#anthologie #27 | quelquefois un homme une femme un paysage

Quelquefois un homme qui marche sur une routeQuelquefois un homme une femmeQuelquefois un homme une femme qui s’immobilisent dans la lumière— on assiste à leur rencontre dans un suspens des bruits et des respirations et on supplie pour que la vie prenne en ce peu d’espace entre eux comme une graine mise en terre, comme un feu qu’on prépare pour la Continuer la lecture#anthologie #27 | quelquefois un homme une femme un paysage

#anthologie #27 | Elle, trois fois

C’est dans les choses. Elle ne peut pas faire comme si une chaise usée n’était qu’une chaise usée. Il y a eu, à un moment, une personne qui s’est assise dessus, y a ri, y a pleuré, y a vécu. La chaise a sa mémoire, comme le miroir sur lequel il y a encore la poussière, sur lequel il y a Continuer la lecture#anthologie #27 | Elle, trois fois

#anthologie #16 | L’armée

Lui la guarda da dietro i suoi occhiali chiari, ha lo sguardo cristallino dei Carpazi, e le mostra i « soldatini », il generale, il sergente maggiore, il caporale, il tenente, sono tutti pronti, dice agitando le avanbraccia e le braccia in aria in movimento scomposto, come se l’esercito fosse in ritirata e i soldati segretamente spaventati avessero preso la fuga, presto, Continuer la lecture#anthologie #16 | L’armée

#anthologie #18 | Pas de photos

Pas de photo. Pas de photo sur les murs. Pas de photo en vacances. Pas de photo en couple. Pas de photo de Noël. Pas de photo d’écran. Pas de photo échangées. Pas de photos sur les meubles. Pas de photos dans des cadres. L’album – ou les albums ? – sur l’étagère, derrière un petit meuble à rangement à tiroir, Continuer la lecture#anthologie #18 | Pas de photos

#anthologie #27 | Profondeurs

Page 1  Un jour , une gorgone  en lunette de soleil débarque chez quelqu’un. Elle est trempée , elle a nagé, elle est fatiguée. Et là , elle s’écroule. Tout le monde s’attend à ce que la gorgone soit malfaisante. Et non, en fait,  c’est une gorgone déprogrammée de sa propre image de Gorgone. Alors pourquoi une gorgone. Le mot Continuer la lecture#anthologie #27 | Profondeurs

#anthologie #27 | Nappes de vies du coin

1- Dans le café du coin flotte encore une vieille odeur de tabac froid. Cela fait bien longtemps qu’on n’y fume plus mais demeure cette nappe indélébile, inextricablement liée à celle des petits verres du comptoir, formant avec elle une sorte de couple diabolique. Nelly a dix ans. Son père commande un jaune et une limonade pour la p’tite.  2- Elle Continuer la lecture#anthologie #27 | Nappes de vies du coin

#anthologie #25 | nez

la hiérarchie dans les odeurs, pas seulement deux groupes, avec bonnes et mauvaises, plus complexe, parce que hiérarchie prise dans un contexte social, culturel, historique, familial, un peu comme les couleurs, le bleu, la couleur la plus aimée aujourd’hui, alors qu’associée pendant des siècles aux guenilles, au barbare, au méprisable la logique trouble dans cette hiérarchie avec l’odeur détestable ou Continuer la lecture#anthologie #25 | nez

#anthologie #26 I a mí me gusta…

Un mur et des volets. Séparation entre la chambre de l’enfant et la rue. La fenêtre ouverte, les volets fermés, il entendait tout ce qui se passait dans la rue, sans être vu. Le soir, les espagnols, ceux du Centro pour réfugiés politiques situé un peu plus haut dans la rue, s’arrêtaient souvent devant la fenêtre.  L’enfant se redressait dans Continuer la lecture#anthologie #26 I a mí me gusta…

#anthologie #27 | quelques vies non écrites

  1. À supposer qu’on ait pu se projeter dans le futur, rien n’aurait pu laisser penser qu’elle allait faire carrière. Elle-même se serait contentée de peu, quelques chansons, quelques danses au cabaret pour arrondir les fins de mois. Mais la première page des magazines, les potins dans les journaux, c’était inimaginable. Aujourd’hui, c’est incroyable.
  2. Le vieil homme aussi avait eu une enfance, puis une jeunesse et tout s’était enchaîné. Les dernières images que l’on a de lui sont celles d’un corps ralenti, de certains usages, de quelques objets. Personne ne peut dire quelles furent ses dernières volontés.
  3. En naissant à Chaudeyrolles en 1891, cet homme avait comme on dit un destin tout tracé, surtout après avoir été loué aux paysans voisins à peine moins désargentés que sa mère. Il a quitté pourtant la montagne, embauché à l’usine, fait la guerre, des enfants, le jardin, fabriqué des berceaux, raconté des histoires.

#anthologie #26 | Ring

Ring ! Elle se fait petits wagons qui tamponnent une deux trois fois et cela déclenche une montagne russe de faible conviction. Elle retourne à ses wagons c’est plus bas une vallée une rivière elle se parle à elle-même un brouillon avant la rampe de lancement le retour au front elle pointe et ne tire pas là et quand elle Continuer la lecture#anthologie #26 | Ring