#Boost #11bis | Jusqu’à l’effacement

Nous avons fermé les yeux. Juste un instant. Pour espérer, pour ne plus voir. C’est là que le rêve s’est déplié en nous. C’était un espace sans bords, sans murs. Un lieu tapi dans l’interstice. Le déclenchement secret entre deux pensées, deux alternatives, dans une ville qu’on croyait connaître. Ce n’était pas l’espace qui se dilatait, mais le lien entre Continuer la lecture#Boost #11bis | Jusqu’à l’effacement→

#Boost #11 | Incantation nuit

Nous nous retrouvions à tâtons dans l’obscurité. La nuit de nulle lune laissait quelques ombres se profiler. Je percevais ton corps avant de te toucher. Nous comptions les marches qu’il nous fallait descendre. En bas de l’escalier, nous entendîmes nos pieds déraper sur les pierres. Nous nous glissions en terrain neutre, l’humidité enveloppait nos joues. Nous gardions nos mains tendues. Continuer la lecture#Boost #11 | Incantation nuit→

#boost #09 | Tournant

Elle faisait, à pas arrondis, le tour de la statue. Comme tout le monde, elle lui avait jeté un coup d’œil de face. Elle atteint le côté après plusieurs pas, traversant des voix étrangères, des mots mâchonnés dont lui parvenaient des syllabes gluantes. C’était un grand monument autour duquel on marchait lentement. Un bourdonnement Continuer la lecture#boost #09 | Tournant→

#boost #07 | Conjugaison des conjurations

Humidifier le bout de ses doigts au moment de remonter ses chaussettes sous les talons. Opérer la même suite de gestes pour se laver ou se raser, procéder toujours dans le même ordre, sans savoir ni pourquoi, ni d’où vient ce geste. Fermer les yeux au moment du décollage d’un avion et faire défiler dans sa tête une succession d’images Continuer la lecture#boost #07 | Conjugaison des conjurations→

#boost ||1-4|-|5-6|-|7||

ST 1 La Tere* d’apparence première amas immobile et froid, voilà tout ce qu’une paire d’yeux peut en dire au premier regard, et qu’ « on » ne vienne surtout pas me dire auttre chose. La Tere* c’est fait pour enterrer les morts, qu’ils soient vivants ou non. ST 2 Que l’ « on » croit tour à tour, ou Continuer la lecture#boost ||1-4|-|5-6|-|7||→

#boost#06, visages|Miroir

Essuyant les gouttelettes qui dégoulinent sur le miroir, le chiffon frotte détourne les ruisselets qui brouillent le visage plongé dans sa tache ménagère, refusant de s’attarder à l’évidence, sur cette face aux sourcils écarquillés surplombant la monture des lunettes, séparés par deux rides transversales et une bouche tricheuse qui repulpe ses lèvres en la poussant en avant. Décidée à passer Continuer la lecture#boost#06, visages|Miroir→

#boost #06 | Des visages, des figures

Amas de têtes, empilées sans ordre, l’une dévorant l’autre, dans un combat déloyal, mâchoire collée, peau à peau, indistincte, dans la masse qui s’étire, l’ombre prolifère, absorbe tout sur son élan. C’est à peine si tu oses les regarder en face, tes voisins. Difficile de les nommer ainsi, dans la tension de leur expression. Tendus, nerveux, fuyants. Dans la proximité Continuer la lecture#boost #06 | Des visages, des figures→

#boost #05 | crier sans pourquoi

Potemkine grand O de la bouche avec les dents sous le déluge d’encre noire cris de lavis charniers fondus au sisal de la toile cri du petit buste de plâtre percé de clous Camille cri gris blanc noir gris sous l’ampoule à filament cri mère cri cheval hourvari de bourreau tonnerre gueuloir cri du couteau et de la hache sous Continuer la lecture#boost #05 | crier sans pourquoi→

boost #05 | Voici venir la nuit

C’est une poussée secrète, cachée, une torsion interne à la lisière du corps juste au bord, des ombres derrière les rideaux. Un ébranlement sans contours. Une dilatation du silence. En rêve je vais t’y retrouver. Vaille que vaille. Cela fait déjà quelques minutes que je n’entends plus rien, désormais les voici rejetées. Quelque chose gronde en-deçà du son, et des Continuer la lectureboost #05 | Voici venir la nuit→

# Boost #5 |Sous la cuirasse des corps

en bec de corbeau cela discorde — le scalpel de la parole invoque le chaos de la chair — le corset du corps craque de tous côtés — la craie du râle grince dans le ventre — c’est Job qui est là — tesson de terre cuite dans les doigts à se gratter la peau — ni répit ni repos Continuer la lecture# Boost #5 |Sous la cuirasse des corps→