#anthologie #10 | la main qui écrit Soli

En 1947, il a 22 ans quand paraît l’édition du Zarathoustra posée sur le bureau, la couverture blanche piquée d’humidité avec un coin déchiré dans une traduction de Maurice Betz. Il a 50 ans en 1975 quand des représailles sur un bus entrainent une guerre civile qui durera 15 ans. Il a 66 ans quand il écrit à son frère Continuer la lecture#anthologie #10 | la main qui écrit Soli

#anthologie #06 | Parler n’est pas dire

Mon corps donc tremble et je ne parle pas vraiment. C’est la salle des machines. Ouverture le long des pointillés c’est pour montrer. Mes intérieurs. Je suis une salle des machines. L’ébullition me monte aux narines. Je me sens prête je ne le suis pas. Ces wagons d’envies et de doutes à force de se percuter ont lassé mon public. Continuer la lecture#anthologie #06 | Parler n’est pas dire

#anthologie #09 | Une grande inspiration

c’est ça, respirer, c’est de ça dont j’ai besoin, une bonne bouffée d’air frais, une grande inspiration pour dire enfin les choses, ma mère devra m’écouter cette fois, papa n’est plus là pour la protéger, pour mettre entre elle et moi ce mur de silence que je n’ai jamais osé rompre, parce que sa présence justement, c’était tout ce qui Continuer la lecture#anthologie #09 | Une grande inspiration

#anthologie #17 | pierre & edmond

Bordeaux, 30 avril 1934. ils se sont installés au café du port d’où ils voient la courbe parfaite du fleuve qui borde la ville. Ils aiment se retrouver dans des ports où ils laissent aller leur nostalgie au balancement de quelques bateaux encore à voile. Ce soir, il y a, dans la ville, un rassemblement de marins-domestiques — domestiques devenus Continuer la lecture#anthologie #17 | pierre & edmond

#anthologie #09 | place Clichy

Le jour où j’ai pris le chemin opposé, j’étais seulement en train de faire ce que j’avais l’habitude de faire tous les dimanches, parce que le soir j’aimais aller danser à côté de la place Clichy, où je l’avais rencontré, celui qui était parti, et même s’il n’était plus là, je continuais à y aller, à lui dire que j’y Continuer la lecture#anthologie #09 | place Clichy

#anthologie #15 | Comme tu veux

« Comme tu veux » …  aller chez tes parents pour les vacances… comme tu veux  … rester tranquillement à la maison plutôt que sortir ce week-end… comme tu veux  … les cheveux courts te vont mieux … comme du veux… cette phrase ne signifie pas une acceptation… elle vient clore une discussion… en l’absence d’une discussion. Cette phrase à l’opposée d’un accord Continuer la lecture#anthologie #15 | Comme tu veux

#anthologie #07 | Triste regard

Le geste se répète sous la lumière crue des néons dont l’un clignote et bourdonne en continu. Le bruit de ses pas, des objets qu’elle repose après avoir passé le chiffon. Ne pas laisser de trace de son passage. Vider les corbeilles à papier, se baisser sans faire de faux mouvements, faire attention aux douleurs. Passer l’aspirateur sous les bureaux, Continuer la lecture#anthologie #07 | Triste regard

#anthologie #14 I Vous ne savez quoi répondre.

« Ce sont des choses qui arrivent »… Et on voit une main se poser sur son épaule, imprimer une pression qui se voudrait rassurante. Et la main se retire comme satisfaite de la mission dont on l’avait investie. Et elle sort une cigarette d’un paquet posé sur la table du café ou elle joue avec un pendentif ou toute autre chose Continuer la lecture#anthologie #14 I Vous ne savez quoi répondre.

#anthologie #12 | Durban – Paris – Pékin

Pas question à Durban d’aller à pied. Le taxi attend devant le restaurant. Il nous pose dans l’enceinte de l’hôtel. Les rues sombres (Durban n’existe que la nuit) défilent sous nos yeux fatigués. Des grilles fermées, du fil de fer barbelé dressé autour des habitations, la ville semble faite uniquement de murs. Le taxi évite les nids de poule, tourne Continuer la lecture#anthologie #12 | Durban – Paris – Pékin

#anthologie #16 | elle face à elle

Elle est ramassée sur elle-même, assise sur le canapé. Les bras enserrant les genoux. Le visage tour à tour enfoui, ou bien, regard fixe, vide, noyé, traversé d’affolements soudains. Un dedans inaccessible au dehors. Le corps est immobile, les dents serrées, le ventre noué, tendu vers une impossible fuite, englué dans l’angoisse. On aurait dit que le corps voulait prendre Continuer la lecture#anthologie #16 | elle face à elle