#anthologie #17 | Simenon et les boulets liégeois

17 novembre 1973 « La Taverne Tchantchès et Nanesse, oui, bien sûr. Ici, nous sommes place St Lambert, prenez la rue de la Régence, là, traversez le Pont des Arches, vous êtes rue Surlet. La taverne est au numéro 38. D’ici un quart d’heure, en marchant vite, vous y serez. » On était mi-novembre, mais ici, en tout cas, c’était le premier jour Continuer la lecture#anthologie #17 | Simenon et les boulets liégeois

#anthologie #17 | Poètes vos papiers !

Des artistes, j’en vois passer dans ce cabinet d’avocat prestigieux où je fais mes classes depuis trois ans. Je travaille chez Maître Floriot, Floriot tout court comme on l’appelle, dans le milieu. 25 mars 1967. Ce matin-là je dois assister à un rendez-vous avec Léo Ferré. Le dos vouté, emmitouflé dans un manteau de laine gris, le crâne dégarni, il Continuer la lecture#anthologie #17 | Poètes vos papiers !

#anthologie #17 | comme des souvenirs

L’ai connu le petit Char, oh il était tout jeune, c’était pendant la guerre, celle qu’on appelle la grande, en 1916 je crois, il devait avoir neuf ou dix ans, et moi j’en avais trois de plus et j’étais la fille du forgeron. Pendant la guerre l’instituteur de l’Isle lâchait un peu plus tôt les élèves qui habitaient en dehors Continuer la lecture#anthologie #17 | comme des souvenirs

#anthologie #10 | Juan/Jean

Il a 50 ans quand il s’adresse au président de la cour électorale de la République à Montevideo pour faire une demande de citoyenneté, la sienne étant périmé, il vit alors en Alsace dans le département du Haut Rhin. Il a 17 ans quand ses parents se marient, trois mois plus tard son père meurt à 44 ans des suites Continuer la lecture#anthologie #10 | Juan/Jean

#anthologie #16 | confusions.

Il tient le téléphone plaqué contre son oreille droite. Il vient d’arriver. Il est debout, immobile devant la table ronde, sous l’auvent qui maintenant claque un peu avec le vent. Il ne dit rien. Il est ailleurs. Il est dans la voix qui continue son travail de voix. Son visage  retiré du monde comme une coquille autour de la voix. Continuer la lecture#anthologie #16 | confusions.

#anthologie #15 | Est-ce-que tu veux devenir ma femme ?

Est- ce – que tu veux devenir ma femme ? Il y joue sa peau… Il croit qu’il y joue sa peau… Il en sait pourtant le banal… Le convenu… Tout le monde un jour ou presque… Il sent que c’est unique… Exceptionnel… L’acmé de sa vie… Il frôle le bonheur absolu… Le ridicule… La douleur infinie… Le rejet… L’abandon… L’extase… Continuer la lecture#anthologie #15 | Est-ce-que tu veux devenir ma femme ?

#anthologie #14 | c’est selon

C’est selon ! Il en faut pour tous les goûts. À chacun sa route son chemin etc. Lui, personnellement il préfère, et de loin, très tôt le matin ! Mais si tout le monde procédait de la même manière la vie serait bien terne et morose… (et les routes embouteillées) Heureusement que la variété des comportements et des intérêts apporte de la Continuer la lecture#anthologie #14 | c’est selon

#anthologie #14 I accidents

Il arrive des choses aux mots comme il arrive des choses aux gens. Bienveillance a été attaqué au couteau, et tailladé. Cerise est embrassé comme on embrasse le signe d’un espoir. Passiflore s’allonge sur la mollesse d’un champ les yeux dans les nuages. Et Bienvenu, tout comme sa sœur Bienvenue, est vissé sur un écriteau aux quatre coins, brossé, foulé Continuer la lecture#anthologie #14 I accidents

#anthologie #13 | à la grand-messe

Du côté des dames, trois petites vielles se lèvent, s’assoient, s’agenouillent. Une statue porte un enfant qui porte un oiseau dont la tête a été arrachée. Les enfants de chœur glissent leurs bras dans les manches de l’aube puis les secouent avant de sonner la clochette. Au vitrail, le curé d’Ars sourit et sainte Cécile caresse la lyre. On entend Continuer la lecture#anthologie #13 | à la grand-messe

#anthologie #17 | lieux de vie

Lautaro ne dormait pas27 décembre 1990, Carrer del Lloro, Blanes, Espagne J’étais monté quatre à quatre, une bouteille de vin à la main. La porte de l’appartement était entrouverte, je n’avais qu’à entrer. Roberto Bolańo m’accueillit une cigarette à la main et le sourire affectueux. Derrière lui, Carolina essayait de calmer Lautaro. Elle me sourit aussi, m’indiquant d’un haussement d’épaule Continuer la lecture#anthologie #17 | lieux de vie