#enfances #02 | Les mains

Les mains s’avancent, elles s’avancent et cherchent une prise. Les voix des amis. Ils viennent d’arriver. Ils ont apporté ce grand paquet cadeau. Il scintille sur le banc où ils l’ont déposé. Les mains tirent, elles tirent et arrachent le ruban. L’odeur du dîner. Ce soir, c’est au tour des amis d’être invités. Ils ont amené une bouteille, un bouquet, Continuer la lecture#enfances #02 | Les mains

#enfances #01 | Madeleine, Yvonne, Éva

Madeleine, longue, ses cheveux gris coupés au carré, la couleur uniforme de ses vêtements. Sa silhouette frileuse sur le perron de La Pergola, c’est le nom de la maison où elle abrite sa grande famille. Ses petits-enfants l’appellent Bonne Maman et je suis jalouse qu’ils aient une grand-mère à nommer, et de ce petit nom qui m’évoque la Comtesse de Ségur. À Continuer la lecture#enfances #01 | Madeleine, Yvonne, Éva

#enfances #00 I Dédale

Se perdre dans le dédale de pièces d’un vieil immeuble ou plutôt d’une vieille maison mitoyenne déployée sur trois niveaux. Derrière une lourde porte à double battants au vernis écaillé un rez-de-chaussée par lequel on entre et par lequel on peut ressortir mais vers une autre cour, de l’autre côté. Il est traversé par un couloir sombre et étroit, encombré Continuer la lecture#enfances #00 I Dédale

#enfances #01 | Dans mon regard, des lieux, des femmes

Peyriac-de-mer, C’était chez Marraine. Celle de ma mère. Mais nous aussi on l’appelait Marraine. Deux à trois fois par an, on allait y manger un repas qui durait tout l’après-midi. En été comme en hiver. L’été c’était la chaleur écrasante sur le parvis de graviers bordé de pins à pignons donnant sur des champs de sel, c’étaient les mouches et Continuer la lecture#enfances #01 | Dans mon regard, des lieux, des femmes

#enfances #01 | Les vieilles

Il y a ces dimanches à Sainte-Foye-La-Grande, deux ou trois fois après la mort du grand-père, où tante Laure soulève la clenche de la porte du Montet et s’efface pour inviter les petits cousins de la ville à partager le repas dominical dans la salle de la ferme. Nappe damassée, assiettes Arcopal fleuries, couverts en argent, serviettes blanches soigneusement reprisée, Continuer la lecture#enfances #01 | Les vieilles

#enfances #00 | La baïne

Ciel blanc, pins alignés, jour monochrome. Point de couleurs dans la forêt de Gascogne. Elle cherche, ne les trouve pas, trouve ça étrange, imagine qu’il y a forcément du vert quelque part, du vert pour camoufler les branches, un coin de ciel bleu aussi, même délavé, du bleu en toile de fond pour les nuages. Et du jaune, boudant l’ocre, Continuer la lecture#enfances #00 | La baïne

#enfances #01 | Vedettes locales

Pas retenu ni son nom ni son prénom. Au souvenir, sous les néons de la boucherie, juste l’ombre immense de son dos devant nous. Il est même plus grand que mon grand-père. Entre eux, le salut des habitués. Plus tard, il me semble qu’il m’explique que cette ombre géante est un ancien boxeur maintenant manœuvre sur les chantiers. Et je Continuer la lecture#enfances #01 | Vedettes locales

#enfances #01 | trois importants épisodiques

Nous l’appelions Bonne-Maman. Elle était personnage important, mais en retrait, ne régnant plus vraiment que sur sa chambre, la plus belle ou mieux située, s’ouvrant, après la salle à manger et le salon, sur le balcon surplombant le très grand jardin alors nommé Parc de Galant, dans un monde de bois sombre, de colonnettes, de coussins, où flottait une vague Continuer la lecture#enfances #01 | trois importants épisodiques

#enfances #00 | Peur ou furie

Mon père s’éloigne. Il marche d’un pas pressé. Je le suis de loin en loin. Il fait de grands pas décidés. C’est une journée ensoleillée, une légère brise agite les feuilles des platanes. Il marche plus vite que moi. Je ne vois plus mon père. Il a disparu. La foule le masque.Je suis figée devant le passage piéton. Je ne Continuer la lecture#enfances #00 | Peur ou furie

#enfances #01 | les nommer

Il s’adressait à elle en disant Nini, elle lui répondait avec mon petit. C’était mon père, grand et fort comme un père, qu’on appelait mon petit. Elle, c’était une vieille femme acariâtre, on a le droit de le penser, qui avait mis toute la tendresse dont elle était capable, dans ces deux mots, et qui n’avait rien d’autre à offrir Continuer la lecture#enfances #01 | les nommer