#anthologie #27 | un homme

Un homme qui ne tient pas compte de la fatigue, de l’expérience, qui chaque matin remet son ouvrage sur le métier, chasse son dégoût, le débusque et, au moment de l’achever, lui fait grâce. Un homme qui fuit toute idée de projet. Dont l’unique combat est de réduire tout projet à néant. Puis qui soudain examine le ressort de ce Continuer la lecture#anthologie #27 | un homme

#anthologie # 27 | avec raison

C’est depuis toujours que le monde change et depuis toujours qu’il est en guerre : toujours semblable, toujours différent – il faut que tout change pour que tout reste semblable disait le prince et oui, c’est avec raison par exemple cette entente que j’ai essayé de nouer, quel est son but et qui satisfait-elle d’abord, ceux de mon bord ou Continuer la lecture#anthologie # 27 | avec raison

#anthologie #27 | trois fois rien = plus

Par la vitre du train remontant la foule, cette femme noire tenant son enfant à bout de bras L’homme était là depuis au moins six heures, penché sur le loquet de la porte de la chambre qui ne voulait pas s’ouvrir et, voyant ma figure désolée, il avait dit : si vous envisagiez ne serait-ce qu’un instant la chose du point Continuer la lecture#anthologie #27 | trois fois rien = plus

#anthologie # 26 | La chambre silencieuse

Cet après midi d’août, je venais d’arriver dans l’appartement de l’homme malade. A tel point malade et proche du trépas qu’il ne parlait plus, mais peut-être entendait il encore. Debout dans le couloir près de la porte de sa chambre, j’entendais ses proches lui murmurer des paroles douces, je ne percevais pas les mots mais le ton des voix qui Continuer la lecture#anthologie # 26 | La chambre silencieuse

#anthologie #09Thomas Berhnard | La démission

Le jour où j’ai pris le chemin opposé d’abord ce n’était pas moi, c’est cette collègue, et ce n’est même pas tant cette collègue que le collègue de cette collègue, dans un monde professionnel où les liens humains sont si poisseux qu’on ne sait plus si collègue convient vraiment, cette collègue qui me racontait devant un café on avait ouvert Continuer la lecture#anthologie #09Thomas Berhnard | La démission

#anthologie #22 | place aux épices

Les amis lyonnais nous présentaient leur ville. On montait, on descendait au gré des collines, Croix-Rousse, Fourvière, on traversait le Rhône, et puis la Saône dans un sens, puis dans l’autre. Moi, je me laissais faire et je suivais.On entra dans une très grande épicerie où les épices se disputaient mes sens en plein bassin méditerranéen, chez Bahadourian. Installé au Continuer la lecture#anthologie #22 | place aux épices

#anthologie #26 | conversation téléphonique

c’est un cri qui nous précipite à la fenêtre donnant sur le carrefour. un homme crie des insultes dans son téléphone cellulaire parle fort dans une langue que nous ne connaissons pas. à l’autre bout une voix féminine hurle dans le haut-parleur branché et on aimerait tacler ce cri adressé à une femme. l’homme tourne en rond et continue de Continuer la lecture#anthologie #26 | conversation téléphonique

#anthologie # 26 | sonorité

Et il rit. Et son rire n’avait aucun lien avec sa voix lorsqu’il parlait, lorsque ses mots comme mâchés se traînaient à l’affût de ce rire tonitruant, extravagant que nous en étions presque gêné, un tout à coup, un coup de théâtre, un élan en dehors de l’espace convivial autour d’une table humble qui relevait davantage de la Cène que Continuer la lecture#anthologie # 26 | sonorité

#anthologie #24 | Dormeur

Paupières closes. Au premier regard. En y voyant de plus près : un mince filet, un interstice sur la lumière extérieure censée éclairer toutes choses. Est-ce une dernière résistance avant de complètement allumer l’intérieur de ce vaste monde enfoui dans les plus reculés territoire de feu et de glace. Paupières closes tressautent. La vie s’est éclairée de l’autre coté, plus de Continuer la lecture#anthologie #24 | Dormeur

#anthologie #23 | à la terre

on s’est assis au sol on a fermé les yeuxon voulait savoir si on pourrait confier à la terre laisser descendre plus bas il y aurait un colimaçon parois souples et gargouillis de ventres en digestion des sucs amers dissoudraient des grumeaux mal délayés mal balayés par les maigres eaux suintant les pores des argiles couvrant les surfaces des boues fermentées échappées Continuer la lecture#anthologie #23 | à la terre