une femme arrive dans l’Île

UNE FEMME ARRIVE DANS L’ILE pour la garder. Recrutée sur concours, elle a été jugée forte et persévérante, « domine largement les candidats masculins ». Elle n’a pas quarante ans, grande musclée et souriante, elle n’est pas vraiment belle, solide et avenante. Célibataire avec une expérience de plusieurs années. Sa mission consiste à préserver la biodiversité de l’ile et tout particulièrement d’assurer Continuer la lecture#anthologie #27 | Une femme arrive dans l’Île

#anthologie #26 | une voix comme une caresse

Ce serait comme entendre à travers un voile ou un brouillard. Les brumes de l’alcool opacifient, l’oreille tambourine et déforme, acouphènes sûrement, surdité à demi. Ou serait-ce n’entendre que ce qu’on souhaite entendre. Le cerveau nimbé perçoit des voix qu’il reconnaît sans traduire les mots. Il y a éclat de joie, il y a inflexions, tessitures plus basse, scansions chants. Continuer la lecture#anthologie #26 | une voix comme une caresse